Dire, ne pas dire

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L’apostrophe

Le 02 juin 2016

Bloc-notes

Xavier DarcosLe diable se niche dans les détails, comme on sait. Le plus minuscule des écarts à la norme trahit parfois une déviation fâcheuse. Voyez comme la confusion règne désormais dans un usage incontrôlé de l’apostrophe. Ce signe typographique, comme l’indique la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), est « une virgule que l’on met un peu au-dessus du mot » pour indiquer une élision vocalique, le plus souvent la voyelle finale de l’article, comme dans l’oiseau, l’hôpital ou l’idée. Le parler populaire en abuse fautivement, avec des expressions orales comme t’es nul ou pauv’crétin (version polie). Passons.

Mais voici qu’on trouve çà et là cette horreur : « à quelle heure vient’il ? » ou, pire, « quand se montrera t’il ». Dans le premier cas, le simple tiret s’impose. Dans le second cas la lettre t, destinée à éviter le hiatus, doit s’écrire en deux tirets (-t-). Elle n’a qu’une fonction euphonique, comme dans y a-t-il ? On croise aussi des incongruités, du genre « que répond-t-il ? » Pourtant, il saute aux yeux qu’on placera un « -t- » entre un verbe se terminant par une voyelle et un pronom tel que « il », « elle » ou « on » (pense-t-on), mais qu’on n’aura aucune raison d’y recourir quand le verbe se termine par un -t ou un -d (dit-on). Seuls les verbes « vaincre » et « convaincre » admettent les tournures du type convainc-t-il ? car le -c final n’est pas prononcé, mais leur usage n’est pas si fréquent.

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Car ces flottements, et c’est là que je voulais en venir, finissent par tout mélanger. Voyez cette affiche d’un film récent qui a eu du succès, sans que personne ne trouve rien à redire à son titre doublement erroné ! Inversement, ne reconnaissant plus le pronom réfléchi du verbe s’en aller, on finit par écrire « va-t-en » ce qui doit s’écrire va-t’en. Ce n’est plus une affaire marginale : confondre la personne (te) avec une petite consonne qui fluidifie la langue, c’est grave. Écririez-vous « je-t-aime » ? Vous seriez éconduit.

Xavier DARCOS
de l'Académie française

Donner une messe

Le 02 juin 2016

Emplois fautifs

Le verbe donner peut signifier, entre autres sens, « présenter à un auditoire, à un public ». On peut ainsi donner un concert, une conférence. Dans Hécatombe, Georges Brassens évoquait d’ailleurs les commères de Brive-la-Gaillarde, qui donnèrent […] un spectacle assez croquignol. Ce verbe s’emploie encore à propos d’un professeur qui donne un cours. Mais on se gardera bien de l’utiliser pour évoquer ce qui ne ressortit pas au spectacle ou à l’éducation, et on veillera à ce qu’il n’ait pas comme complément des noms comme hommage, cérémonie ou messe, noms qui s’emploieront avec d’autres verbes comme rendre, célébrer ou offrir.

on dit

on ne dit pas

Célébrer, dire, offrir une messe

Rendre un hommage

Donner une messe

Donner un hommage

 

Enjoindre quelqu’un

Le 02 juin 2016

Emplois fautifs

Quand le complément d’un verbe transitif indirect est un nom, il est généralement introduit par la préposition à, mais, si on substitue un pronom à ce nom, la préposition disparaît : Tu dis à Paul de venir, mais tu lui dis de venir. Tu ordonnes à Rémy de…, mais tu lui ordonnes de… Si, à la troisième personne, les pronoms compléments directs et indirects sont distincts (Il lui obéit mais ne le craint pas), ce n’est plus le cas pour les pronoms de première et deuxième personnes : Il nous obéit mais ne nous craint pas. Peut-être est-ce à cause de formes comme Il vous enjoint de … que certains ont pu croire qu’enjoindre était un verbe transitif direct. Il n’en est rien, enjoindre est un verbe transitif indirect et doit être construit comme tel.

