Dire, ne pas dire

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La mémoire des mots

Le 04 juin 2015

Bloc-notes

edwards_portrait_223.jpgComme notre cerveau est plus intelligent que nous, notre langue se souvient de ce que nous oublions. La vie des mots est longue et variée et leur mémoire, tenace. Leurs origines (comme celles des formes syntaxiques) nous offrent des mondes perdus, à condition, cependant, de les entendre. Il semblerait que les Français, parlant une langue romane relativement homogène, soient peu conscients de l’histoire de la géographie diverses des mots, et ainsi peu prompts à évoquer le passé par celui des vocables et à jouer sur les différences entre les étymologies.

Plus des quatre cinquièmes des mots français viennent en effet du latin, mais il suffit d’ouvrir un dictionnaire à presque n’importe quelle page pour s’étonner du patchwork coloré de la langue. Ce qui suggère deux sujets de réflexion. Au lieu de noter passivement qu’algèbre vient de l’arabe, banane du bantou, chocolat du nahuatl, kiosque du turc, paréo du tahitien ou parka de l’inuit, nous pouvons observer que les langues se parlent entre elles (tels les mots d’un poème) et qu’elles ont besoin les unes des autres. Même si le nomadisme des mots ne diminue pas l’incompréhension créée par la multiplicité des langues, ces petites lumières de l’ailleurs s’allumant de temps à autre dans une conversation ou un texte en français nous invitent à accueillir l’autre et à aller vers lui et constituent un très modeste anti-Babel. Le voyage de pyjama est typique et réjouissant : il passe par le persan, l’hindi et l’anglais avant de s’intégrer dans le français. La biographie des mots est souvent un récit d’aventures – ou, moins agréablement, un récit de conquête.

Il convient avant tout d’être sensible à la présence dans le français moderne (à côté des Romains et des Grecs) des Gaulois et des Francs. Les Gaulois interviennent dans la vie de tous les jours dès qu’il s’agit d’exercer notre gosier, de marquer une charpente, de signaler un truand, ou simplement de craindre, de bercer, de briser, de changer. Ils nous attendent à la campagne dans l’alouette, le mouton, le bouc, dans la bruyère, le chêne, le sapin. Nous marchons sur leurs traces en suivant un chemin, en passant sur un arpent, un talus, une dune, en pataugeant dans la boue jusqu’à un quai. Nous nous promenons en Gaule grâce à quelques milliers de noms de lieux qui ont survécu, des Cévennes et des Vosges au Morvan, de l’Oise et la Marne à la Seine, de Bordeaux et Lyon à Paris.

Les Francs nous accompagnent également dans notre quotidien, en nous environnant de bleu, de gris, de blanc, en qualifiant quelqu’un de riche ou de hardi, en désignant un garçon ou, à la place d’un truand, un félon, en pénétrant dans notre orgueil ou notre honte, en nous permettant de haïr, de haranguer, de ricaner. La campagne, qui parle parfois gaulois, parle aussi francique, dans épervier, troupeau, frelon, hêtre, houx. Sans oublier maréchal ou trop, la France et les Français.

La présence de tels mots, et de beaucoup d’autres puisés aux mêmes sources, importe-t-elle vraiment, vu l’essentielle latinité du français ? Ou le fait que la numération par vingt (quatre-vingts) vient des Gaulois, le préfixe mé- (méfiance, méchant, mépriser), des Francs ? La collaboration de ces deux langues dans la formation du français nous rappelle que nous ne parlons pas une langue pure, et devrait nous inciter à chercher, en vue du bien-être, de l’évolution et de l’enrichissement de langue, autre chose qu’une pureté inhospitalière et de toute façon chimérique. Surtout, les origines des mots sont aussi nos origines. Négliger des régions du passé nous prive des parties correspondantes de nous-mêmes. Les Gaulois précèdent des Romains sur le territoire national ; ils constituent l’être le plus reculé des Français. Les cent cinquante mots courants et les noms de lieux qu’ils ont transmis donnent accès, pour l’esprit comme pour l’émotion, à un lointain passé encore vivant dans ce qu’ils nomment. Les Francs viennent d’ailleurs et apportent un tout autre idiome indo-européen. Leurs quelques cinq cents mots encore existants ouvrent une petite fenêtre, dans le latin évolué qu’est le français, sur la grande aire des peuples et des parlers germaniques, et encouragent à reconnaître l’apport de ces envahisseurs dans l’expérience même d’être français.

