Dire, ne pas dire

Dire, ne pas dire

Les anglicismes furtifs

Le 02 avril 2015

Bloc-notes

edwards_portrait_223.jpgOn sait qu’il pleut beaucoup en Angleterre, et qu’en France il pleut beaucoup d’anglicismes. On les refuse, ou on les utilise par paresse ou snobisme, ou faute de mieux, mais au moins on les reconnaît. Il existe aussi des anglicismes furtifs, bien plus dangereux puisqu’ils échappent aux radars.

Exemple : « Il parle français avec un accent définitivement italien. » L’auteur ne voulait pas dire que ce malheureux étranger ne se déferait jamais de son accent, l’ayant dans la bouche « d’une manière définitive », pour toujours, mais que son accent était sans aucun doute, très nettement, italien. Il donnait au mot définitivement (en anglais : definitively), le sens du mot anglais definitely, qui avait dû pénétrer dans sa mémoire.

Autre exemple, entendu à la radio : « Ce projet est clairement insensé. » Un anglophone perçoit aussitôt l’anglicisme qui s’y est glissé : « This project is clearly insane. » L’adverbe clairement signifie « d’une manière claire, distincte » et « d’une manière intelligible ; sans équivoque », alors que clearly a aussi pour sens « évidemment, manifestement ». Il aurait fallu un de ces deux mots-là.

Une langue ne vit qu’en évoluant. Les mots acquièrent progressivement des sens supplémentaires. À urbaniser, qui signifiait au xviiie siècle « donner des manières urbaines, courtoises », le xixe ajouta : « transformer un espace géographique en zone urbaine ». (C’est étonnant, on voit toute une civilisation qui bascule !) Il se peut que des sens d’origine anglaise enrichissent actuellement certains mots français, mais veillons à ce qu’il en soit toujours ainsi, en adoptant, en connaissance de cause, de nouveaux sens utiles.

Autres présences furtives : les formes syntaxiques anglaises, parfois plus relâchées – ou plus souples, tout dépend du point de vue – qu’en français. On entend des phrases comme : « Peut-être il voulait me voir », qui serait inconsciemment calquée sur : « Perhaps he wanted to see me. » La simplification est particulièrement regrettable quand on considère l’élégance de la forme correcte : « Peut-être voulait-il me voir », un des délices de la langue française pour l’étranger qui en fait l’apprentissage. Le remplacement, dans le langage parlé, du verbe au futur par aller plus l’infinitif : « Nous allons partir demain », « Il va chanter », viendrait-il lui aussi de l’exposition prolongée à l’anglais ? En anglais, le futur, qui manque en tant que forme indépendante, se construit avec les auxiliaires shall et will (« We shall leave tomorrow ») ou même avec la forme progressive du verbe to go (« He is going to sing »), et peut faire oublier aux Français la concision de « Nous partirons », « Il chantera », voire l’existence même de ce temps du verbe.

La déviation des sens et l’appauvrissement de la syntaxe s’accompagnent d’une d’une déformation des sons. Le s dans héroïsme, humanisme – anglicisme –, est souvent sonorisé (devient z à l’oreille) comme dans les mots anglais correspondants, entendus dans tous les médias. Le plus fâcheux, c’est le déplacement de l’accent d’intensité sur la première syllabe des mots, en imitation machinale de l’anglais, où beaucoup de mots commencent ainsi. On rencontre sans cesse des phrases comme : « Le gouvernement va former le système pénal », « Il est partisan de l’Europe des nations. » L’accentuation uniforme du français, où l’accent tombe sur la dernière syllabe à voyelle prononcée du mot et, dans la phrase, à la fin de chaque groupe de mots, permet, en déplaçant volontairement l’accent, de donner au mot choisi un relief particulier : « La mise en scène était parfaite », « Faire ce que vous me demandez est impossible. » Surtout, la régularité simple crée le rythme du français ; l’ébranler a des conséquences graves. Pour s’en rendre compte, il suffit de changer l’accentuation en poésie. Baudelaire devient insupportablement prosaïque : « Traversant de Paris le fourmillant tableau », et l’Hermione d’Andromaque une mégère : « Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fait fidèle ? » Il suffit également de remettre les accents à leur place pour saisir et apprécier la cadence propre à la langue française.

