Dire, ne pas dire

Dire, ne pas dire

Le bonheur… et le malheur… des mots

Le 04 décembre 2014

Bloc-notes

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On pourrait dire de certains mots qu’ils vieillissent mal. Nul besoin de signaler un sens péjoratif à ridicule : une personne, une action ridicules provoquent toujours un rire moqueur, où le seul plaisir que nous éprouvons est celui de notre supériorité. Pourtant, le latin ridiculus, qui signifie bien, en mauvaise part, « absurde, extravagant », signifie aussi, en bonne part et peut-être en premier lieu, « qui fait rire, plaisant, drôle ». Même double valeur en grec : geloios, « ridicule », signifie d’abord « amusant », et peut se dire d’une fable d’Ésope. Substantivés, les geloia sont des « plaisanteries ». Le verbe gelân en particulier donne à réfléchir. Son sens primitif est « briller », et ce n’est que plus tard, à cause de la joie qui illumine le visage du rieur, qu’il en vient à signifier « rire ». Dans la fraternité des langues indo-européennes, gelân se rapporte au latin gaudere, « se réjouir », au norrois gladr, adjectif signifiant à la fois « brillant » et « joyeux », et à l’anglais glad, maintenant « joyeux » et autrefois « brillant ». Selon l’obscure sagesse du langage, le rire nous rapproche de la lumière.

L’évolution de risible raconte la même histoire. Risibilis en latin signifie « capable de rire ou de faire rire ». En moyen français, risible signifie « qui porte à la gaieté, à la joie », et au xviie siècle, il garde ce sens tout en signifiant aussi « ridicule ». De nos jours, son sens originel ayant disparu, il n’est guère moins agressif que dérisoire.

Le devenir des mots n’est pas sans conséquences : nous avons perdu insensiblement une certaine idée de rire. Le phénomène se retrouve en dehors des langues romanes. Si ridiculo en espagnol ou ridicolo en italien ont le même sens réduit que ridicule, laughable en anglais, lächerlich en allemand impliquent également le mépris. Nous avons dévalué le rire gai au profit du rire moqueur. Le rire moqueur nous ramène à nous-mêmes, en nous flattant quant à la justesse de notre jugement. Il nous sépare. Il réagit aux travers et parfois aux vices des individus et de la société. Le rire nous sort de nous-mêmes. Il est sociable. Il nous fait participer au plaisir de vivre.

Le rire moqueur a certainement un rôle à jouer, puisque le mal, sous toutes ses formes, existe. D’autre part, nous sommes encore capables de rire d’allégresse, comme le prouvent

quantité d’adjectifs : amusant, comique, désopilant, divertissant, drôle, hilarant, plaisant, réjouissant. Leur abondance (avec celle des adjectifs familiers ou populaires, tels que bidonnant ou rigolo) témoigne du plaisir que nous éprouvons à multiplier les mots évoquant ce genre de rire. Pourquoi donc nous inquiéter ?

Restreindre le sens de ridicule semble dénoncer une préférence dangereuse. On tient le rire gai pour ingénu, alors que le rieur qui raille ses semblables serait averti des vrais problèmes de la société et de la condition humaine. La gaieté divertirait, la satire rendrait perspicace. Le rire même serait moins sérieux que les pleurs, et la comédie inférieure à la tragédie. Ne faudrait-il pas retrouver les vertus du rire joyeux, généreux et salutaire, et en comprendre la profondeur ? À l’ère de la dérision qui a succédé à celle du soupçon, nous pourrions méditer sur la brillance qui serait à l’origine de notre perception du rire, et sur le sens complet de ridiculus, qui donne en même temps sur le malheur et sur le bonheur.

