Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Hugo B. (France)

Le 3 décembre 2020

Courrier des internautes

Chère Madame, cher Monsieur,

Nous avons un doute sur le verbe rapetisser ou rapetissir (qui se rencontre sur de nombreux sites de l’internet) ; les deux semblent exister et leur conjugaison m’intrigue. Je vous prie par avance d’accepter mes excuses et d’user de votre précieux temps à ce sujet.

Hugo B. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Il en va de l’internet comme d’une célèbre enseigne de magasins, on y trouve tout. Mais les ouvrages de référence n’enregistrent que la forme rapetisser, attestée en français depuis le quatorzième siècle. Rapetissir, sans doute bâti sur le modèle de grandir, est donc un doublet inutile et qui présenterait de plus l’inconvénient, en tant que verbe du deuxième groupe, d’avoir des formes de pluriel en « -issons » –« nous rapetississons » – d’un maniement assez peu commode.

Mathilde R. (France)

Le 3 décembre 2020

Courrier des internautes

Dans le vocabulaire courant, on utilise, tant à l’écrit qu’à l’oral, l’expression à savoir lorsqu’on s’apprête à faire une énumération. On retrouve cependant dans les actes juridiques, et notamment les actes notariés, la formule savoir.
Pourriez-vous, s’il vous plaît, m’indiquer laquelle de ces deux formules est correcte ?

Mathilde R. (France)

L’Académie répond :

Madame,

L’emploi de la forme à savoir est correct et usuel. Celui de savoir devant une énumération est plus rare, mais il est également correct (et ce n’est que cette forme que l’on emploie dans la langue juridique). On trouve ainsi chez Victor Cousin, dans son Histoire de la philosophie au xviiie siècle, en 1829 : « Locke distingue trois lois ou règles, savoir : la loi divine, la loi civile, la loi d’opinion ou de réputation. »

Savoir est ici une ellipse de la forme archaïque assavoir, « faire connaître », employée depuis le xve siècle avec le sens de « c’est-à-dire ».

Vlady C. (France)

Le 3 décembre 2020

Courrier des internautes

Bonjour, je vous écris car je souhaiterais savoir si le terme « Casserie » existe dans la langue française.

Merci d’avance de votre réponse.

Vlady C. (France)

L’Académie répond :

Casserie est un vieux mot qui n’est plus guère en usage. Voyez la définition qu’en donnait Littré dans son Dictionnaire : « L’ensemble des ustensiles de ménage en fer battu étamé. La fabrication de la casserie de fer battu et d’un grand nombre d’articles de Paris. » Ce nom est aussi attesté au xvie siècle avec le sens de « licenciement », puis au xixe siècle avec celui d’« action de casser » ; on lit ainsi dans Les Beaux Messieurs de Bois-Doré, de George Sand : « Je sais fort bien que vous payerez votre écot et celui de vos démons de lansquenets en jurons et casserie. »

Cheikh T. (France)

Le 5 novembre 2020

Courrier des internautes

Bonjour,
Je ne sais pas dans quel cas il faut employer dans ou sur. En quelque sorte je les confonds. J’aimerais bien avoir des précisions sur ce point. Merci.

Cheikh T. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,
On emploie la préposition sur quand on veut insister sur le fait qu’une personne ou une chose est au-dessus d’une autre : Il est sur la balançoire ; le verre est sur la table. On emploie la préposition dans pour montrer qu’une personne ou une chose est quelque part dans un ensemble plus vaste : Le bûcheron travaille dans la forêt ; les verres sont dans l’armoire.

Classe de C.E. 1 (Dreux)

Le 5 novembre 2020

Courrier des internautes

Nous sommes des élèves de C.E. 1 de l’école Marcelin-Berthelot de la ville de Dreux et nous voudrions savoir pourquoi il y a un G et un T à la fin du mot vingt.

En attendant votre réponse, nous vous souhaitons une bonne journée.

Classe de C.E. 1 (Dreux)

L’Académie répond :

Chers élèves,
C’est une très bonne question. L’orthographe du français s’explique souvent par le latin. En latin savant, « vingt » se disait viginti et, en latin populaire, vinti. Au Moyen Âge, on écrivait « vint », qui était la forme venant naturellement de vinti ; mais, à la Renaissance, on a voulu montrer que « vingt » venait de la forme savante viginti. On a donc rajouté un g à vint pour en faire la forme que nous connaissons aujourd’hui : « vingt ». Le cas de « vingt » n’est pas isolé. On a un phénomène semblable avec le nom « corps », écrit cors au Moyen Âge et auquel on a rajouté un p à la Renaissance pour faire « corps » et rappeler que ce nom venait du latin corpus.

Nous vous félicitons pour votre curiosité au sujet du français et nous vous souhaitons beaucoup de bonheur dans vos études.