Il faudrait continuer de réfléchir sur la France bilingue entre le Ve et le Xe siècle, suivant l’arrivée des Francs, et sur la recommandation du synode de Tours (813) de prêcher, non pas en latin, mais en langue romane ou « tudesque ». Sur le fait que les Serments de Strasbourg (842), qui marquent la naissance du français, sont rédigés en roman et en francique, et que la Séquence de sainte Eulalie (vers 880), première attestation littéraire du roman, se trouve dans un recueil où apparaît également un poème en francique. On pourrait noter la présence dans la France actuelle d’une version de cette langue, en Lorraine, et de plusieurs autres langues germaniques, comme, dans le français moderne, de beaucoup de mots venus de dialectes germaniques, ou du vieux scandinave des Normands, du hollandais, – et même du vieil anglais. Le monde germanique est actif dans la langue française, et lui donne une autre dimension. Nous passons entre le germanique et le latin, entre le Nord et le Sud, en disant tout simplement guerre et paix, le bouton de la rose ou, avec Pascal, un roseau pensant.

 

Sir Michael Edwards
de l’Académie française

Assis-toi

Le 04 juin 2015

Emplois fautifs

Est-ce parce que, comme le dit le proverbe, on ne prête qu’aux riches, que le verbe s’asseoir - un cas exceptionnel dans la grammaire puisque, ses formes étant doubles, il compte deux impératifs : assois-toi et assieds-toi - se trouve parfois gratifié d’une troisième forme, assis-toi. Assis est une forme de participe passé qui, employée seule, peut avoir une valeur d’impératif quand elle s’oppose, par exemple, à Debout ! À genoux ! Couché ! mais on n’oubliera pas que, dans ces cas, on sous-entend le verbe restez ou mettez-vous. On n’emploiera donc pas plus assis-toi que l’on emploierait couché-toi.

 

on dit

on ne dit pas

Prends une chaise et assieds-toi

 

Assois-toi près de la cheminée

Prends une chaise et assis-toi

 

Assis-toi près de la cheminée

 

Bénéficier à

Le 04 juin 2015

Emplois fautifs

Le verbe bénéficier signifie « tirer profit ou avantage de quelque chose », ce qui implique que le sujet du verbe doit être le bénéficiaire de telle mesure ou de tel avantage, et non la mesure ou l’avantage eux-mêmes. On se gardera donc de faire la faute, malheureusement largement répandue, qui consiste à construire le verbe bénéficier avec pour sujet un inanimé et pour complément un nom introduit par la préposition à, quand bien même cette construction se rencontre avec le verbe « profiter ».

on dit

on ne dit pas

Tous bénéficient de cette mesure ou Une mesure dont tous bénéficient

Un décret au bénéfice des plus démunis

Une mesure qui bénéficie à tous

 

Un décret qui bénéficie aux plus démunis

 

Ce faisant pour Se faisant

Le 04 juin 2015

Emplois fautifs

Les formes ce faisant et se faisant sont homophones mais ne sont pas homographes. Dans la première, le verbe est à la voix active et a pour complément d’objet direct le pronom démonstratif ce ; ce faisant signifie donc « en faisant cela ». Dans la seconde, le verbe est à la voix pronominale et a pour complément d’objet direct le pronom réfléchi se. Se faisant s’emploie pour indiquer qu’une action est en train de se dérouler, alors que ce faisant est une locution figée qui équivaut à « pour cette raison », le pronom ce reprenant un fait évoqué précédemment. Se souvenir de ces différences de sens permet d’éviter de confondre ces deux formes, et donc de les écrire correctement.

