Dire, ne pas dire

Noms populaires des renonculacées : grenouillette, bassinet, pied d’alouette, barbe-de-chèvre, etc.

Le 6 juin 2013

Bonheurs & surprises

La botanique est un domaine où se côtoient deux langues, l’une, qui appartient aux taxinomistes, créée essentiellement à partir des travaux du botaniste suédois Carl Von  Linné, au xviiie siècle, propose des noms de plantes formés le plus souvent à partir de racines grecques ou latines ; l’autre, beaucoup plus ancienne et populaire, use de termes courants pour désigner ces mêmes plantes, le plus souvent en recourant à de savoureuses analogies. On en a un exemple avec la famille des Renonculacées. Ce nom est dérivé du latin ranuncula, « petite grenouille », parce que beaucoup de ces plantes vivent dans des lieux humides. Au nombre des Renonculacées figure le bassinet, encore appelé, en raison de sa couleur bassin d’or ou pour sa forme quand il n’est pas entièrement ouvert, bouton d’or. C’est aussi par analogie de forme que la clématite (du grec klema, « sarment ») est appelée barbe-de-chèvre ou berceau-de-la-vierge, et que la dauphinelle (du grec delphis, « dauphin ») est appelée pied d’alouette. La ficaire (du latin ficus, « figue », puis « verrue ») est une de celles qui a reçu le plus de noms populaires : pour ses fleurs d’un beau jaune d’or, on l’a appelée éclairette ; parce qu’elle pousse dans les lieux humides on l’appelle parfois grenouillette. Les racines de cette plante, dont la forme rappelle celle des tumeurs hémorroïdales, leur avaient fait attribuer autrefois la propriété de guérir cette affection ; on croyait même qu’il suffisait d’en porter dans sa poche pour s’en préserver. De là ses noms d’herbe aux hémorroïdes et herbe du siège.  Enfin, c’est parce que ses feuilles, cuites à l’eau, sont savoureuses qu’elle est aussi appelée pissenlit doux.