Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Carole B. (France)

Le 6 janvier 2022

Courrier des internautes

Bonjour,

Pourriez-vous me préciser si l’on écrit soit-il ou soit il. Le trait d’union est-il obligatoire ?

Cordialement,

Carole B. (France)

L’Académie répond :

Quand soit est le subjonctif du verbe être à la troisième personne du singulier, il est lié au pronom il par un trait d’union en cas d’inversion : Ainsi soit-il ; si puissant soit-il, etc.

Quand soit est une conjonction marquant une alternative, il n’y a pas de raison de le lier au pronom qui suit et avec lequel il n’a pas de lien grammatical : Soit il se met au travail, soit il échouera. Il en va de même quand soit est un adverbe d’affirmation ; mais dans ce cas, il est suivi d’une virgule et le t se fait toujours entendre : Eh bien soit, il a gagné.

Justine N. (France)

Le 6 janvier 2022

Courrier des internautes

Monsieur,

Je recherche désespérément la source de l’expression ironique C’est ainsi qu’on écrit l’histoire. En faisant une recherche sur l’internet, j’ai bien trouvé que cette expression est de Voltaire, mais je n’arrive pas à trouver le poème où il l’a employée. Pourriez-vous m’éclairer ?

Je vous en remercie chaleureusement.

Justine N. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La citation exacte est : « Et voilà justement comme on écrit l’histoire. » Elle est bien tirée d’une pièce de Voltaire, intitulée Charlot ou la Comtesse de Givry.

Les occupants d’un château sont en grand émoi parce que le roi doit bientôt, selon la rumeur, s’arrêter chez eux. On a en effet vu une troupe nombreuse s’approcher ; ce ne peut être que le roi et sa suite. C’est l’intendant qui donnera le fin mot de l’histoire :

« Madame, un postillon que j’avais fait partir
Pour s’informer au juste, et pour vous avertir
Vous ramenait en hâte une troupe altérée,
Moitié déguenillée, et moitié surdorée,
D’excellents pâtissiers, d’acteurs italiens,
Et des danseurs de corde, et des musiciens,
Des flûtes, des hautbois, des cors, et des trompettes,
Des faiseurs d’acrostiche, et des marionnettes.
Tout le monde a crié le roi sur les chemins ;
On le crie au village, et chez tous les voisins ;
Dans votre basse-cour on s’obstine à le croire ;
Et voilà justement comme on écrit l’histoire. »

Martine D. (France)

Le 6 janvier 2022

Courrier des internautes

Bonjour Monsieur,

Rédactrice-relectrice, je vous soumets une question concernant la coupure des mots en fin de ligne. Le mot imputrescible a été coupé comme suit : imputres- cible. Cette coupure est-elle correcte ? Plus généralement, quelle est la règle lorsqu’une coupure s’effectue entre deux consonnes non identiques ?

Martine D. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Cette coupure est correcte. On coupe de même sus-ceptible, cons-cience, etc.

Quand les deux consonnes sont différentes, mais aussi d’ailleurs quand elles sont identiques, la première sera laissée avant la coupe et la seconde après : trac-teur, cal-caire, fus-tiger, hom-mage.

Il y a quelques exceptions avec les groupes comptant un h (mé-chant, élé-phant, poly-théisme) et les groupes formés d’une occlusive suivie de r ou l (ca-bri, ca-price, ca-drer, en-trée, na-cré, de-gré, ou-bli, accom-pli, dé-clin, dé-glingué).

On se gardera aussi de certaines coupes malheureuses à l’œil comme dans :

Voilà une belle bande de cons-
spirateurs.

Erwen P. Locminé (France)

Le 2 décembre 2021

Courrier des internautes

Bonjour,

Pourquoi existe-t-il des verbes irréguliers ?

Erwen P. Locminé (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

C’est l’évolution des langues, en particulier le passage du latin au français, qui explique l’existence de verbes dits « irréguliers ». Les voyelles latines n’ont pas évolué de la même manière selon qu’elles étaient accentuées ou non. Et dans un verbe, les variations de la conjugaison faisaient qu’une même syllabe était tantôt accentuée et tantôt non. En conséquence, au sein d’une même conjugaison, les syllabes latines ont évolué différemment jusqu’au française moderne. C’est ce qui explique, par exemple, que le verbe « venir » a des formes en ven- et en vien-, que « boire » a des formes en bu(v)- et en boi(v)-, etc.

De plus, certains verbes latins très courants étaient conjugués à l’aide de différents radicaux. La conjugaison de esse, « être », présente ainsi des formes en es- et d’autres en fu-. Enfin, celle du verbe aller emprunte ses formes à trois verbes latins, vadere, ire et ambulare, à l’origine de « vais », « irai » et « allons ».

