Dire, ne pas dire

Maroufle

Le 29 août 2013

Bonheurs & surprises

Maroufle est un nom masculin et un nom féminin. Le nom masculin appartient au vocabulaire de l’insulte. On s’est demandé si ce nom n’était pas lié au régionalisme grand marroufle, d’abord utilisé pour désigner un gros chat, puis, par allusion à la réputation de voleur et de paresseux de cet animal, un individu oisif et vivant d’expédients. Mais on s’accorde aujourd’hui à en faire un dérivé de maraud, autre mot dont l’origine est discutée, mais qui a à voir, lui aussi, avec les chats : on rattache le plus souvent ce nom à une racine onomatopéique mar-, qui imiterait le ronronnement ou le miaulement des chats – le maraud, comme le maroufle, étant d’abord décrié pour sa paresse. Maroufle est moins fréquent que maraud, mais on le rencontre chez Voltaire, dans Les Cabales :

« (…) un maroufle à besace,

Dans sa crasse orgueilleuse, à charge au genre humain,

S’il eût bêché la terre, eût servi son prochain. »

Ou chez Hugo, dans Les Misérables, quand monsieur Gillenormand s’adresse à son petit-fils :

« Ici ! Monsieur ! Maroufle, polisson, approchez ! Répondez, drôle ! Que je vous voie, vaurien ! »

Ce nom est à l’origine du nom féminin maroufle, qui désigne une colle à très fort pouvoir d’adhérence, sans doute par référence à l’indéfectible inertie et à l’immobilisme farouche du maroufle. De ce nom féminin, a été tiré le verbe maroufler, « coller avec de la maroufle », une toile peinte sur une autre toile, sur un panneau de bois ou sur une muraille ». On parle ainsi de toile marouflée.