on dit

on ne dit pas

Je lui ai enjoint de venir

Ils enjoignent à Pierre de les aider

Je l’ai enjoint de venir

Ils enjoignent Pierre de les aider

 

Il n’aura de cesse qu’il n’a réussi

Le 02 juin 2016

Emplois fautifs

La locution verbale n’avoir de cesse (on trouve aussi, dans une langue plus littéraire ou plus vieillie, ne pas connaître de cesse, ne prendre cesse) signifie « ne pas cesser, faire des efforts ». Elle peut être suivie de l’infinitif (Il n’a de cesse de repartir), mais si elle introduit une subordonnée conjonctive, elle doit être suivie, comme la conjonction de subordination avant que, du subjonctif : Il n’aura point de cesse que vous lui ayez donné ce qu’il veut. On se gardera donc bien, ce qui serait une grossière erreur, de construire n’avoir de cesse que avec l’indicatif.

on dit

on ne dit pas

Il n’aura de cesse qu’il n’ait réussi

Il n’aura de cesse qu’il n’a réussi

 

Moi je, nous on

Le 02 juin 2016

Emplois fautifs

Faire précéder le pronom atone je du pronom tonique de même personne moi peut être un effet de style qui permet de mettre en valeur le sujet et de souligner une opposition avec les autres personnes en présence. Victor Hugo use ainsi de ce procédé dans La Légende des siècles :

Vous êtes les lions, moi je suis Dieu. Crinières,

Ne vous hérissez pas, je vous tiens prisonnières.

Mais il convient de ne pas faire de ce procédé un tic de langage, qui ne viserait qu’à donner maladroitement un peu plus de force à un propos ; cela vaut bien sûr également pour toi tu, lui il, et plus encore pour nous on, qui mêle deux pronoms dont l’un commande le pluriel et l’autre le singulier.

on dit

on ne dit pas

Je suis d’accord avec vous

Nous sommes venus à pied

Moi, je suis d’accord avec vous

Nous on est venus à pied

 

Punch line

Le 02 juin 2016

Néologismes & anglicismes

Le français a emprunté de l’anglais le mot punch, qui s’est d’abord employé dans le monde de la boxe pour nommer l’aptitude d’un boxeur à asséner des coups puissants, puis, en dehors de ce domaine, pour désigner le dynamisme ou l’énergie. Depuis peu est aussi apparue l’expression punch line, pour désigner la chute d’une histoire ou une phrase qui clôt une discussion. On se gardera d’user de cette expression puisque la langue française dispose de moyens lui permettant de rendre ces idées ; elle peut le faire, en empruntant elle aussi à la langue du noble art, grâce à l’emploi en apposition des nom et expression choc et coup de poing.

on dit

on ne dit pas

Des phrases coups de poing, des phrases choc
Une chute brillante, amusante

Des punch lines

Une punch line brillante, amusante

 

Versatile pour Polyvalent

Le 02 juin 2016

Néologismes & anglicismes

Versatile est un adjectif anglais et français, mais il n’a pas le même sens dans les deux langues. En français, il signifie « qui change souvent d’opinion, qui est sujet à de brusques revirements », alors qu’en anglais les sens de cet adjectif sont beaucoup plus positifs, puisqu’il signifie « aux talents variés, polyvalent, universel ». On évitera donc bien de vouloir donner, dans un texte français, à versatile, les sens qu’a cet adjectif en anglais.

on dit

on ne dit pas

Tout poste peut lui convenir, il est polyvalent

Le bois est une matière qui offre de nombreuses possibilités d’emploi

Tout poste peut lui convenir, il est versatile

Le bois est une matière versatile

 

