Les grandes dates

 

1633

Richelieu apprend par son secrétaire François Le Métel, abbé de Boisrobert, l’existence d’une compagnie d’intellectuels qui se retrouvent ensemble régulièrement.

1634

Naissance de l’« Académie française ». Richelieu en sera le protecteur et Valentin Conrart le premier secrétaire perpétuel.

1635

Le 29 janvier 1635, la mission de l’Académie, conserver et perfectionner la langue française, est précisée par lettres patentes de Louis XIII qui l’officialisent.

1635

12 février. Le terme académicien est choisi pour désigner chacun des membres de la Compagnie.

1637

Craignant que la nouvelle Académie ne soit un instrument de la politique monarchiste et une rivale éventuelle, le Parlement a attendu deux ans avant d’enregistrer les lettres patentes de sa création (10 juillet).

1638

Chapelain propose le plan du premier Dictionnaire. Rédigé d’abord par Vaugelas, il ne sera achevé qu’en 1694.

1639

Les académiciens atteignent le nombre définitif de 40.

1642

Mort de Richelieu. Les « immortels » choisissent le chancelier Séguier (qui avait scellé les lettres patentes le 4 décembre 1634) comme protecteur. Mazarin ne parlait pas assez bien le français !

1652

1er juin, Armand de Coislin, petit-fils de Séguier, devint académicien à l’âge de 16 ans. Il sera le plus jeune académicien.

1652

Afin de la rendre populaire, Pellisson publie l’Histoire de l’Académie française, poursuivie en 1729 par l’abbé d’Olivet.

1655

L’Académie accueille la reine Christine de Suède, qui assiste à une séance.

1667

Le roi peut être harangué par l’Académie lors d’occasions solennelles.

1672

Mort de Séguier. Le nouveau protecteur est le roi Louis XIV. Dès lors le titre appartiendra à tous les rois ou chefs d’État.

1672

L’Académie occupe l’ancienne salle du Conseil du Roi au Louvre (jusqu’en 1805).

1673

Les séances de réception sont rendues publiques.

1674

28 juin. Louis XIV fait interdire la publication de dictionnaires avant que ne soit édité celui de l’Académie française.

1675

Le règlement (comme ceux de 1721 et 1752) interdit aux académiciens d’engager leurs voix et aux candidats de les solliciter.

1683

Jean de La Fontaine est élu. Cependant Louis XIV, comme il en a la possibilité (les élections sont soumises à l’approbation du protecteur), fait ajourner son élection, qui ne sera définitive qu’en 1684.

1688

Le collège des Quatre-Nations, commencé par Le Vau, est achevé par François d’Orbay. Au milieu du palais se dresse la chapelle, surmontée d’une coupole de 44 mètres de hauteur. En effet, il n’était pas possible qu’elle fût aussi élevée que le palais du roi : le Louvre, haut de 45 mètres.

1693

L’élection de La Bruyère affermit la position des Anciens dans la querelle qui les oppose aux Modernes.

1694

Parution de la première édition du Dictionnaire. Il propose au lecteur, en 18 000 mots environ, l’image d’une langue réduite « au bon usage » de l’honnête homme de l’époque. Il est composé de définitions générales et d’exemples d’emploi très simple.

1740

Troisième édition du Dictionnaire.

1762

Quatrième édition du Dictionnaire.

1776

Colardeau ne siègera que 35 jours (séjour le plus bref).

1793

5 août, dernière réunion de l’Académie. Quatre membres seulement sont présents. Au péril de sa vie, son directeur, l’abbé Morellet, garde chez lui l’acte de fondation et les archives de la Compagnie.

1793

8 août, un décret de la Convention supprime toutes les anciennes académies royales.

1794

24 juillet, les biens de l’Académie sont confisqués.

1795

22 août, un Institut national des sciences et des arts remplace les académies royales.

1795

25 octobre, une loi organise l’Institut ; il se compose de 144 membres à Paris, répartis en 3 classes : Sciences physiques et mathématiques, 60 membres ; Sciences morales et politiques, 36 ; Littérature et Beaux-Arts, 48.

1796

Le 4 avril, l’Institut tient sa première réunion solennelle, en présence des cinq chefs du Directoire.

1798

Cinquième édition du Dictionnaire.

1801

13 mai, un arrêté consulaire instaure, pour les membres de l’Institut, le port d’un costume, le célèbre habit vert, et en fixe les détails.

1803

23 février, un arrêté supprime la deuxième classe du nouvel Institut national des Sciences et des arts et divise la troisième classe en 3 sections : Langue et Littérature française (40 membres) ; Histoire et Littérature anciennes (40 membres) ; Beaux-Arts (29 membres).

1806

Les 4 classes de l’Institut s’installent dans l’ancien collège des Quatre-nations, dont la chapelle est transformée par Vaudoyer en salle des séances. Des tribunes sont alors créées. L’Académie française y tient encore aujourd’hui ses séances solennelles.

1816

21 mars, la Restauration rétablit les appellations traditionnelles : Académie française, Académie des Inscriptions et belles-lettres, Académie des Sciences, Académie des beaux-arts. Elles sont épurées de vingt-deux de leurs membres.