Sir Michael Edwards
de l’Académie française

Gagner la victoire

Le 04 décembre 2014

Emplois fautifs

L’expression gagner la victoire constitue un pléonasme vicieux puisque gagner, en emploi absolu, signifie déjà « remporter la victoire ». On peut comprendre que la griserie d’un succès et le fait de l’emporter sur ses adversaires provoquent une forme d’exaltation, appellent l’emphase et conduisent à l’hyperbole, mais la victoire n’en sera pas moins belle pour être chantée dans une langue correcte et un peu plus sobre. On pourra en revanche, avec un complément d’objet direct, accompagner le verbe gagner de noms désignant l’épreuve en question : gagner un match, une partie, une élection, gagner un prix, etc.

On dit

On ne dit pas

Remporter la victoire

L’emporter (sur son adversaire)

Gagner, vaincre, triompher

 

Gagner la victoire

 

Je vous serais gré pour je vous saurais gré

Le 04 décembre 2014

Emplois fautifs

Savoir gré est une locution très ancienne dans laquelle le mot gré est un nom qui signifie « gratitude, reconnaissance ». On en trouve la trace dans un des premiers textes français, La Vie de saint Alexis, qui date du milieu du XIe siècle. On y lit : « Un fil lor donet, si l’en sovrent bon gret », « Il (Dieu) leur donna un fils, ils lui en surent bon gré ». On se gardera bien de faire de gré un adjectif attribut et de substituer au verbe savoir le verbe être, quand bien même cette faute pourrait s’expliquer par la proximité phonétique des formes de ces verbes au conditionnel (saurais et serais), mode auquel cette expression s’emploie le plus fréquemment, ou par l’analogie avec certaines constructions attributives de même sens, comme être reconnaissant.

 

On dit

On ne dit pas

Je vous saurais gré de bien vouloir…

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir

Je vous sais gré de votre assistance

Je vous serais gré de bien vouloir…

 

Je vous suis gré de votre assistance

 

Poncif pour Pontife

Le 04 décembre 2014

Emplois fautifs

Le poncif tire son nom de poncer, parce qu’il est d’abord un dessin dont le tracé, percé de nombreux trous, peut être reproduit sur tout type de surface si l’on promène sur les contours un petit sac rempli d’une poudre extraite de la ponce. À partir de cette idée de dessin reproductible à l’envi, poncif a signifié « dessin sans originalité » et, enfin, « lieu commun, cliché ». Il importe de ne pas confondre ce nom avec son paronyme, pontife, qui a d’abord désigné un membre d’un collège de prêtres de la Rome antique et qui, aujourd’hui, s’applique aux évêques dans la religion catholique, mais s’emploie essentiellement pour désigner le premier d’entre eux, le souverain pontife ou le pontife romain, le pape.

 

Reprise pronominale du sujet exprimé dans l’interrogation (combien d’auteurs sont-ils sélectionnés ?)

Le 04 décembre 2014

Emplois fautifs

Quand une interrogative partielle commence par un pronom interrogatif sujet ou par un déterminant interrogatif, il est de meilleure langue de ne pas reprendre ce sujet par un pronom personnel, même si cette construction se trouve sous la plume de grands auteurs. On se souviendra donc que l’on dira plutôt Combien d’auteurs sont sélectionnés ? que Combien d’auteurs sont-ils sélectionnés ? Il convient de rappeler que cette reprise est en revanche incorrecte dans l’interrogative indirecte : on ne dira donc pas Dites-nous combien d’argent Pierre veut-il mais Dites-nous combien d’argent Pierre veut. Enfin, on se gardera particulièrement d’utiliser la reprise pronominale quand le verbe de l’interrogative est un infinitif précédé d’un modalisateur comme pouvoir ou vouloir, l’ajout de ce pronom de reprise changeant parfois le sens de la phrase : il ne faut pas confondre Combien d’enfants veulent manger ? et Combien d’enfants veulent-ils manger ?