on écrit

on n’écrit pas

Il s’entraîne avec ardeur et, ce faisant, il obtient de bons résultats

 

La récolte se faisant à la main, il faut beaucoup de personnel

Il s’entraîne avec ardeur et, se faisant, il obtient de bons résultats

 

La récolte ce faisant à la main, il faut beaucoup de personnel

 

Pas que au sens de pas seulement, pas uniquement

Le 04 juin 2015

Emplois fautifs

Que peut être un élément de la locution restrictive ne que et il est alors synonyme de « seulement » : Il n’est pas que bête, il est méchant aussi. Mais contrairement à « seulement » ou « uniquement », on ne peut l’employer en fin de phrase avec un verbe à la forme affirmative. Si l’on peut en effet dire, et écrire, Il est charmant, mais pas uniquement, on se rappellera que la forme il est charmant, mais pas que est une grave incorrection qu’il convient de proscrire.

on dit

on ne dit pas

Il a visité l’Italie, mais pas seulement

 

Il parle allemand, mais pas uniquement

Il a visité l’Italie, mais pas que

 

Il parle allemand, mais pas que

 

 

Light

Le 04 juin 2015

Néologismes & anglicismes

Light, voilà un anglicisme qui semble être plus qu’un signifiant : c’est une promesse. Une promesse de lendemains non pas chantants, mais de lendemains légers, sans gras ni sucre. Ce bonheur annoncé a été un temps cantonné aux rayons crèmerie et boissons gazeuses de nos magasins : on pouvait y acquérir, moyennant quelque monnaie, des yaourts light, des sodas light. Mais à quoi bon un tel bonheur s’il n’eût été universel ? Grâce au ciel, le light a maintenant touché tous les domaines de notre vie, à commencer par les prix, devenus, moyennant pourtant toujours quelque monnaie, eux aussi, light. Et faisons confiance à ceux qui n’ont d’autre but que notre félicité : craignant sans doute que, comme les Sybarites des temps anciens, nous soyons rassasiés de ces voluptés ordinaires, les publicitaires sont allés encore plus loin et, désormais, tout un chacun peut toucher aux rivages fortunés d’un bonheur plus grand encore, celui de l’extra light. Et il faudrait être bien impudent pour croire que de petits prix, voire de tout petits prix pourraient être aussi tentants, aussi alléchants que des prix light, voire extra light, et que les yaourts light ne sont pas plus savoureux que ne le seraient de bien ordinaires yaourts allégés.

 

Futur pour avenir

Le 04 juin 2015

Extensions de sens abusives

L’adjectif futur et la locution adjectivale à venir sont souvent synonymes : Les années futures ou les années à venir, le futur gouvernement ou le gouvernement à venir. Il n’en est pas exactement de même pour les noms futur et avenir. Avenir désigne une époque que connaîtront ceux qui vivent aujourd’hui, alors que futur renvoie à un temps plus lointain, qui appartiendra aux générations qui nous suivront. Employer en ce sens futur pour avenir est un anglicisme qu’il convient de proscrire. De la même manière, on n’emploiera pas le terme futur pour évoquer la situation à venir d’une personne, mais on parlera bien de son avenir.

 

on dit

on ne dit pas

Désormais, à l’avenir, je serai plus prudent

 

Dans le futur, je serai plus prudent

Comme il a réussi son concours, son avenir s’éclaircit

Comme il a réussi son concours, son futur s’éclaircit

 

Ultime pour parfait

Le 04 juin 2015

Extensions de sens abusives

Ultime est emprunté du latin ultimus, un superlatif tiré de la préposition ultra, « au-delà, outre ». Est donc ultime ce qui est le plus éloigné dans le temps ou dans l’espace, et au-delà duquel il n’y a plus que le néant. C’est ainsi que les géographes médiévaux parlaient d’Ultima Thulé pour désigner les terres les plus septentrionales de notre monde, au-delà desquelles pensait-on, il n’y avait rien.

