Le 07 mars 2013
Extensions de sens abusives
Les termes exprimant la douleur, la souffrance ou la mort sont souvent employés par exagération et de manière imagée, car ils ont dans la langue une valeur d’intensif. On est ainsi mort de fatigue, écartelé entre deux désirs incompatibles, bourrelé de scrupules ou dévoré par la jalousie. Ce phénomène semble universel et chez les Latins cruciari, proprement « être crucifié », se rencontrait déjà avec le sens de « se tourmenter ». Aujourd’hui crucifier semble s’imposer dans le langage des sports. Est-ce parce que le malheureux déploie sans résultat ses membres qu’on lit si souvent dans les commentaires sportifs « que le gardien a été crucifié » ? La métaphore n’est pas inintéressante, mais il conviendrait de ne pas en abuser. On évitera particulièrement de mêler deux images différentes et d’écrire crucifier à bout portant.
Le 07 mars 2013
Extensions de sens abusives
Naguère cet adjectif était naturellement et étymologiquement réservé à ce qui touchait au génie. Il s’est peu à peu affaibli dans l’usage familier pour devenir le synonyme de « remarquable, très bon » : Une copie géniale, un professeur génial, etc. Mais génial a depuis peu perdu son statut d’adjectif et semble être désormais un adverbe exclamatif dont on use et abuse à l’annonce de quelque information agréable. Ne serait-il pas possible d’éviter ce génial passe-partout et de varier les expressions en usant de formes comme tant mieux, c’est une bonne nouvelle, quelle chance, etc. ?
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On dit
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On ne dit pas
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– Rémy a réparé la cafetière
– Tant mieux !
– J’apporterai du fromage
– Quelle bonne idée !
Quelle chance ! la pluie a cessé
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– Rémy a réparé la cafetière
– Génial !
– J’apporterai du fromage
– Génial !
Génial ! la pluie a cessé
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Le 07 février 2013
Extensions de sens abusives
Le suffixe -isme est très productif. Il entre dans la composition de mots désignant des courants de pensée philosophiques ou politiques. Nombre de ces mots ont été crées aux dix-neuvième et vingtième siècles pour nommer les vastes mouvements d’idées qui ont bâti et accompagné ces deux siècles. Leur radical peut être un adjectif (héliocentrisme, chauvinisme, colonialisme), un nom commun (anarchisme, cubisme, centrisme), un nom propre (gaullisme, darwinisme, marxisme). L’abus de ce suffixe pour former des néologismes peu clairs témoigne le plus souvent de paresse dans la recherche de l’expression juste.
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On dit
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On ne dit pas
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Le fait de n’appréhender que le temps présent
Le fait de ne penser qu’à court terme
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Le présentisme
Le court-termisme
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Le 07 février 2013
Extensions de sens abusives
Le nom anglais implement signifie « outil, ustensile », et le verbe to implement, « rendre effectif » et « augmenter ». Ce verbe a pris deux autres sens dans le domaine de l’informatique. Il signifie, en parlant d’un logiciel, l’« installer en réalisant les adaptations nécessaires à son fonctionnement ». On le traduit dans ce cas par implanter (implanter un logiciel). Il signifie d’autre part « effectuer l’ensemble des opérations qui permettent de définir un projet et de le réaliser ». On le traduit alors par implémenter (implémenter un système d’exploitation). On se gardera de confondre ces deux verbes dans le domaine informatique et l’on évitera surtout, dans la langue courante, d’user du terme implémenter pour des réalités ne relevant pas de ce domaine.
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On dit
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On ne dit pas
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Implanter, installer un logiciel
Mettre en place une nouvelle méthode d’apprentissage
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Implémenter un logiciel
Implémenter une nouvelle méthode d’apprentissage
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Le 03 janvier 2013
Extensions de sens abusives
Le sens premier d’élire est « choisir ». On lit ainsi dans Le Cid (I, 1) : Le roi doit à son fils élire un gouverneur. Il s’est conservé dans quelques expressions comme : Élire domicile ou l’élu de son cœur, mais aujourd’hui ce verbe signifie « désigner à une fonction par la voie des suffrages ». Son dérivé, Éligible n’a pour sens que : « qui se trouve dans les conditions requises pour être candidat à une élection ». On se gardera donc bien d’en faire un synonyme d’expressions comme « qui a droit à, qui est en droit de, qui remplit les conditions requises pour », etc.
