Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Thomas M. (Mulhouse)

Le 07 novembre 2013

Courrier des internautes

J’aimerais savoir dans quels cas il faut utiliser le mot « décès » plutôt que le mot « mort ». Je suis souvent amené à écrire des biographies et je souhaiterais avoir le mot juste. Je n’arrive pas à trouver la réponse dans mes dictionnaires qui ne précisent pas de nuance, ni sur internet.

Thomas M. (Mulhouse, 31 juillet)

L’Académie répond

Décès désigne la mort en parlant de personnes.

Décès a aussi un caractère plus administratif, plus officiel. Mort appartient à un registre plus courant, même si, dans les titres célèbres (en littérature et en peinture), on emploie mort et non décès : La Mort de Pompée, La Mort de Sénèque, La Mort de Lucrèce, La Mort de Sardanapale, etc.

Emmanuelle C. (Abbeville)

Le 03 octobre 2013

Courrier des internautes

Est-il correct de dire « Je suis arrivée en première » ou « en dernière » ?

Ou faut-il obligatoirement dire « en premier », « en dernier » même si le locuteur est une fille, ou dire « la première », « la dernière » ?

Emmanuelle C. (Abbeville, 13 juin)

L’Académie répond

En premier et en dernier sont des locutions adverbiales invariables. Une femme dira : je suis arrivée en premier ou, mieux et plus simplement, je suis arrivée première, la première.

Fanny M. (France)

Le 03 octobre 2013

Courrier des internautes

Je me permets de prendre contact avec vous car j’aimerais savoir si l’emploi de la phrase « Je m’en excuse » est correct.

Fanny M. (France, 20 juin)

L’académie répond

Grammaticalement, cette forme est correcte ; mais on considère qu’il est un peu impoli de s’excuser soi-même. C’est la personne offensée qui excuse ou non celui qui l’a offensée.

Il est préférable de dire, et d’écrire, Je vous prie de m’en excuser.

Guy L. (Lanvallay)

Le 03 octobre 2013

Courrier des internautes

Pourquoi parle-t-on de faute d’orthographe et d’erreur de calcul ?

Guy L. (Lanvallay, 14 juin)

L’académie répond

Une faute est un manquement aux règles, une erreur est l’action de se tromper. C’est pour cela que l’on dit surtout faute d’orthographe et erreur de calcul. Mais faute de calcul et erreur d’orthographe se rencontrent également.

 

Jeanne R. (Guérande)

Le 03 octobre 2013

Courrier des internautes

Doit-on dire de concert ou de conserve ?

Jeanne R. (Guérande, 5 juin)

L’académie répond

De conserve se dit, dans le vocabulaire de la marine, de deux ou plusieurs navires qui font route ensemble. Au sens figuré, il signifie « d’accord avec quelqu’un » : Agir de conserve. Il se rapproche alors de De concert, « d’un commun accord, en s’entendant pour une action commune ».

Juan B. (Bruxelles)

Le 03 octobre 2013

Courrier des internautes

Après des recherches infructueuses sur Internet, je me tourne vers vous afin d’obtenir une réponse fiable. Existe-t-il un terme en français pour désigner une personne sachant parler cinq langues ? Qu’en est-il des individus sachant en parler six, sept, et ainsi de suite ? Je vous remercie d’avance.

Juan B. (Bruxelles, 4 juin)

L’académie répond

Il n’existe pas de nom particulier pour désigner ce type de personne. Seuls existent, à ma connaissance, les formes bilingue, trilingue et quadrilingue.

Au-delà, on dit, et on écrit, « qui parle 5, 6, 7...langues ».

Laëtitia D. (Mulhouse)

Le 03 octobre 2013

Courrier des internautes

Après une discussion somme toute banale avec mon père, un doute nous a envahis ... Dit-on apprendre « sur le tas » ? « sur le tard » ? et pourquoi ?

Laëtitia D. (Mulhouse, 20 juin)

L’Académie répond

Ces deux locutions adverbiales sont correctes, mais elles n’ont pas le même sens.

Sur le tas signifie « de manière empirique par la pratique et sans formation théorique préalable ». Apprendre son métier sur le tas c’est l’apprendre en le pratiquant. Sur le tas signifie aussi « sur son lieu de travail ». On l’entend, par exemple dans grève sur le tas.

