Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

George S. (Royaume-Uni)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

Quelles sont les bonnes orthographes pour les mots concernant le réseau social Twitter ? Utiliserait-on tout simplement les anglo-saxonismes « un tweet », « un tweeteur », « tweeter », etc., ou les orthographes gallicisées que l’on voit parfois – « je touite », « un touiteur », etc. – représenteraient-elles un français plus correct ?

George S. (Royaume-Uni)

L’Académie répond :

Twitter est le nom d’un système de communication développé par l’entreprise du même nom. Si ce terme et  ceux qui en dérivent sont, peut-être, en train de passer dans la langue courante, il est d’usage de proposer un générique neutre, pouvant décrire tous les outils de ce type. Ainsi, le Dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française propose « micromessage » pour un twitt (on trouve ainsi la graphie tweet) ; pour le verbe il donne « microbloguer », ce qui amène assez facilement vers le mot « microblogueur ». La commission d’enrichissement de la langue française a également publié les fiches « blogue », « microblogue » et « microblogage », disponibles sur le site France Terme (www.culture.fr/franceterme ).

Isabelle P. (France)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

Faut-il utiliser l’expression « un tant soit peu » ou « un tantinet soit peu » ?

Je trouve que l’utilisation du terme « un tantinet » est redondante dans cette expression, mais je n’en suis pas sûre.

Isabelle P. (France)

L’Académie répond :

Vous avez raison, un tantinet s’emploie absolument et n’a pas besoin de renforcement car cette locution adverbiale, qui appartient à une langue familière, signifie déjà « un petit peu ». Elle est synonyme de un tant soit peu.

Jacqueline F. (France)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

On écrit : « elle s’est sentie visée par des remarques » mais il semble qu’on ait le droit à « elle s’est senti (ou vu) – sans accord – critiquer par ses pairs », je n’arrive pas à m’expliquer cette différence de suite aux verbes se voir, se sentir ; pour moi critiquer c’est actif et visé c’est passif. S’il y a une nuance elle m’échappe.

Jacqueline F. (France)

L’Académie répond :

On peut avoir l’infinitif ou le participe passé.

Si la phrase a un sens passif et si le pronom se représente la même personne que le complément d’objet direct du verbe qui suit voir, on utilise le participe passé. Elle s’est vue confiée à une famille d’accueil (dans ce cas on pourrait ajouter l’infinitif être devant le verbe au participe passé). On dira de même, elle s’est vue perdue, morte, gagnante.

Si le complément d’objet direct du verbe qui suit voir ne représente pas la même personne que le pronom se, on utilise l’infinitif, mais deux cas peuvent se présenter.

Si le pronom se représente la même personne que le sujet du verbe qui suit voir, vu s’accorde avec celui-ci. Elle s’est vue confier cette mission (elle a confié cette mission à quelqu’un). Si le pronom se n’est pas le sujet du verbe qui suit voir, il n’y a pas d’accord. Elle s’est vu confier cette mission (quelqu’un lui a confié cette mission).

Orlane G. (France)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

J’ai une question qui fait débat à la maison, et dont je ne trouve pas la réponse.

On utilise souvent l’expression « il a placé la barre haut ». Et parfois, on contracte la formule en supprimant le « placé ».

Pour moi la phrase est donc « la barre est haut », dans la mesure où on ne parle pas de la hauteur de la barre en elle-même, mais de l’endroit où elle est.

Pour mon conjoint, ma phrase est incorrecte, et on devrait dire « la barre est haute ». Pouvez-vous éclairer ma lanterne et me dire quelle phrase est correcte et pourquoi ? 

Orlane G. (France)

L’Académie répond :

On écrit La barre est trop haute et La marche est trop haute, car dans ces cas haut est adjectif. On dit en revanche Placer la barre un peu haut, Une barre (qui est) placée haut, car dans ces cas haut est adverbe.

Roland C. (France)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

Est-il correct d’écrire ou de dire « aux fins » à la place de la préposition « afin » lorsqu’il y a plusieurs objets.

On trouve souvent cette formulation dans les décisions de justice, mais pas dans les dictionnaires.

Roland C. (France)

L’Académie répond :

Aux fins se trouve plusieurs fois dans notre Dictionnaire. On lit ainsi, à l’article Essai : « Prise d’essai, prélèvement opéré sur une substance, un corps, aux fins d’analyse ».

Alexandre P. (France)

Le 12 juillet 2016

Courrier des internautes

Une nouvelle invention / exception linguistique commence son existence dans un paysage linguistique déjà assez embrouillé. Aujourd’hui, dans les média, on dit « à Cuba ». Souvent, le nom de ce pays est privé d’article. « Le Cuba » devient ainsi « Cuba » tout court et tout énervant.

Pourriez-vous intervenir publiquement pour (r)établir la norme ?