Marie B. (Belgique)

Le 5 novembre 2020

Courrier des internautes

Bonjour,
Quelle est la différence entre cependant, toutefois et néanmoins ?

Marie B. (Belgique)

L’Académie répond :

Madame,
Nous laisserons la parole à Littré, qui a par avance répondu à cette question dans son Dictionnaire, en y traitant aussi le cas de pourtant :
« Cependant, pourtant, néanmoins, toutefois :
Étymologiquement, cependant est « pendant cela » ; pourtant est « pour une si grande chose » ; néanmoins est « nullement moins » ; et toutefois est « parmi toutes les fois ». Il a bon visage, cependant il est malade ; pourtant il est malade ; néanmoins il est malade ; toutefois il est malade. L’interprétation étymologique est :
Bien que cela existe, il est malade ;
Pour bon que soit le visage, il est malade ;
Cela n’empêche pas, il est malade ;
En tout cas, vous direz ce que vous voudrez, il est malade.
On a ici un exemple de synonymie complète dans le sens, bien que les idées qui entrent dans ces mots soient fort différentes. L’analyse des quatre mots est certaine, et malgré cela on ne voit pas de raison pour employer l’un plutôt que l’autre. »

Marie-Thérèse F. (France)

Le 5 novembre 2020

Courrier des internautes

Aux informations, nous entendons souvent que des œuvres ont été spoliées, est-ce correct ? Je pensais que c’étaient les personnes qui étaient spoliées de leurs œuvres. Merci pour votre réponse. Cordialement.

Marie-Thérèse F. (France)

L’Académie répond :

Madame,
Cet emploi par métonymie est correct. On lit déjà dans l’Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française, de Chateaubriand, en 1797 : « Sans respect pour le droit sacré des propriétés, ou pour les trésors publics, chacun s’empresse de spolier le bien de l’État, insouciant des saintes lois de la justice. »

Philippe J. (France)

Le 5 novembre 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Les petits des canards se nomment les canetons, mais comment se nomment les petits des cygnes ?

Philippe J. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,
L’immense majorité des animaux ont un seul nom qui désigne l’espèce, sans qu’il existe de distinctions pour le mâle, la femelle et les petits, mais il existe des noms particuliers pour désigner les petits de certains oiseaux, avec parfois un nom différent pour le jeune mâle et la jeune femelle. En voici quelques-uns (les points-virgules séparent les espèces ; les virgules, les différents noms pour la même espèce) : aiglon, aiglonne ; autruchon ; cailleteau ; caneton, canette, canardeau, canichon ; cigogneau, cigognat, cigonneau ; grianneau (coq de bruyère) ; corbillat, corbillot, corbillon ; fauconneau, sacre, émerillon ; hirondeau, arondelat ; moinet ; outardeau ; rossignolet, etc. Force est de constater que l’on n’a pas donné au cygne, malgré sa majesté – ou peut-être à cause d’elle –, de nom particulier pour les petits, ni non plus pour le mâle et la femelle… Mais ce n’est pas le cas en anglais, langue dans laquelle on utilise swan pour désigner l’adulte et cygnet pour désigner son petit.

Alessandro F. (Brésil)

Le 1 octobre 2020

Courrier des internautes

Chers Messieurs,
Je viens de lire dans une méthode de français l’expression « aller dans un restaurant » et cela ne sonne pas très bien, puisque j’entends et je lis souvent les expressions « aller à » ou « aller au ». S’agit-il d’un problème de rection verbale (comme en portugais, avec la « regéncia verbal ») ? Pourriez-vous m’éclairer, s’il vous plaît ?

Je vous remercie en avance de votre attention.

Alessandro F. (Brésil)

L’Académie répond :

Monsieur,
Vous avez raison : on dit aller au restaurant ; on n’emploie aller dans un restaurant que si le nom restaurant est suivi d’une expansion : aller dans un restaurant brésilien, dans un restaurant qui vient d’ouvrir, dans un restaurant situé à cent mètres de la maison, etc.

Amélie O. (France)

Le 1 octobre 2020

Courrier des internautes

Bonjour,
Devons-nous dire une vespa ou un vespa pour parler du célèbre scooter italien ?

Des personnes me disent de dire un vespa mais le Larousse indique que c’est un nom féminin.

Amélie O. (France)

L’Académie répond :

Madame,
Vespa est un nom féminin italien signifiant proprement « guêpe ». Ce véhicule a été ainsi nommé parce que le bruit du moteur rappelle le vrombissement de cet insecte. Comme guêpe est aussi féminin en français, il est préférable de dire une vespa. Cela étant, un vespa n’est pas impossible si l’on considère qu’il s’agit d’une ellipse d’« un scooter de la marque Vespa » ou « de type vespa ».

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