Sur le tard signifie « à un âge avancé ». On distingue Il a appris l’anglais sur le tas, « sans cours, mais au contact d’Anglais », et Il a appris l’anglais sur le tard, « quand il était déjà âgé »…

Sur le tard peut aussi signifier « en fin de journée », « à une heure tardive ».

Charlotte R. (France)

Le 29 août 2013

Courrier des internautes

Après mûre réflexion à propos de l’expression « faire la grève de la faim », je me suis posé une question.

Le mot « faim » désigne l’« ensemble des sensations provoquées par la privation de nourriture, qui incitent l’homme ou l’animal à rechercher des aliments, et que l’ingestion de nourriture fait disparaître » (Larousse 2013). Partant de ce principe, lorsque l’on a faim, il faut combler ce manque par l’ingestion de nourriture. Alors « faire la grève de la faim » signifierait s’abstenir d’avoir la sensation de faim, et s’abstenir de cette sensation revient à la combler, donc à se nourrir... Par conséquent tout le contraire de la signification de cette expression !

Peut-être que mon raisonnement est erroné, dans ce cas veuillez m’expliquer le sens littéraire de cette expression et ses origines parce qu’à ce jour je n’ai pas réussi à trouver une explication cohérente à mon interrogation.

Charlotte R. (France, 5 mai)

L’Académie répond

Vous avez raison ; à l’article « Grève » du Trésor de la langue française, on peut lire : « Grève de la faim. [Dénomination littéralement impropre] ».

On l’appelle ainsi parce que la grève est un moyen de pression ; il s’agit donc d’essayer de faire fléchir son adversaire en refusant de s’alimenter.

Grève par la faim serait plus juste, mais c’est grève de la faim la forme reconnue par l’usage. Cette expression apparue en 1906 est sans doute une transcription de l’anglais strike hunger, terme employé par les suffragettes anglaises incarcérées pour avoir revendiqué le droit de vote.

Dominique M. (Nice)

Le 29 août 2013

Courrier des internautes

En discutant avec ma grand-mère, nous sommes tombés sur un problème pour le mot « oignon ». Elle prononce [wagnon], alors que ça se dit [ognon]. Je lui ai expliqué qu’il y avait deux orthographes possibles, mais que ça ne changeait pas la prononciation. Pourquoi l’i ne se prononce-t-il pas comme dans « poignet », par exemple ?

Dominique M. (Nice, 7 mai)

L’Académie répond

Le nom oignon, que l’on peut aussi écrire ognon, est issu du latin unionem. Son orthographe a beaucoup varié. Au XIIe siècle, on écrivait unnium, au XIIIe siècle, oinum et oingnum. Les différentes éditions du Dictionnaire de l’Académie française témoignent aussi de ces hésitations. Dans les éditions de 1718 à 1762, on écrivait oignon ; en 1798, ognon, en 1835 et 1878, on proposait les deux formes ; en 1935 oignon ; dans l’édition actuelle, on écrit oignon en signalant qu’ognon est accepté.

En ce qui concerne oignon, on constate qu’il y a eu longtemps une hésitation pour l’orthographe des mots dans lesquels on trouvait le groupe -gn. Dans de nombreux cas on a écrit avec un i la voyelle qui précède. On a eu des formes montaigne, campaigne, aigneau. On a en français les formes poigne et pogne, et on hésite entre encognure et encoignure.

Élisabeth V. (France)

Le 29 août 2013

Courrier des internautes

J’entends sur les ondes l’expression « perdre ses nerfs » (et en suis horrifiée …!) ; pouvez-vous me dire si cette expression est correcte ? (elle me semble venir d’une expression anglaise).

Élisabeth V. (France, 13 mai)

LAcadémie répond

L’expression perdre ses nerfs n’est pas un anglicisme.

Dans le langage courant, et au pluriel, nerf désigne l’organe récepteur des excitations extérieures entraînant des manifestations physiques ou psychologiques influençant notablement le comportement.

On trouve déjà, en 1593, dans le Dialogue d’entre le Maheustre et le Manant, de François Cromé : « Le duc de Guise perdit ses nerfs. »

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