Par extension, ultime qualifie aussi ce qui vient en dernier dans une liste, dans une suite ordonnée, dans une progression. On peut ainsi atteindre le degré ultime du désespoir ou parler du but ultime de tel ou tel individu. En ce sens, ce qui est ultime ne saurait être dépassé, mais on se gardera bien d’étendre l’emploi de cet adjectif jusqu’à en faire un synonyme de « parfait » ou « suprême », sens qui malheureusement tend à se répandre, en particulier dans le domaine des productions humaines. Si l’on peut dire que Bouvard et Pécuchet est l’ultime roman de Flaubert, on ne dira pas, en revanche, que Madame Bovary est le roman ultime, quelque grande que soit l’admiration que l’on ait pour cette œuvre.

 

on dit

on ne dit pas

Être à la recherche du bonheur parfait

 

Ce guide est la référence suprême en matière de vin

Être à la recherche du bonheur ultime

 

Ce guide est la référence ultime en matière de vin

 

L’imparfait du subjonctif

Le 04 juin 2015

Bonheurs & surprises

1901 et 1976 furent des années terribles pour l’imparfait du subjonctif. Le 21 février de la première paraissait un premier Arrêté relatif aux tolérances grammaticales ou orthographiques. On y lisait : « On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l’imparfait dans les propositions subordonnées dépendant des propositions dont le verbe est au conditionnel présent : Il faudrait qu’il vienne ou qu’il vînt. » Le 28 décembre de la seconde paraissait, au Bulletin officiel de l’Éducation nationale, un nouvel arrêté. Il complétait le premier en ajoutant « […] dans les propositions subordonnées dépendant d’une proposition dont le verbe est à un temps du passé : j’avais souhaité qu’il vînt ou qu’il vienne sans tarder ». Il n’était désormais plus nécessaire que nous sussions conjuguer ce temps, que nous l’employassions à bon escient, que nous prissions en compte le temps du verbe de la principale et que nous écrivissions conformément à la concordance des temps. Il suffisait maintenant que l’on sache, que l’on emploie, que l’on prenne et que l’on écrive.

C’était porter un coup bien rude à ce temps, déjà trop souvent moqué pour son élégance un peu désuète et qui semblait un peu gêné de cette protubérance en -sse, -sses, -ssions, -ssiez ou -ssent, protubérance encombrante et un peu similaire au nez formidable de Cyrano. Rostand d’ailleurs ne s’y était pas trompé, qui fait dire à son personnage Il faudrait sur le champ que je me l’amputasse ! Un simple Que je me l’ampute aurait rendu cet appendice moins digne de la fameuse tirade. L’imparfait du subjonctif, c’est le vilain petit canard du conte : moqué parce que dissemblable, il lui faut pour s’épanouir la majestueuse compagnie des cygnes. Cet imparfait, un nom étrange qui paraît désigner quelque être disgracié, n’est, au fond, pas plus un imparfait que le cygne n’est un canard. Retrouver qui l’a engendré, c’est retourner aux sources de son élégance : cet allongement en -sse, -sses, etc. lui vient de son vrai père, le plus-que-parfait du subjonctif latin du type amavissem.

L’imparfait du subjonctif a en effet ce talent rare de donner de l’élégance à tout verbe, quelque trivial que soit ce dernier. Prenons-en un qui soit peu ragoûtant, comme cracher. Il semble bien difficile de lui donner bonne mine. Confions-le au Charles Trénet du Grand Café qui le mettra au subjonctif imparfait, et l’expectoration deviendra presque poétique :

« Par terre on avait mis de la sciure de bois

Pour que les cracheurs crachassent comme il se doit. »

Et ce n’est pas la seule vertu de ce temps. Il a aussi un caractère euphémistique qui lui permet de faire passer pour d’innocentes gamineries les scènes les plus violentes, les actes les plus barbares pour des espiègleries d’enfants de chœur. C’est ce que fait Rabelais quand il raconte la victoire de frère Jean des Entommeures sur les pillards qui détruisaient les vignes de l’abbaye :