Avant pour Avent

Le 02 juin 2016

Extensions de sens abusives

Tout un chacun rêve d’une langue où les rapports entre le sens des mots seraient transparents, et il arrive fréquemment que si le lien entre la forme et le sens d’un mot n’est pas assez évident, on remplace celui-ci par un autre, homonyme voire paronyme dont la graphie nous semble plus en adéquation avec le sens. On peut le voir avec le couple avent et avant. Le premier est un nom qui appartient à une langue littéraire un peu précieuse et, aussi et surtout, à la langue liturgique. Il est tiré du latin adventus, un dérivé de venire, « venir, arriver », et signifie « venue, arrivée, avènement ». Il désigne essentiellement la période qui précède Noël et l’arrivée du Christ. Mais comme cette époque est située avant Noël, beaucoup pensent qu’avent doit s’écrire avant. C’est une erreur pleine de bon sens, mais cela n’en reste pas moins une erreur.

on écrit

on n’écrit pas

Les quatre dimanches de l’Avent

Le temps de l’Avent

Les quatre dimanches de l’avant

Le temps de l’avant

 

En regard de au sens d’Au regard de

Le 02 juin 2016

Extensions de sens abusives

L’expression au regard de signifie « compte tenu de, par rapport à, eu égard à ». On dira ainsi : Au regard de ses résultats, cet élève ne pourra passer dans la classe supérieure. Il convient de ne pas confondre cette expression avec en regard de, qui signifie « en vis-à-vis de, en face de » : Inscrire les recettes en regard des dépenses.

on dit

on ne dit pas

Au regard de la loi, tous les hommes sont égaux

Un texte d’Eschyle avec la traduction en regard

En regard de la loi, tous les hommes sont égaux

Un texte d’Eschyle avec la traduction au regard

 

Atroce, féroce, La Guerre du feu

Le 02 juin 2016

Bonheurs & surprises

L’expression l’œil du tigre fut popularisée par le titre français d’un film de Sylvester Stallone, dont le titre anglais était simplement Rocky III. Elle désigne une farouche détermination à vaincre et une aptitude à voir les faiblesses de son adversaire.

Bien avant l’invention du cinéma, la langue latine avait un adjectif qui disait déjà tout cela : ferox. La formation de ce dernier vaut que l’on s’y arrête. Ferox est composé de deux éléments : fer-, dont il est difficile de dire s’il est tiré de l’adjectif ferus, « sauvage, cruel », ou de son féminin substantivé, fera, pris dans l’expression fera (bestia), « (bête) fauve », et -ox, qui remonte à une racine okw-, que l’on connaît surtout grâce à son diminutif oculus, « œil ». Pour les premiers Latins, était donc ferox qui avait un œil cruel, un œil de fauve.

Du premier élément, ferus, sera issu, après quelques glissements de sens, le français fier. Mais les premiers sens de cet adjectif, que l’on rencontre dans notre langue dès la Chanson de Roland, sont encore très proches de ceux du latin ferus, c’est-à-dire « terrible, farouche, violent ». Il peut s’appliquer aux hommes (Comment m’estes si dur et fier/ Qu’a mort me mettez sanz raison ? : « Pourquoi êtes-vous si dur et cruel envers moi, vous qui me mettez à mort sans raison ? », dans Un miracle de Notre Dame), ou aux choses (Par infer cuert une riviere/ Unkes nuz hom ne vit tant fiere/ Ele est tote de plonc fondu : « Au milieu de l’enfer court une rivière, personne n’en a jamais vu d’aussi terrible, elle est entièrement de plomb en fusion », dans La Vie de sainte Juliane).

On retrouve la racine okw- évoquée plus haut dans un autre composé du même type, atrox. Cette fois, le premier élément est ater, « noir », mais aussi « funeste, cruel ».