Serge C. (France)

Le 2 décembre 2021

Courrier des internautes

Monsieur,

Pouvez-vous m’expliquer d’où viennent les expressions « Chambre haute » et « Chambre basse » pour se référer au Sénat et à la Chambre des députés (ainsi qu’à leur équivalent dans d’autres pays) ?

Merci par avance de votre réponse.

Serge C. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Ces dénominations nous viennent des expressions anglaises upper House, pour la Chambre des lords, composée de membres de la noblesse, et lower House, pour la Chambre des communes, composée de personnes issues des autres rangs de la société. Par analogie, on a donné en France le nom de Chambre haute à la Chambre des pairs (l’ancêtre du Sénat), à laquelle on accédait par hérédité, et celui de Chambre basse, à laquelle on accédait par élection, à l’Assemblée nationale.

Charlie C. (Paris)

Le 4 novembre 2021

Courrier des internautes

Dans un dialogue, peut-on écrire Si nous sortions ? ou bien l’expression est-elle obligatoirement Et si nous sortions ?

Bien cordialement

Charlie C. (Paris)

L’Académie répond :

Les deux phrases peuvent se dire. Si introduit une proposition indépendante qui exprime une suggestion, une éventualité. La conjonction de coordination « et » ne fait que renforcer le caractère d’invitation de cette phrase.

Christophe L. (Sainte-Adresse)

Le 4 novembre 2021

Courrier des internautes

Bonjour,

Dans un poème Toute la vie d’un cœur - Adolescence, Victor Hugo écrit « …ayant la fièvre, qui résiste aux Bezouts et brave les Restauds…. ». Que peuvent bien signifier ces deux noms propres (en majuscule dans le texte) ? Merci.

Christophe L. (Sainte-Adresse)

L’Académie répond :

Bezouts fait allusion au mathématicien Étienne Bezout, qui écrivit de nombreux manuels de mathématiques et d’algèbre. On lit d’ailleurs plus haut dans ce poème : « oubliant latin, grec, algèbre ». Restauds est peut-être lié à des personnages de La Comédie humaine, de Balzac, Anastasie Restaud (une des filles du père Goriot), son mari, le comte de Restaud, et son fils Ernest de Restaud.

Guillem C. (Toulouse)

Le 4 novembre 2021

Courrier des internautes

Bonjour,

Quelle est la différence entre peler et éplucher, par exemple dans le cas d’un fruit ?

Guillem C. (Toulouse)

L’Académie répond :

Monsieur,

Dans l’usage courant, avec un nom de fruit comme complément d’objet direct, ces deux verbes sont synonymes, ce qui est somme toute logique puisque l’un et l’autre remontent au latin pilare, « arracher les poils », puis, par rapprochement avec l’ancien français pel, « peau », « enlever la peau ». Cela étant, si peler un fruit signifie qu’on en enlève la peau, éplucher, qui peut aussi avoir ce sens mais est issu de l’ancien française peluchier, « nettoyer », signifie d’abord qu’on le débarrasse de ses impuretés.

Mais ces deux verbes se distinguent surtout par leurs extensions : on peut employer éplucher au sens d’« étudier attentivement » (éplucher un dossier, une candidature) ; quant à peler, il signifie aussi, en mégisserie, « enlever les poils » (peler une peau) et, en jardinage, « enlever de l’herbe » (peler la terre, une allée). Notons enfin que peler peut s’employer intransitivement au sens de « perdre ses poils » (ce vieux chien pèle).

Laurence G. (France)

Le 4 novembre 2021

Courrier des internautes

Je me permets de vous écrire pour éclaircir un mot que je n’ai pas trouvé dans votre dictionnaire. Pourriez-vous m’indiquer la définition du nom acrasie ? Pourriez-vous me préciser s’il existe un verbe qui y correspond ? Peut-on dire d’une personne ou d’un comportement qu’il est acrasique ?

Je vous remercie par avance.

Cordialement.

Laurence G. (France)

L’Académie répond :

Ce mot ne figure dans aucun des dictionnaires que nous avons consultés. Il s’agit sans doute d’une transcription du grec akrasia, qui désigne l’impuissance à se gouverner ou à se maîtriser, l’intempérance. Ce mot est composé à l’aide du préfix négatif a- et de krateîn, « dominer, régner, être le maître de ». À notre connaissance, il n’y a ni verbe, ni adjectif français correspondant à ce nom.

Nicolas D. (Belgique)

Le 4 novembre 2021

Courrier des internautes

Bonjour,

Je souhaiterais connaître l’origine de l’expression « à la six-quatre-deux ».

Nicolas D. (Belgique)

L’Académie répond :

Cette expression fait allusion à une méthode rapide pour dessiner un profil ; on écrit ces trois chiffres les uns en dessous des autres : le 6 fait l’œil, le 4 le nez et le 2 les lèvres.

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