Toutes ces formes d’anglicismes sont furtives selon l’étymologie du mot, qui renvoie au latin furtivus, « dérobé, volé, secret », à furtum, « vol », à fur, « voleur ». Ils volent subrepticement aux Français la sensibilité à leur propre langue, avec d’autant moins de difficulté que ceux-ci en perdent de toute façon la maîtrise, en percevant mal le sens des mots, la syntaxe, et même les sons (on ne distingue plus « je parlai » de « je parlais » ; dans « un vin », les deux voyelles nasales ne sont plus différenciées). Voilà le vrai problème, plus inquiétant encore que l’infiltration des anglicismes. Il faut, dès l’école, apprendre une langue que l’on croit connaître du fait de la parler, mais qui ne révèle ses lois, ses libertés, son chant, sa manière de nommer le réel et de sonder le moi, qu’à l’étude.

 

Sir Michael Edwards
de l’Académie française

Au cas où tu seras

Le 02 avril 2015

Emplois fautifs

Les locutions conjonctives au cas où et dans le cas où, qui introduisent une proposition subordonnée hypothétique, se sont largement substituées aux formes littéraires et vieillissantes, mais cependant toujours correctes, en cas que, au cas que. Ces dernières introduisent un verbe au subjonctif : En cas qu’il vienne, tenez-vous prêts. Au cas où et dans le cas où, bien qu’ayant le même sens, commandent, elles, le conditionnel : on veillera donc à ne les faire suivre ni d’un verbe au subjonctif ni d’un verbe à l’indicatif, fût-ce un indicatif futur.

on dit

on ne dit pas

Au cas où une complication se produirait, appelez-moi

Au cas où tu serais malade…

Au cas où une complication se produise, appelez-moi

Au cas où tu seras malade…

 

Dénoter pour détonner

Le 02 avril 2015

Emplois fautifs

Ces deux verbes sont proches par la forme, mais ils diffèrent par le sens et la construction. Dénoter est transitif direct et signifie « révéler, indiquer telle ou telle caractéristique », alors que détonner est intransitif et signifie « ne pas s’accorder avec ce qui est autour de soi, produire un contraste désagréable ». Si la faute qui consiste à employer détonner à la place de dénoter est peu fréquente, on entend malheureusement de plus en plus l’erreur inverse (sa tenue dénote au lieu de détonne), erreur qui s’explique sans doute parce qu’on associe dénote et fausse note, mais dont il convient cependant de se garder.

on dit

on ne dit pas

Ses propos détonnent en ce lieu

Ses propos dénotent en ce lieu

 

Ajoutons pour conclure que l’on se gardera également de confondre ces verbes avec le verbe détoner, qui signifie « exploser ».

Emprunt, Empreint

Le 02 avril 2015

Emplois fautifs

Dans le monde vivant, nombre d’espèces sont menacées d’extinction ; de même y a-t-il dans notre langue un son qui risque de disparaître. On tend aujourd’hui à ne plus prononcer le digramme un comme il se doit, mais à le prononcer comme le digramme in : la distinction entre brun et brin se fait de moins en moins nette, et ceux qui ne l’ont pas entendue ne pourront évidemment pas la reproduire. Cette perte de nuance dans la prononciation entraîne aussi des fautes d’orthographe : les formes emprunt et empreint, qui ne sont pas homophones,

sont de plus en plus confondues à l’oral, et le sont également, désormais, à l’écrit. On rappellera qu’empreint, participe passé d’empreindre, et emprunt, déverbal d’emprunter, ont des sens radicalement différents.