De ater nous sont restées peu de choses en français : le nom airelle, issu à la fin du xvie siècle de formes du Massif central, eirela ou airelo, l’une et l’autre dérivées du provençal aire, « noir ». Le linguiste Albert Dauzat considérait que ce nom était un des éléments qui, parmi tant d’autres de nature géographique, climatique, agricole, sociologique ou politique, coupaient la France en deux, puisqu’il y avait, disait-il, une ligne de partage entre le Sud, où ce fruit était appelé airelle, et le Nord, où il était connu sous le nom de myrtille. D’un dérivé atramentum, « encre », est issu l’ancien français airement, qui désigne l’encre, mais aussi les matières employées pour sa fabrication, entre autres la gale du chêne. Ce nom servait de modèle et de référence pour la noirceur. On lit ainsi dans le Roman de Renard : Cheveu ot noirs conme arrement « Il avait les cheveux noirs comme de l’encre ».

C’est aussi à ater, par l’intermédiaire de la locution atra bilis, « bile noire », que l’on a emprunté le nom atrabile, employé jadis en médecine et qui s’est effacé peu à peu devant son équivalent tiré du grec, mélancolie. Quant à son dérivé, atrabilaire, il doit sans doute beaucoup de sa survie à Molière, qui donna comme second titre au Misanthrope « L’Atrabilaire amoureux ».

On s’est longtemps demandé si cette forme ater pouvait être rapprochée d’un sens ancien de atrium, qui aurait désigné une demeure primitive où la fumée du foyer s’échappait par une ouverture ménagée dans le toit. Ater aurait alors été ce qui était noirci par la fumée, par la suie et serait lié sémantiquement au feu.

Le romancier, linguiste et essayiste anglais Anthony Burgess semble avoir fait sienne cette hypothèse quand il a créé, à partir de racines indo-européennes, la langue des Ulams, pour le film de Jean-Jacques Annaud, La Guerre du feu. En effet, quand ces Ulams désignent le feu dans leur langue, ils le font avec un cri guttural que l’on pourrait transcrire par Atr- et qui n’est guère éloigné du ater des Latins. On aimerait bien sûr rattacher âtre à cette famille ; mais on ne le peut. En effet ce dernier nous vient, par l’intermédiaire du latin ostracum, du grec ostrakon, « coquille », puis « morceau de brique ». Cette dalle, l’âtre, n’est donc pas liée étymologiquement au feu, mais à l’huître et à l’ostracisme.

De la cuisine à la scène

Le 02 juin 2016

Bonheurs & surprises

Bon appétit ! Messieurs ! Sans doute est-ce là un des hémistiches les plus célèbres du théâtre français, et l’on se réjouira que le mot appétit soit prononcé sur scène, tant spectacle et nourriture ont toujours fait bon ménage. Il n’est pour s’en convaincre que de se pencher sur les mots qui, désignant d’abord quelque mets un peu grossier, sont entrés, le plus souvent en y gagnant en raffinement, dans le monde du théâtre, de la littérature ou du spectacle.

Le plus connu de ces termes est peut-être farce. Ce nom désigne depuis le Moyen Âge un mélange de viandes diverses et de légumes, lié par une sauce épaisse, mais il désigne aussi à cette époque des commentaires en français insérés dans la liturgie latine et bientôt des intermèdes comiques introduits dans des représentations de mystères, comme la farce est introduite dans un plat. Farce prend vite une valeur d’adjectif pour qualifier quelque chose de comique : Est-ce farce ! Le latin avait connu une évolution analogue ; en effet farce est issu du latin farsus, le participe passé de farcire, « remplir, engraisser, garnir », mais dès les premières années du iiie siècle on trouve aussi, dans le Adversus Valentinianos, de Tertullien, un dérivé de farcire, fartilia, employé avec le sens de « pot-pourri de diverses pièces littéraires ».

On trouve avec saynète le même passage de la cuisine à la scène. Ce nom, qui apparaît dans la deuxième moitié du xviiie siècle, est emprunté de l’espagnol sainete, qui désignait d’abord un petit morceau de viande servant à récompenser un oiseau de chasse, puis toute chose plaisante, et enfin une pièce bouffonne jouée avant le deuxième acte d’une comédie. L’espagnol sainete est un diminutif de sain, lui-même issu du latin saginum, « suif ». En français saynète, dont l’origine est peu connue, est souvent rapproché à tort de scène et écrit scénette, tant est fort le désir de chacun de faire entrer dans un cadre logique les mots qu’il emploie, quitte à biaiser un peu avec l’histoire de ces derniers puisque, étymologiquement, saynète est plus proche de saindoux que de scène.

