Le nom affabulation a d’abord désigné la trame d’une œuvre d’imagination, tandis que fabulation désignait le fait de présenter comme vraies des histoires inventées et, par métonymie, ces histoires elles-mêmes. On a longtemps fait le départ entre ces deux noms, mais force est de constater qu’ils ont été fréquemment employés l’un pour l’autre. Cette évolution s’explique par leur proximité sémantique, mais aussi par leur parfaite homonymie quand ils sont précédés d’un article défini singulier (l’affabulation et la fabulation). C’est affabulation qui s’est imposé aujourd’hui pour évoquer la manie d’inventer des histoires. Quant à fabulation, s’il tend à disparaître dans l’usage courant, il s’emploie toujours dans la langue de la psychologie.
Ces remarques valent également pour les verbes correspondants, fabuler et affabuler, qui ont suivi semblable évolution. De la même manière, le substantif fabulateur a vieilli, et c’est affabulateur qu’on entend aujourd’hui dans la langue courante.