1816

Depuis cette date les séances hebdomadaires de l’Académie française se tiennent tous les jeudis, ainsi que tous les mardis jusqu’en 1910.

1829

L’élection de Lamartine marque l’entrée des romantiques à l’Académie.

1835

La sixième édition du Dictionnaire marque un retour aux exemples inventés.

1835

L’Académie entreprend la rédaction d’un Dictionnaire historique. Le projet n’ira pas à son terme et sera abandonné en 1894.

1839

Un bâtiment parallèle à l’aile Le Vau est ajouté à l’édifice de l’Institut.

1841

7 janvier, Victor Hugo est élu à sa quatrième tentative au 1er tour par 17 voix sur 32.

1855

Arsène Houssaye invente l’expression le « 41e fauteuil » dans un essai où il présente 53 célèbres auteurs qui, pour des raisons diverses, n’ont jamais fait partie de l’Académie française. En 1971, Maurice Genevoix publiera la nouvelle série proposant 13 noms supplémentaires.

1863

Napoléon III, bien que protecteur de l’Académie, souhaite en faire partie. On lui répond que si sa demande devient officielle, il sera admis sans vote selon son bon plaisir. Il renonce.

1871

Monseigneur Dupanloup est le premier académicien à affirmer qu’il est démissionnaire (pour protester contre l’élection de Littré, positiviste).

1878

Septième édition du Dictionnaire.

1889

Émile Zola se présente pour la première fois, sans succès. Il battra les records d’obstination en essuyant 25 refus successifs.

1893

19 janvier, première candidature féminine, celle de la romancière Pauline Savary. L’Académie déclare la candidature non recevable.

1901

30 mai. Au fauteuil d’Henri de Bornier, Edmond Rostand, 33 ans, est élu au 6e tour (bien qu’il se fût moqué de l’Académie dans le premier acte de Cyrano) et sera le plus jeune académicien du XXe siècle.

1914

L’obligation formelle d’habiter Paris, afin de pouvoir suivre les séances hebdomadaires du Dictionnaire, est levée.

1918

21 novembre, le maréchal Foch et Georges Clemenceau sont élus à l’unanimité. Ils n’étaient pas candidats et Clemenceau ne siègera jamais.

1920

5 février, Raymond Poincaré, élu le 18 mars 1909, est le seul chef de l’État, donc protecteur de l’Académie, qui ait agi en tant qu’académicien en recevant le maréchal Foch revêtu de son habit vert.

1921

Mort de Jean Aicard. Son fauteuil sera le plus disputé. Il ne sera attribué qu’en 1924 à l’issue de 5 élections, à Camille Jullian (à l’unanimité).

1929

Le maréchal Pétain est élu à l’unanimité (33 voix sur 33) au fauteuil du maréchal Foch.

1932

Publication d’une Grammaire de l’Académie. Œuvre d’un académicien, Abel Hermant, elle est très critiquée pour avoir voulu imposer une norme trop conservatrice de la langue. Elle ne s’imposa pas et fut même désavouée par l’Académie.

1935

Huitième édition du Dictionnaire.

1945

L’Académie française exclut de ses rangs le maréchal Pétain, Charles, Maurras, Abel Bonnard et Abel Hermant.

1946

Record d’élections la même année : 14, dont 6 le même jour (4 avril).

1953

L’Institut de France crée la fonction de chancelier. François Albert-Buisson, de l’Académie française, en sera le premier titulaire, jusqu’à sa mort en 1961.

1958

Le général de Gaulle fait écarter la candidature de Paul Morand.

1962

La chapelle de l’Institut est restaurée et retrouve son état d’origine.

1963

À sa demande, Henry de Montherlant obtient l’autorisation exceptionnelle de prononcer son discours en séance privée.

1968

24 octobre, Paul Morand est élu, le général de Gaulle ayant levé son opposition.

1972

7 janvier, un décret relatif à la langue française institue des commissions de terminologie auprès de l’administration.

1977

13 octobre, Alain Peyrefitte est reçu en présence du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. La séance est intégralement retransmise par la télévision.

1980

6 mars. Pour la première fois une femme, Marguerite Yourcenar, est élue au 1er tour par 20 voix sur 36.

1985

Le 7 novembre, Maurice Druon est élu Secrétaire perpétuel.

1986

Publication du premier fascicule de la neuvième édition du Dictionnaire.

1986

Création du Grand Prix de la Francophonie, d’un montant de 300 000 francs, soit environ 46 000 euros.

1998

Le 3 décembre, ouverture du site Internet de l’Académie, www.academie-francaise.fr

1999

Le 21 octobre, Hélène Carrère d’Encausse devient la première femme Secrétaire perpétuel.

2003

Le 11 décembre, le président Valéry Giscard d’Estaing est élu au premier tour avec 19 voix sur 34.

2005

Le 24 février, le grand duc et la duchesse de Luxembourg sont reçus en séance privée.

2005

Le 23 juin, l’Académie brésilienne des lettres est reçue en séance privée.