on dit et on écrit

on ne dit pas et on n’écrit pas

Un visage empreint de tristesse

Il a emprunté les vêtements de son frère

Un visage emprunt de tristesse

Il a empreinté les vêtements de son frère

 

Suspecter pour soupçonner

Le 02 avril 2015

Emplois fautifs

Dans certains cas, les verbes suspecter et soupçonner peuvent être employés l’un pour l’autre, ce qui n’est guère étonnant puisqu’ils remontent à deux verbes latins qui étaient synonymes. Suspecter est en effet emprunté du verbe suspectare, « regarder en l’air », puis « suspecter, soupçonner », qui est le fréquentatif de suspicere, « regarder de bas en haut », puis « suspecter, soupçonner », verbe dont est issu soupçonner. Suspecter et soupçonner peuvent s’employer l’un et l’autre pour parler de quelque crime ou délit : on dira ainsi indifféremment on le suspecte ou on le soupçonne du crime. Mais quand le fait évoqué n’est en rien répréhensible, seul le verbe soupçonner sera bienvenu.

on dit

on ne dit pas

Je la soupçonne d’avoir un faible pour Dominique

Je la suspecte d’avoir un faible pour Dominique

 

Matcher

Le 02 avril 2015

Néologismes & anglicismes

Le substantif anglais match et le verbe correspondant to match peuvent traduire une idée d’affront, de rivalité, de compétition (c’est en ce sens que le substantif est entré dans la langue française), mais ils peuvent aussi évoquer une idée d’harmonie. Ainsi to be a good match signifie « aller bien ensemble », et to match well, « être bien assortis, faire la paire ». Comme on le voit, le français dispose de nombreux mots et expressions pour rendre compte de cette idée. On évitera donc d’employer l’anglicisme matcher en lieu et place d’« aller bien ensemble », quand bien même matcher se serait déjà rencontré en France au début du siècle dernier aux sens de « disputer un match » et d’« affronter un adversaire ».

Opérer au sens d’Exploiter

Le 02 avril 2015

Néologismes & anglicismes

Le verbe opérer est emprunté du latin operari, « travailler, s’occuper de ». Il signifie « accomplir, réaliser, produire » et aussi, spécialement, « pratiquer une intervention chirurgicale ». On se gardera bien d’ajouter à ces sens ceux de « gérer, diriger, exploiter », qui appartiennent à l’anglais des États-Unis to operate… On ne dira donc pas Les vols intérieurs seront opérés par… mais Les vols intérieurs seront assurés par…

Adhésion pour Adhérence

Le 02 avril 2015

Extensions de sens abusives

Adhésion et adhérence ont la même origine : ils remontent tous deux au latin adhaerere, « être attaché à », verbe de la même famille que le substantif hedera, dont est issu le français lierre, cette plante grimpante munie de petits crampons qui lui permettent de se fixer solidement sur les troncs, les murs, etc. Les sens de ces deux substantifs sont néanmoins distincts : adhésion concerne les personnes et désigne le fait d’adhérer à un groupe, à une organisation ou, par extension, d’approuver telle ou telle idée, alors qu’adhérence concerne les choses et désigne la liaison étroite entre deux corps solides.

on dit

on ne dit pas

Emporter l’adhésion

Donner son adhésion à un projet

Ce pneu n’a qu’une faible adhérence au sol

Emporter l’adhérence

Donner son adhérence à un projet

Ce pneu n’a qu’une faible adhésion au sol

 

Conjecture pour Conjoncture

Le 02 avril 2015

Extensions de sens abusives

Ces deux paronymes, qui ne diffèrent que d’un phonème, sont souvent confondus à l’oral, alors que leurs sens diffèrent grandement : une conjecture est une opinion, un jugement, une supposition que l’on fonde sur des réalités ou des apparences, alors que la conjoncture désigne l’état, la situation résultant de circonstances diverses. On évitera donc la faute que l’on entend de plus en plus souvent, qui consiste à employer ces deux termes l’un pour l’autre.

