Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Ahikar (France)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

Liaison en « d » prononcée « t ».

Existe-t-il des exceptions ? Dans le passage ci-dessous ne peut-on pas faire une liaison en « d » sur « s’étend elle-même » (… suivant que la souveraineté de l’Union se resserre ou s’étend elle-même) ? En vous remerciant par avance pour votre réponse.

Ahikar (France, 14 mars)

L’Académie répond

Au contraire, une liaison en d induirait une erreur (« s’étend d’elle-même » au lieu de « s’étend elle-même »).

Je vous rappelle que les liaisons ne sont obligatoires que dans un nombre restreint de cas (voyez notre page Questions de langue, art. Liaisons) : dans le cas que vous citez, elle relèverait d’une expression très soutenue, voire précieuse.

Antoine G. (France)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

Dans la formule de politesse d’une lettre, lorsqu’on veut marquer une certaine distance et montrer que l’on respecte plus la fonction ou l’institution que celui ou celle qui l’exerce; est-il correct ou approprié de dire « je vous prie d’agréer l’expression de ma considération la plus stricte » ?

Antoine G. (France, 28 novembre)

L’Académie répond

On s’abstiendra de cette formule.

Rappelez-vous qu’étymologiquement, strict signifie « étroit, resserré ».

Vous pouvez dire, et écrire, de mon entière considération, de ma parfaite considération, de ma respectueuse considération.

Catherine B. (France)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

Doit-on dire « combien même » ou « quand-bien même » ?

Catherine B. (France, 29 octobre)

L’Académie répond

On doit dire et écrire Quand bien même, sans trait d’union entre quand et bien. Il s’agit d’un renforcement de la conjonction de subordination Quand lorsqu’elle a une valeur d’hypothèse et signifie « même si ». Rappelons que quand bien même est suivi du conditionnel.

Mario Le S. (Mériadec)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

Dans un fil de pensées profondes, je me suis heurté à un problème.

En effet, je n’ai pas trouvé de moyen d’exprimer le nom commun pour le verbe « deviner ».

Existe-t-il, au contraire de « devinage » ou « devination », des façons reconnues de faire passer cette idée ?

Curieusement, un interrogateur.

Mario Le S. (Mériadec, 12 novembre)

L’Académie répond

Vous avez raison, il n’existe pas de noms désignant l’action de deviner. Devinette désigne la chose qu’il faut deviner et non le processus.

Divination existe mais le mot renvoie seulement au sens premier de deviner :

« DIVINATION n. f. XIIIe siècle. Emprunté du latin divinatio, « divination, art de prédire, pressentiment ». Art de découvrir ce qui est caché aux autres hommes, et particulièrement l’avenir. Les augures pratiquaient l’art de la divination. L’étude du vol des oiseaux, l’examen des entrailles des victimes étaient des procédés de divination utilisés par les anciens. Divination par l’interprétation des songes. »

Vous pouvez toujours avoir recours à un groupe nominal tel que « l’art de deviner », par exemple.

Nicole B. (Sivry-Courtry)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

On dit : « Prends-moi un livre. Prends-toi un livre. Prends-lui un livre. Prends-nous un livre. Prends-leur un livre. »

Mais dit-on : « Prends-vous un livre. » ?

Nicole B. (Sivry-Courtry, 27 novembre)

L’Académie répond

Prends-vous un livre est incorrect, on dira Prenez-vous.

Le C.O.I. d’un verbe à l’impératif ne peut être à la même personne que le verbe, que si les deux sont ou au singulier, ou au pluriel.

Il en va de même avec le C.O.D. pour des verbes pronominaux. On ne dit ni lave-vous ni lavez-toi.

Christine S. (France)

Le 5 mai 2014

Courrier des internautes

Doit-on dire « je m’excuse » ou « excuse-moi » ou «  je te demande pardon » ?

Suis impolie si je dis « je m’excuse » ?