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On dit
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On ne dit pas
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Être en droit de prendre sa retraite
Avoir droit à telle prestation
Remplir les conditions requises pour se présenter à un examen
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Être éligible pour la retraite
Être éligible pour telle prestation
Être éligible à un examen
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Le 03 janvier 2013
Extensions de sens abusives
Les adjectifs et noms Surréaliste et Baroque appartiennent au vocabulaire de la critique littéraire et de la critique artistique. Salvador Dali et André Breton sont des artistes surréalistes ; Le Bernin est un sculpteur baroque, Agrippa d’Aubigné est un poète baroque. Baroque signifiait « bizarre, étrange », et l’on pouvait parler de coutume baroque ou d’accoutrement baroque. Mais on évitera de trop affaiblir le sens de ces mots en faisant de leur emploi des tics de langage qui seront utilisés, généralement accompagnés de complètement ou vraiment, au moindre tracas de la vie quotidienne. On ne dira pas J’ai dû tourner une heure avant de pouvoir me garer, c’est vraiment surréaliste ou Il n’y a que deux guichets ouverts entre midi et deux heures, c’est complètement baroque.
Le 03 décembre 2012
Extensions de sens abusives
Le nom Moteur désigne ce qui donne le mouvement. Ce terme s’est d’abord employé dans les vocabulaires religieux et philosophique : chez Aristote, Premier moteur désigne la cause, elle-même immobile, de tout mouvement. On peut, figurément, dire d’une personne qu’elle a été le moteur d’une entreprise, mais on évitera de faire de moteur un adjectif. On peut employer d’autres termes ou expressions comme Jouer un rôle déterminant, Donner une impulsion, Être à l’origine de…
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On dit
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On ne dit pas
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Il a joué un rôle déterminant dans cette négociation
Elle est à l’origine de ce projet ou elle a été le moteur de ce projet
Il a eu un rôle décisif dans cette entreprise
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Il a été moteur de cette négociation.
Elle est moteur de ce projet
Il a été moteur de cette entreprise
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Le 03 décembre 2012
Extensions de sens abusives
Le nom Expertise désigne, par exemple dans le domaine judiciaire, l’examen fait par un expert de telle ou telle situation, de tel ou tel cas. Il ne doit pas être employé avec le sens d’Expérience, qu’il n’a plus depuis la fin du Moyen Âge. Il ne doit pas non plus remplacer des termes comme Compétence ou Savoir-faire.
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On dit
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On ne dit pas
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L’expérience acquise
Faire preuve de compétence
Fort de son savoir-faire
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L’expertise acquise
Faire preuve d’expertise
Fort de son expertise
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Le 08 novembre 2012
Extensions de sens abusives
Le verbe Capturer indique la prise par la force ou la ruse. Capter s’emploie surtout dans les domaines techniques. Tout bon orateur cherche à capter l’attention de son auditoire. Les anciens insistaient sur cette captatio benevolentiae, qui trouvait sa place dans l’exorde. Mais ces verbes, à la différence de Saisir ne doivent pas être employés en lieu et place de verbes comme Percevoir, Comprendre, ou Ressentir.
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On dit
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On ne dit pas
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Ce romancier a bien saisi l’atmosphère de cette époque
Sa grande sensibilité lui permet de comprendre les émotions d’autrui.
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Ce romancier a bien capturé l’atmosphère de cette époque
Sa grande sensibilité lui permet de capter les émotions d’autrui.
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Le 08 novembre 2012
Extensions de sens abusives
Ce mot désigne une ligne, puis une surface et enfin un appareil servant à mesurer le champ visuel. On s’en tiendra à ces sens et l’on évitera les emplois figurés abusifs.
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On dit
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On ne dit pas
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Empiéter sur les attributions d’un autre ministère
L’ensemble des conditions qu’énumère le cahier des charges
Le nombre d’acheteurs potentiels
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Empiéter sur le périmètre d’un autre ministère
Le périmètre du cahier des charges
Le périmètre du marché
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