on dit

on ne dit pas

Se perdre en conjectures

Bénéficier d’une conjoncture économique favorable

Se perdre en conjonctures

Bénéficier d’une conjecture économique favorable

 

 

L’aubaine, l’aubain, le forain et le horsain

Le 02 avril 2015

Bonheurs & surprises

Aubaine appartient aujourd’hui à la langue courante et désigne une heureuse fortune, un avantage inespéré. Mais ce nom était à l’origine un terme juridique. Il s’est en effet d’abord rencontré dans l’expression droit d’aubaine, droit qui faisait du roi l’héritier des étrangers venant à mourir sur son territoire. Ces étrangers s’appelaient des aubains. L’origine de ce mot n’est pas assurée et a donné lieu à de nombreuses hypothèses. Dans son Thresor de la langue françoyse, Jean Nicot le rattache au verbe Auber : « Mot qui signifie bouger d’un lieu à un autre. Et parce que de tels adventifs [étrangers] ne peuvent jouyr des droits et advantages des naturels du pays où ils fichent leur bourdon sans estre naturalisez, et que leurs biens tombent au fisc apres leur decez, pour cette cause on dit Aubain. »

On notera avec plaisir qu’à une époque, peut-être moins pessimiste que la nôtre, ficher le bourdon n’était pas l’équivalent de notre expression familière « donner le cafard », mais signifiait « s’installer en quelque pays ». L’expression ficher le bourdon est empruntée au monde des pèlerinages. C’est encore Nicot qui nous en donne l’origine : « Ficher bourdon, pour arrester sa demeure parce que les pelerins s’arrestans en quelque lieu doivent ficher en terre leurs bourdons et non pas le mettre de couche ; pour donner à entendre que la devotion qui les a fait entrer en ces terres saintes est toujours en eux en estat et en vigueur, et que pour icelle maintenir ils sont prests à soustenir tout effort à ce contraire. Ainsi par métaphore on dit, un homme avoir fiché bourdon en quelque ville, quand il y a esleu et estably sa perpetuelle demeure. »

Du Cange, dans son Dictionnaire du latin médiéval, rattache Aubain à Albanie, non pas l’État d’Europe centrale surnommé « le pays des aigles », mais une région du Nord de l’Écosse encore appelée Braid-Albain, qui vit, dès le Moyen Âge, un grand nombre de ses enfants  s’exiler pour chercher dans quelque autre terre une vie meilleure.

Aubain, qui, nous apprend la première édition du Dictionnaire de l’Académie française, n’était « en usage que dans les Ordonnances et dans le Palais », a naturellement intéressé les juristes. Jacques Cujas, au xvie siècle, le faisait venir du latin advena, « étranger », alors que son disciple Antoine Loysel le pensait issu de alibi natus, « né ailleurs ». On s’accorde aujourd’hui à penser que ce terme est issu du francique alibani, « qui dépend d’un autre ban, d’une autre juridiction », lui-même venant de ban, « territoire soumis à la juridiction d’un souverain », nom également à l’origine de notre banlieue, cette dernière désignant le territoire s’étendant à une lieue autour de la ville et sur lequel le seigneur exerçait son ban, sa juridiction.

Aubain n’est pas le seul nom désignant un étranger. C’est aussi le cas de forain, mot issu du latin foranus, « étranger », et c’est d’ailleurs le sens qu’il a lorsqu’il apparaît en français au xiie siècle. Mais, à partir du xive siècle, il va être concurrencé par étranger, et comme les marchands forains allaient de foire en foire, on a cru, à tort, que forain – alors que les mots anglais qui en sont issus, foreign et foreigner, ont bien conservé ce sens d’« étranger » – était dérivé de foire. L’adjectif foranus est lui-même dérivé de foris, « dehors », forme que l’on rattache à fores, mais aussi au grec thura, à l’anglais door et à l’allemand Tür, tous mots signifiant « porte ». C’est de foris que vont être tirées, plus ou moins directement, nos prépositions fors et hors. De cette dernière est dérivé, sur le modèle de forain, le nom horsain, qui désigne, en pays cauchois, celui qui n’est pas né dans la région, voire dans le village, et qui, comme l’a montré le père Alexandre dans son livre justement intitulé Le Horsain, semble condamné à devoir conserver à jamais son statut d’étranger.