Le nom latin satura, à l’origine de notre satire, a également fait ce voyage. Satura, en effet, a d’abord désigné un plat garni de toute espèce de fruits et de légumes puis, par analogie, un mélange de vers de divers mètres, et enfin un poème uniforme fustigeant les vices de son temps. Le grammairien Diomède explique, au ive siècle après J.-C. comment s’est fait le passage de l’un à l’autre : […] quod ex variis poematibus, satura vocabatur, [ ] (« […] parce qu’elle est composée de différents ouvrages en vers, on l’appelle satura (satire) ».)

Le mot miscellanées est intéressant puisqu’il n’existe aujourd’hui qu’au pluriel, ce qui souligne l’idée de mélange, d’œuvre composite. Il désigne un recueil qui traite différents sujets et emprunte son nom au latin miscellanea, un dérivé de miscere, « mêler, mélanger », qui, chez Tertullien, désigne un mélange d’écrits mais qui, un siècle plus tôt, désigne chez Juvénal le repas grossier servi aux gladiateurs. Ce dernier évoque, dans sa onzième Satire les Romains de fortune médiocre qui se ruinent en mets coûteux et le sort qui les attend : Sic veniunt ad miscellanea ludi (« Et tout cela les achemine au mélange grossier servi à l’école des gladiateurs »). Chateaubriand se distingue en employant miscellanée, au singulier et avec ce même sens, quand il évoque Venise dans ses Mémoires d’outre-tombe : « Sa maîtresse lui apporte [au gondolier] dans une gamelle, une miscellanée de légumes, de pain et de viande. »

Pot-pourri touche lui aussi au monde de la cuisine et du spectacle. C’est un ragoût qu’il désigne quand il arrive dans notre langue sous la plume de Rabelais. C’est aussi le sens que lui donne l’Académie française dans la première édition de son Dictionnaire (à l’époque on l’écrit sans trait d’union) : « On appelle Pot pourri, Differentes sortes de viandes assaisonnées & cuites ensemble avec diverses sortes de legumes. » Mais elle ajoute : « Il se dit figurément d’Un livre ou d’un autre ouvrage d’esprit, composé du ramas de plusieurs choses assemblées sans ordre et sans choix. L’ouvrage qu’il a donné depuis peu n’est qu’un pot pourri. C’est un pot pourri de tout ce qu’il a jamais leu dans toute sorte d’Autheurs. »

Le terme macédoine est encore un nom au cheminement similaire. Il est tiré du nom de la région de Grèce dont était originaire Alexandre le Grand parce que ce dernier avait bâti son empire en y incluant un grand nombre de minuscules royaumes. Ce nom n’apparaît qu’au milieu du xviiie siècle, pour désigner un plat composé de petits morceaux de légumes ou de fruits divers, mais dès la fin de ce siècle, c’est aussi un assemblage hétéroclite de textes de tous ordres.

On notera qu’il existe un mot qui a cheminé au rebours de ceux que l’on a vus : entremets a en effet désigné d’abord un divertissement appelé à distraire les convives entre les différents plats, avant de prendre le sens qu’il a aujourd’hui, c’est-à-dire quelque préparation sucrée servie en dessert.

Pour conclure, intéressons-nous au four. Dans le monde du théâtre, c’est un échec retentissant ; cet échec est ainsi nommé parce que, autrefois, les représentations étaient annulées quand il n’y avait pas assez de spectateurs présents dans la salle ; on faisait alors évacuer les théâtres et l’on éteignait toutes les lumières du théâtre, en particulier les feux de la rampe, et celui-ci devenait alors noir comme un four.