Les noms cuirassé et cuirassier sont des paronymes qui ont une étymologie commune, mais ils désignent des réalités bien différentes.
Le premier est le participe passé substantivé du verbe cuirasser, qui a d’abord signifié « revêtir d’une cuirasse », puis, par extension, « munir d’un revêtement métallique protecteur ». On a ainsi dit une frégate cuirassée, un croiseur cuirassé et enfin, simplement, un cuirassé, c’est-à-dire un navire de fort tonnage, puissamment armé et dont les parties vitales sont revêtues d’épaisses plaques d’acier.
Le second, cuirassier, désignait jadis un soldat portant cuirasse et appartenant à la cavalerie lourde ; il désigne aujourd’hui un soldat appartenant à certaines unités de l’arme dite arme blindée et cavalerie.
On veillera à ne pas confondre ces deux termes et l’on se souviendra que, dans Potemkine, Jean Ferrat chante un « grand cuirassé », et non un « grand cuirassier », tandis qu’en août 1870, à Reichshoffen, ce furent les cuirassiers français qui chargèrent, et non les cuirassés.