Christine S. (France, 25 janvier)

L’Académie répond

Si l’on a commis une faute, on doit demander à la personne envers qui on a mal agi de nous excuser ; on ne peut le faire soi-même. On ne s’excuse pas plus qu’on ne se pardonne. On dira donc Je vous prie de m’excuser ou Je vous demande pardon.

Delphine A. (France)

Le 5 mai 2014

Courrier des internautes

Il me semble avoir déjà entendu, voire employé, l’expression : « un double objectif ». Est-ce correct ? Et par ailleurs, peut-on dire : « un triple objectif », voire « un objectif multiple » ? Ou dit-on plutôt : « de multiples objectifs » ?

Merci d’avance pour votre réponse. Et merci pour ce service proposé par l’Académie française !

Delphine A. (France, 23 janvier)

L’Académie répond

Le nom objectif peut être accompagné de l’adjectif double, triple, etc.

On peut dire : En proposant d’isoler les appartements nous avons un triple objectif :

– créer de l’emploi,

– préserver l’environnement,

– faire des économies.

Mais il est vrai que l’usage préfèrera des objectifs multiples à un objectif multiple, même si, grammaticalement, cette dernière forme est correcte. Sachez que nous nous faisons un plaisir et un devoir de répondre aux questions qui nous sont adressées.

Gilles M. (France)

Le 5 mai 2014

Courrier des internautes

J’entends souvent l’expression « avoir du pep’s », souvent utilisée en cuisine : ce plat a du pep’s. Pouvez-vous me dire ce que cela signifie exactement et d’où vient cette expression ? Et si cet usage est correct ?

Gilles M. (France, 19 février)

L’Académie répond

Dans l’expression familière avoir du pep’s, pep vient de l’anglais pepper, « poivre ».

Avoir du pep’s signifie donc « être fort, être épicé », même si l’épice en question n’est plus du poivre, et, en parlant d’une personne, « être dynamique, avoir du tonus ».

Jean-Hubert C. (France)

Le 5 mai 2014

Courrier des internautes

Dans le but de limiter au maximum l’utilisation d’anglicismes, pourriez vous m’indiquer quel est l’équivalent français du genre cinématographique « thriller ». Je ne pense pas que le terme de policier soit le plus précis car trop restrictif.

Jean-Hubert C. (France, 19 février)

L’Académie répond

Il n’y a pas d’équivalent français à thriller, mot anglais entré dans notre langue en 1927 avec le sens de « livre qui donne le frisson » (du verbe to thrill, « tressaillir », « frissonner »). Par la suite, le mot a désigné un film.

Devenu nom de genre, le thriller n’a pas à être traduit, étant donné son implantation déjà ancienne en français.

Vous avez raison, policier est trop restrictif.

Joseph L. (Réalmont la Charmante)

Le 5 mai 2014

Courrier des internautes

Depuis tout petit on m’a appris à dire : une dénivelée, or je constate qu’une majorité de personnes et donc d’écrits topographiques écrivent : un dénivelé. Réponse, quand je fais la réflexion : on peut dire les deux.

Je ne suis pas des plus doués en orthographe mais il me semble que bien qu’une grande majorité fasse la faute ce n’est pas pour autant qu’il faut s’y plier et l’accepter. Ne dit-on pas une dénivellation et non « un » et là tout le monde est d’accord.

Qu’en est-il vraiment ?

Joseph L. (Réalmont la Charmante, 12 février)

L’Académie répond

La seule forme acceptée par le Dictionnaire de l’Académie française est celle-ci :

*DÉNIVELÉE n. f. XXe siècle. Forme féminine substantivée du participe passé de déniveler. topographie. Différence d’altitude. Il y a 325 mètres de dénivelée entre la gare de départ du téléphérique et le sommet. – balist. Différence de niveau entre une arme à feu et l’objectif visé. Pour régler le tir, il faut tenir compte de la dénivelée.

Il est vrai que comme ce mot se rencontre essentiellement dans le groupe de dénivelée, l’article se fait peu entendre et il y a souvent une hésitation sur le genre. Mais, une fois encore, la forme juste est dénivelée.

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