 

Rodomonts, matamores et sacripants

Le 02 avril 2015

Bonheurs & surprises

Avant d’être des noms communs rodomont et matamore ont été les noms de héros littéraires. Rodomont vient de Rodomonte, proprement « ronge-montagne », personnage du Roland furieux que l’Arioste avait emprunté au Roland amoureux de Boiardo. Le Rodomonte de Boiardo est un roi d’Alger, brave et belliqueux, mais altier et insolent, une série de traits que lui conserva l’Arioste. Ainsi, il n’hésite pas à affronter une terrible tempête et à défier les flots déchaînés :

« Souffle vent, disais-je, si tu sais souffler ; car je veux traverser cette nuit en dépit de toi. Je ne suis ni ton vassal, ni celui de la mer pour que vous puissiez me retenir ici à votre disposition. »

Et Rodomonte fera la traversée, quitte à y perdre, et ce fut ce qui arriva, toute sa flotte.

Moins de cinquante ans après le décès de l’Arioste, rodomont devenait, en français, un nom commun désignant un fanfaron, un fier-à-bras, alors que, jusqu’à la fin du xvie siècle, les noms rodomont et rodomontade n’étaient pas dévalorisants. C’est à cette époque que Brantôme écrit ses Discours d’aucunes rodomontades et gentilles rencontres et paroles espagnoles. Ce livre, qui met en scène des conquistadors, les présente sous un jour favorable, « d’autant qu’il faut confesser », ajoute l’auteur « [que] la nation espaignolle [est] brave, bravache et valleureuse, et fort prompte d’esprit et de belles parolles profférées à l’improviste ».

Une dizaine d’années plus tard, les Espagnols ne sont plus perçus comme de courageux guerriers, mais comme des fanfarons : c’est, en tout cas, le portrait qu’en fait en 1607 Nicolas Baudouin dans ses Rodomontades espagnoles. Colligées des Commentaires de tres-espouvantables, terribles et invincibles Capitaines, Matamores, Crocodilles et Rojabroqueles, (ce dernier nom signifiant proprement « boucliers rouges »).

Ce livre aura un grand succès, puisqu’il connaîtra une vingtaine de rééditions, traductions ou adaptations dans le même siècle. Le préfacier essaiera de voiler un peu ses attaques en écrivant : « Vous ne trouverez aucune chose sinon quelques risees honnestes, sans faire tort ou injure à aucune creature, ny mesme aux Espagnols, le nom desquels est icy un nom emprunté », mais le livre fera que les rodomontades deviendront, pour les Français, emblématiques du caractère espagnol. Ils seront aidés en cela par le nom matamore, qui, lui, est d’origine espagnole. Il est en effet emprunté de Matamoros, proprement « le tueur de Maures », et désigne un faux brave qui ne cesse de chanter ses exploits et fuit au moindre danger. Ce Matamore va vite devenir un personnage de comédie dont Corneille fixera définitivement les traits dans L’Illusion comique.

Il s’agit là d’un type humain universel, hâbleur et vantard, dont Plaute avait déjà fait le sujet d’une de ses pièces, le Miles gloriosus, « Le Soldat fanfaron ».

Notons pour conclure que rodomont n’est pas le seul nom tiré des œuvres de Boiardo et de l’Arioste, puisque notre sacripant nous vient aussi d’un de leurs personnages, Sacripante, un valeureux et courageux roi de Circassie, qui, en passant de nom propre italien à nom commun français, va devenir un mauvais sujet ou un séducteur compulsif. Ne lit-on pas dans Rocambole, de Ponson du Terrail : « Un vaurien, un sacripant qui se moque de la vertu des femmes, de l’honneur des maris » ?