Alexandre P. (France)

L’Académie répond :

Devant les noms de certaines petites îles d’Europe et devant des noms masculins de grandes îles lointaines, on ne met pas d’article et on emploie la préposition : À Malte, à Chypre, à Guernesey, à Jersey, à Cuba, à Madagascar, à Haïti.

B. (Allemagne)

Le 12 juillet 2016

Courrier des internautes

Je suis allemande et je fais un exposé sur la langue que les jeunes en France utilisent dans leurs messages (Par exemple des abréviations comme aprem pour « après-midi », mdr pour « mort de rire » etc.).

Je me demande ce que pense l’Académie française sur cette tendance.

Est-ce que c’est accepté ?

B. (Allemagne)

L’Académie répond :

En ce qui concerne les SMS, le recul historique manque sans doute un peu pour savoir s’il s’agit d’une menace. Il me semble qu’il y a peu de danger. Il s’agit d’une technique d’abréviation qui a toujours été utilisée. Les étudiants qui prennent leurs cours en notes en utilisent d’autres, les moines copistes en utilisaient d’autres encore. À l’article Tiron (le secrétaire de Cicéron) du Grand Larousse, on trouve ceci : Il se rendit surtout célèbre par les perfectionnements qu’il apporta à la tachygraphie. [ ] Cet art était déjà connu des Grecs ; le poète Ennius fut, dit-on, le premier à Rome qui fit usage de cette écriture abrégée, à laquelle Tiron fit faire de grands progrès. Les notes tironiennes, bientôt perfectionnées par Sénèque, furent bientôt en usage dans tout l’empire et on s’en servit en France pour les actes publics jusqu’à la fin du IXe siècle.

Si les utilisateurs sont capables de percevoir la situation dans laquelle ils écrivent, il n’y a pas de problème. Un bon étudiant utilise des abréviations quand il prend des notes, qu’il n’emploie pas quand il rédige un devoir. Le problème se pose quand des personnes pensent que les formes abrégées sont la norme en toutes circonstances.

David T. K. (France)

Le 12 juillet 2016

Courrier des internautes

J’aimerais savoir si le mot « retrouvailles » doit toujours être employé au pluriel ou alors si un emploi au singulier serait correct.

David T. K. (France)

L’Académie répond :

Retrouvailles s’emploie essentiellement au pluriel pour évoquer le fait que des personnes se retrouvent.

Mais cette forme existe au singulier ; elle a alors un autre sens. Retrouvaille désigne le fait de retrouver ce dont on était séparé, ce qu’on avait perdu.

Émilie T. (France)

Le 12 juillet 2016

Courrier des internautes

Je suis professeur de français et professeur principal. Je suis en désaccord avec une collègue concernant l’usage de l’infinitif (dans un bulletin de notes). Cette personne marque « Bon trimestre. Résultats satisfaisants. Continuer ainsi. » Je lui ai indiqué qu’il fallait utiliser la forme impérative « Continuez » mais elle persiste et refuse de corriger, ce qui me parait être une erreur. J’ai feuilleté ma Grevisse mais je ne trouve pas la réponse explicite à ma question (l’article sur l’Infinitif étant un peu long). Auriez-vous l’obligeance de m’éclairer soit en me disant si cet usage est possible (pour que je progresse moi-même) soit en m’indiquant la règle que je pourrais fournir à cette collègue ?

Émilie T. (France)

L’Académie répond :

L’infinitif peut servir à exprimer un ordre ; il est dit alors infinitif impératif ou, de manière plus imagée, infinitif des recettes de cuisine. On le trouve dans des phrases comme Battre les œufs, verser l’huile, tenir sa droite, ne pas descendre avant l’arrêt, écrire en majuscules. Mais il est vrai qu’on évite, en général de l’associer à des pronoms ou adjectifs de 1ère ou 2e  personne.

Cela étant, il est préférable d’employer un véritable impératif car l’infinitif impératif ne s’adresse pas à une personne en particulier.

Dans un bulletin, on écrira donc Faites des efforts plutôt que faire des efforts.

Mickael R. (France)

Le 12 juillet 2016

Courrier des internautes

J’ai lu avec beaucoup d’attention vos explications relatives à l’utilisation du verbe « acter » et à la construction de l’expression « acter de ». Qu’en est-il cependant lorsque l’expression « acter de » ou « prendre acte de » n’est pas suivie d’un nom ? Le vocabulaire juridique conduit ainsi souvent ses utilisateurs à écrire « le conseil d’administration prend acte qu’il lui sera rendu compte de l’utilisation de l’autorisation ainsi accordée », ou encore « l’assemblée générale prend acte que le conseil d’administration déterminera... ». Ne devrait-on pas, dans de telles hypothèses, préférer à cette tournure, l’expression « prendre acte de ce que »?

Mickael R. (France)

L’Académie répond :

La construction acter que est régulière. On peut dire prendre acte de ce que... en donnant à acte toute sa valeur nominale ou prendre acte que en considérant prendre acte comme une locution verbale.

Pages