 

En stand by

Le 04 décembre 2014

Néologismes & anglicismes

La locution anglaise to stand by a, parmi de nombreux autres sens, celui d’« être prêt », de « rester là ». On en a tiré le monstre linguistique en stand by, le plus souvent employé comme attribut d’un complément d’objet dépendant du verbe mettre. Les compléments d’objet de la locution verbale mettre en stand by sont tantôt des personnes, tantôt des appareils électriques. Mais dans ces différentes situations, la langue française a des expressions de même sens et depuis longtemps usitées qu’il serait dommage de ne pas continuer à employer.

 

On dit

On ne dit pas

Je vous mets en attente

Je vous prie de bien vouloir patienter

J’attends, je patiente

Mettre, laisser un appareil en veilleuse

Je vous mets en stand by

 

Je suis en stand by

Mettre, laisser un appareil en stand by

 

LOL

Le 04 décembre 2014

Néologismes & anglicismes

Cet acronyme pour (I am) laughing out loud, « je ris à haute voix, j’éclate de rire », s’est fortement répandu ces dernières années. Il est parfois traduit par le sigle MDR, « mort de rire ». On préfèrera donner une version développée de cette abréviation en constatant que ce qui touche au rire use fréquemment de l’hyperbole, ce qui nous permet de choisir entre des formes aussi variées que mourir, s’étouffer, s’étrangler, hurler de rire, mais aussi, de manière plus familière, crouler, crever et être plié, se tordre de rire ou encore, avec un ton un peu désuet, se pâmer de rire.

C’est culte

Le 04 décembre 2014

Extensions de sens abusives

C’est culte

Le nom culte a d’abord désigné un hommage que l’on rend au divin par des rituels religieux et la piété qu’on manifeste à l’égard du sacré. Il a ensuite désigné l’ensemble des cérémonies et des rites établis par une religion et, par affaiblissement, la vénération presque sacrée pour quelqu’un ou pour quelque chose. Il s’emploie désormais en apposition pour montrer que telle personne, tel spectacle ou tel objet a des zélateurs qui lui vouent une admiration presque religieuse parce que, pense-t-on, il constitue une référence qu’on ne saurait ignorer. On parle ainsi d’auteur culte, de livre culte, de films culte. Si ce type de construction, qui relève le plus souvent de l’emphase, est accepté, on se gardera bien de faire de culte un attribut dans des expressions comme c’est culte, cette émission est devenue culte. L’hyperbole peut facilement être exprimée en français sans qu’il soit besoin de recourir à ce type de barbarisme.

On dit

On ne dit pas

C’est la référence

C’est ce qui se fait de mieux dans ce domaine

Il est la perfection incarnée

C’est culte

C’est culte

 

Il est culte

 

Motivé pour enthousiaste

Le 04 décembre 2014

Extensions de sens abusives

L’adjectif motivé a d’abord été employé en droit pour signifier « dont on donne les motifs ; justifié ». Il a connu ensuite une grande fortune dans la langue de la psychopédagogie et dans le monde du travail avec le sens de « qui a des motivations, qui est prêt à faire les efforts nécessaires pour réussir ». On se gardera de confondre cet adjectif avec enthousiaste, « qui a un goût très vif, qui est plein d’ardeur », dont le sens et la construction sont différents.

 

