Le verbe confronter a d’abord signifié, comme le latin médiéval confrontare (proprement « être front contre front ») auquel il est emprunté, « être contigu à ». À ce sens, se sont ajoutés, au xvie siècle, ceux de « comparer » et de « mettre en présence ». La première édition de notre Dictionnaire, parue en 1694, glosait d’ailleurs ainsi ce verbe : « Faire comparoistre un tesmoin, afin qu’il soustienne sa deposition en presence de l’accusé. » Dans la langue courante, ces deux sens sont longtemps restés les seuls en usage : on pouvait ainsi « confronter des points de vue, des écritures », ou encore « confronter des témoins, des accusés ». Mais, au xxe siècle, le tour passif être confronté à une difficulté, à un obstacle a commencé à se répandre sous l’influence de l’anglais to be confronted with. Il s’emploie aujourd’hui fréquemment, et on ne saurait condamner cette locution verbale validée par l’usage, que l’on pourra cependant faire voisiner avec d’autres de même sens comme devoir faire face à, être en butte à ou être aux prises avec.