Dire, ne pas dire

Frédéric M. (Aix-en-Provence)

Le 11 juin 2026

Courrier des internautes

Dans le cadre d’une recherche sur l’arbre nommé dragonnier, j’ai consulté un texte inédit du père minime Louis Feuillée, écrit alors qu’il était en mission aux Canaries. Il y évoque les propriétés médicinales de cet arbre et en particulier de la résine appelée sang-dragon (ou sang de dragon) qu’il produit. Il indique qu’elle « arrête les hémorragies, le courir de ventre ».

Pouvez-vous m’aider à trouver ce que signifie cette expression, le courir de ventre ?

Frédéric M. (Aix-en-Provence)

L’Académie répond :

Cette locution, totalement sortie d’usage, est un synonyme de diarrhée, voire, dans une langue très populaire, de courante. Elle date d’une époque où la langue substantivait beaucoup plus facilement qu’aujourd’hui les infinitifs.

On a aussi employé jadis cours de ventre et, plus récemment, même si cette locution est aujourd’hui très vieillie, flux de ventre. Cette dernière était ainsi définie, à l’article Flux, dans la 5e édition de notre Dictionnaire parue en 1798 : « Flux, se dit aussi De l’écoulement des excrémens [c’est la forme du pluriel de l’époque] devenus trop fluides, et signifie, Dévoiement. Avoir le flux de ventre. Il lui a pris un flux de ventre. Provoquer un flux de ventre. Arrêter un flux de ventre. » On peut aussi noter que dans ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand appelle ce mal « maladie prussienne » ou « maladie des Prussiens », parce que, à l’automne 1792, de nombreux soldats de ce pays, commandés par le roi Frédéric-Guillaume II, en furent atteints devant Verdun.