Fabre et le forgeron

Le 04 décembre 2014

Bonheurs & surprises

Les langues sont essentiellement affaire d’héritage. Il en va de tous les mots, y compris des noms de famille. L’origine de ces derniers se répartit en quelques grandes catégories. Le nom peut être lié à un repère géographique, précédé ordinairement de du ou de la, ce qui explique la multiplication des Dupont, Dubois, Delahaye, Delaville, Duchemin, Deschamps et autres Desgranges, à la région, au pays d’où est supposé venir tel ou tel, de là les nombreux Lenormand, Lebreton, Langlais, Picard ou Pagnol, abréviation de (L)espagnol. Il peut aussi être lié à une caractéristique physique ou morale : dans ce cas le nom, surtout s’il est monosyllabique, est généralement précédé de l’article défini ; c’est l’origine des Leroux, Lebrun, Legrand, (Le)petit, Clément, Léveillé, Lesage, etc. Mais le plus souvent, on désignait telle ou telle personne par la profession qu’elle exerçait et ce patronyme se transmettait à ses descendants, quand bien même ils n’exerçaient pas le même métier ; cet usage nous renseigne sur les métiers les plus pratiqués au XIIe siècle, quand commencent à se fixer les noms de famille. Si Forgeron est très peu répandu, sans être inexistant, c’est parce que ce mot n’apparaît qu’au milieu du XIVe siècle, alors que des formes d’ancien français de même sens, issues du latin faber sont très nombreuses, parmi lesquelles, Fabre, Favre, Fèvre, Febvre, Faure, Fauré et autres Lefébure. C’est sans doute le métier le plus productif en patronymes dans le monde entier, puisqu’il est aussi à l’origine des Fabri italiens, des Le Goff bretons, des Schmidt allemands, des Smith anglais, des Kowalski polonais, des Haddad arabes et des Herrero espagnols.

D’autre part, dans plusieurs langues sémitiques, en araméen en particulier, forgeron se dit caïn. On lit d’ailleurs dans la Genèse : « De son côté Çilla enfanta Tubal-Caïn : il fut l’ancêtre de tous les forgerons en fer et en cuivre. »

Victor Hugo s’en est souvenu, qui écrit dans La Conscience : « Alors Tubalcaïn, père des forgerons / Construisit une ville énorme et surhumaine. »

Tubal-Caïn est généralement considéré comme formé à l’aide de Tubal, une région riche en minerai, et de caïn, « forgeron ».

On ne s’étonnera pas de cette formidable prolifération. Les arts du feu et du métal ont toujours été très importants pour les hommes. Il n’est pour s’en souvenir que de se rappeler que l’histoire de l’humanité est jalonnée par l’acquisition de la maîtrise de tel ou tel métal, et que les hommes ont fait de grands progrès quand aux différents âges de pierre ont succédé ceux du bronze et du fer.

Forgeron était un métier difficile qui demandait une longue pratique pour être convenablement exercé ; la nécessité de cette longue pratique pour maîtriser cet art était devenue dès l’Antiquité emblématique d’un savoir que l’on n’acquérait qu’au terme de nombreuses années ; les latins en avaient d’ailleurs fait un proverbe, fabricando fit faber, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron », que Queneau parodia avec son « c’est en écrivant qu’on devient écriveron ».

Dans toutes les civilisations, les forgerons ont été mis en rapport avec les dieux de l’orage, puisque de leur forge jaillissaient des étincelles semblables aux éclairs, venaient des bruits semblables au tonnerre. Vulcain chez les Romains et Héphaïstos chez les Grecs sont des dieux essentiels. Ce dernier en particulier est souvent présenté comme un magicien et il est aussi celui qui donne naissance à Athéna, en fendant d’un coup de hache la tête de Zeus, grosse de la déesse de l’intelligence.

Cette habileté a vite été transposée dans d’autres domaines. Le forgeron a été présenté comme une incarnation du poète démiurge, par opposition au poète inspiré. C’est ainsi qu’au sujet du troubadour Arnaud Daniel, un troubadour du XIIe siècle qu’il tenait en haute estime, Dante a écrit : Fabbro del parlar materno, « forgeron du parler maternel ». Cette image s’est maintenue dans la langue avec des formes comme : forger une expression, forger des mots nouveaux, forger des métaphores.

Pour conclure, si l’on voulait vérifier que la profession de forgeron a été un grand pourvoyeur de patronymes, il ne serait que de prendre un échantillon comme celui des académiciens français. C’est la profession la mieux représentée, puisque dans cette liste on trouve un Favre, un Faure, un Dufaure (le fils du forgeron) et un Le Goffic, tous noms, on l’a vu plus haut, signifiant « forgeron ».