« Les petits moinetons coururent au lieu où était frère Jean & lui demandèrent en quoi ils voulaient qu’ils lui aidassent. A quoy répondit qu’ils égorgetassent ceux qui étaient portez par terre. »

Rappelons, pour conclure, cette anecdote, preuve d’attachement à l’imparfait du subjonctif. Au retour d’une séance de l’Académie, Nicolas Beauzée trouva sa femme en galante compagnie. Le séducteur, qui disait à l’épouse infidèle « Quand je vous avertissais, madame, qu’il fallait que je m’en aille », fut repris par l’académicien, auteur d’une Grammaire générale et raisonnée, qui le corrigea ainsi : « Eh, monsieur, dites au moins : Que je m’en allasse ! »

 

Rouler un patin, une pelle, une galoche

Le 04 juin 2015

Bonheurs & surprises

En 1968, on pouvait entendre, dans une chanson de Pierre Perret intitulée Les Baisers :

« Y a dans mon dictionnaire usé / La définition du baiser / […] Braves gens je vais vous dire la mienne / Car un baiser c’est du fuego / […] Et les vieux schnoks de l’Académie / Devaient encore être endormis. »

La lecture de l’édition de 1935 du Dictionnaire de l’Académie française laisse à penser que le plus endormi de tous était peut-être ce chanteur (qui reçut, de l’Académie, au siècle suivant la Grande Médaille de la chanson française). Qu’y lit-on en effet au nom Baiser ? : « action de celui qui baise ». On se reporte donc au verbe homonyme et on y découvre, entre autres trésors : « Deux pains qui se baisent dans le four » et « Il n’avait à son feu que deux pauvres tisons qui se baisaient ». Alors ? N’est-il pas là, le fuego ou, pour parler français, le feu, l’amour de braise, avec ce four et ces tisons ?

On trouve un peu plus loin, dans cette même chanson :

« Le baiser compétition argentin / En dansant roulez un patin […]. »

L’origine de ce patin que l’on roule est incertaine ; on le relie parfois aux mots patiner et patineur. Au sujet de ce dernier, on lit, dans la première édition de notre Dictionnaire : « Celuy qui touche, qui manie indiscrètement les bras & les mains d’une femme ». Scarron se fait un peu ethnologue à ce sujet, qui explique dans Le Roman comique : Les provinciaux […] sont grands patineurs.

À partir de la cinquième édition, la définition s’enrichit d’exemples : C’est un grand patineur, un patineur insupportable. Les patineurs n’ont pas beau jeu avec elle. Apparaît également un autre sens de patineur, « celui qui glisse sur la rivière avec des patins ». Ces deux sens cohabiteront un peu plus d’un siècle mais, sans que l’on sache pourquoi, le patineur libertin s’effacera à partir de la huitième édition.

L’argot nous apprend que l’on roule aussi des pelles, peut-être par analogie entre la forme du plat de la langue et celle de cet outil, mais aussi, de manière plus étrange, que l’on roule des galoches. L’origine de cette expression est des plus obscures mais on se réjouira que le nom de ces chaussures grossières, qui ne se portent plus guère, ait trouvé une forme de seconde vie. De ce double sens ont été tirés les verbes galocher, l’un ayant le sens de « faire du bruit en marchant avec des galoches », l’autre, celui de « donner des baisers goulus ». Et si on peut lire dans la Maternelle de Léon Frapié : « Je n’ai cessé d’entendre taper des pieds. Les petits, excités par le vacarme […] galochaient […] tant qu’ils pouvaient… », gageons qu’aujourd’hui, l’évolution des modes vestimentaires et des mœurs aidant, ce n’est plus avec les pieds que les plus jeunes galochent. Enfin, si le galochier, jadis fabricant de chaussures, et la galochière ont disparu, l’argot nous apprend qu’ils ont été avantageusement remplacés par force galocheurs et galocheuses, dispensateurs et dispensatrices du baiser « langue en bouche » pour reprendre les termes d’un de nos plus éminents confrères en lexicographie.