Les verbes du premier groupe ont pour eux la régularité de leur conjugaison, mais le fait que leurs terminaisons, de l’infinitif en -er, et du participe passé en -é, soient identiques à l’oral, peut parfois amener à hésiter sur le choix de l’un ou l’autre de ces modes, comme c’est le cas avec le couple C’est abuser / C’est abusé, alors que personne n’hésiterait entre C’est prendre les gens pour des idiots et C’est pris les gens pour des idiots…
Pour faire le départ entre l’un et l’autre, on rappellera que l’infinitif, qui est la forme nominale du verbe, indique une action tandis que le participe, qui en est la forme adjectivale, indique un résultat. On pourrait ainsi distinguer l’aspect actif de Quand dire, c’est faire, pour reprendre le titre français d’un livre de John Austin, de l’aspect résultatif de Sitôt dit, sitôt fait. De plus, quand c’est est suivi d’un infinitif, ce dernier est souvent expliqué par un autre infinitif, généralement introduit par que de ; en témoignent ces deux ouvrages de Renan, L’Avenir de la science, où l’on peut lire : « C’est se suicider que d’écrire des phrases comme celle-ci », et Souvenirs d'enfance et de jeunesse, où l’on trouve : « C’est faire tort au catholicisme que de l’accommoder ainsi à nos idées modernes ». En revanche, quand c’est est suivi d’un participe passé, on peut en général remplacer le pronom élidé c’ par un groupe nominal comme cette chose. Et si l’on peut dire Cette chose est finie (et donc C’est fini) mais non Cette chose est abusée, (et donc pas C’est abusé), c’est parce que le premier verbe est un transitif direct et le second un transitif indirect.
Ajoutons pour conclure qu’il en va de même avec Voilà qui est ; on écrit donc Voilà qui est parler, car parler est ici intransitif et voilà qui est dit parce que dire est transitif.