 

Riche, pauvre

Le 04 décembre 2014

Bonheurs & surprises

Bien que stricts antonymes, les adjectifs pauvre et riche sont d’origine différente. Pauvre vient du latin tandis que riche vient du germanique. Pauvre est issu du latin pauper, composé à l’aide de paucus, « peu », et parere, « enfanter ». Pauper s’est d’abord appliqué à du bétail ou à des terres qui produisaient peu, ce qui n’est guère étonnant dans un monde où la richesse venait de la culture et de l’élevage, et où le nom qui désigne l’argent, pecunia, à l’origine de nos formes pécule et pécuniaire, est dérivé de pecus, « bétail »

Riche s’est imposé par l’intermédiaire de formes latines tardives richus et ricus, et a supplanté la forme classique dives, que l’on rattachait à divus, « dieu », parce que, selon la formule de Varron : « Le riche, comme un dieu, semble ne manquer de rien. » La racine germanique rik-, d’où est tiré riche, signifiait avant tout « puissant » (c’est encore ce sens qui est à l’origine du prénom Richard), et ce n’est que peu à peu que l’idée de richesse va s’imposer. En latin médiéval, richi homines ne désigne pas des hommes riches, mais les grands du royaume.

Riche et pauvre se construisent absolument ou à l’aide de diverses prépositions qui permettent d’introduire des nuances. Riche en signifie « qui contient, qui renferme beaucoup de » : Une région riche en forêts, une eau riche en fer. On trouve naturellement la même construction avec pauvre : Une terre pauvre en azote, un plat pauvre en protéines.

Avec la préposition à on indique une direction, un mouvement pour indiquer ce vers quoi tend une fortune ou ce qu’elle a atteint : il est riche à millions. On ne rencontre évidemment pas ce type de construction avec pauvre, mais ces deux adjectifs peuvent être suivis de la préposition à et d’un infinitif : on sera d’un côté pauvre à mourir de faim et de l’autre riche à jeter l’argent par les fenêtres.

Riche de indique la source de la fortune, que celle-ci soit concrète, riche des millions que lui a légués son père, ou abstraite, une vie riche d’expériences. Pauvre de ne se rencontre guère en ce sens. En revanche on retrouve cette construction dans des tournures appositives, comme pauvre de lui. Dans ce cas, pauvre traduit moins le manque que le malheur. Cette tournure ne vient d’ailleurs pas du latin pauper, mais du Me miserum, « infortuné que je suis ». On notera avec amusement que l’équivalent néerlandais de « pauvre de moi », Wacharme, est à l’origine du nom français vacarme. Si l’on trouve sous la plume de Brassens pauvre de moi (qu’il fait rimer avec putain de toi), on trouve, à l’inverse, sous celle de Marcel Aymé, l’exclamation « Salauds de pauvres ! », dans La Traversée de Paris, exclamation dans laquelle pauvre n’est plus un adjectif mais un nom.

En effet, pauvre et riche peuvent aussi être des substantifs. On rencontre souvent cet emploi dans des textes religieux, depuis le « Bienheureux les pauvres en esprit » des Béatitudes au Sermon sur l’éminente dignité des pauvres de Bossuet. On trouve dans les Évangiles (Marc, 10, 25) : « Il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »

Pauvre s’emploie aussi avec une valeur exclamative, le pauvre ! se rencontre en particulier en Provence et il n’est guère éloigné du « Pauvre Tartuffe » de Molière. On l’utilisait également pour parler d’une personne récemment disparue : Ce pauvre monsieur X vient de nous quitter…

Notons, pour conclure, que, comme de nombreux adjectifs, pauvre prend son sens propre quand il est postposé, et un sens figuré quand il est antéposé. Le poète satirique Linière ne disait-il pas, voyant passer les académiciens Chapelain et Patru : « Voici un pauvre auteur et un auteur pauvre » ?