Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Arthur B. (France)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

En parlant du Châtelet à Paris, doit on dire « J’étais à Châtelet » ou bien « J’étais au Châtelet » ?

Par avance je vous remercie de votre réponse,

Arthur B. (France, 25 mai)

L’Académie répond

Le mot châtelet peut désigner à Paris plusieurs réalités. Il peut s’agir de l’ancien château médiéval ou du théâtre construit place du Châtelet ; dans ces deux cas l’article, avec à, sera nécessaire : J’étais au Châtelet pour J’étais dans la forteresse / dans le théâtre du Châtelet.

Mais il désigne couramment aussi le quartier, la place ou la station de métro ; dans ce cas, on n’emploie pas l’article avec la préposition à : J’étais à Châtelet pour J’étais dans le quartier de Châtelet ou J’étais à la station Châtelet.

Claire A. (France)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

Correct est un adjectif qui s’accorde, mais pourquoi a-t-on « quelque chose de correct » et pas « correcte » ? Merci.

Claire A. (France, 2 juin)

L’Académie répond

On considère le syntagme quelque chose comme figé et constituant une entité autonome dans laquelle le nom chose n’est plus perçu comme un nom. À ce titre, quelque chose est un pronom indéfini et son genre est masculin. On écrit donc bien quelque chose de correct.

Melchiade B. (Burundi)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

Que peut-on dire entre : « témoigner de sa reconnaissance » et « témoigner sa reconnaissance » ? pourquoi ?

Melchiade B. (Burundi, 25 mai)

L’Académie répond

Ces deux formes peuvent s’employer.

Témoigner sa reconnaissance signifie « exprimer, manifester, faire connaître sa reconnaissance » (le sujet est un être animé).

Témoigner de sa reconnaissance signifie « se porter garant de sa reconnaissance » (le sujet est un être animé), « être la preuve manifeste de sa reconnaissance » (le sujet est une chose).

Nicolas P. (France)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

Suite à une affirmation d’un ami à moi sur laquelle j’avais un doute, je me permets de vous écrire ce petit courrier afin de clarifier la situation.

On donne la phrase : « On dit “chevaux” lorsqu’il y a plusieurs “cheval”. »

Question 1 : Peut-on exprimer cette phrase sous cette forme exacte ?

Question 2 : Si oui, doit-on mettre, ou non, un « s » à « cheval » ?

Je vous remercie par avance pour la réponse que vous m’apporterez.

Nicolas P. (France, 25 mai)

L’Académie répond

Le pluriel de cheval est toujours chevaux et l’Académie française n’a jamais ni proposé ni accepté un pluriel en -als. À notre connaissance aucun lexicographe ni aucun éditeur de dictionnaire sérieux n’a émis une telle proposition.

En revanche, il est vrai que le pluriel de cheval était chevals en ancien français. Le l s’est vocalisé en u (prononcé ou) et chevals a été orthographié chevaus. Les copistes utilisaient un signe proche de notre x pour transcrire le groupe us.

La graphie chevax parut ensuite fautive à ceux qui ne connaissaient pas ce signe et un u fut réintroduit. On aboutit bien à la graphie chevaux.

Quant à la phrase que vous nous soumettez, voici de quelle manière vous pourriez la formuler : On dit « chevaux » lorsqu’il y a plus d’un cheval.

Tristan B. (L’Île-Bouchard)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

Une étrange question est venue embrouiller mon esprit. Certaines personnes m’ont affirmé que le verbe « commencer » ne pouvait être employé en début de phrase lorsqu’il était conjugué à l’imparfait. Cependant, la phrase : « Nous commencions tout juste à marcher lorsque l’orage a éclaté » me semble correcte.

Pouvez-vous éclairer ma lanterne je vous prie.

Tristan B. (L’Île-Bouchard, 23 mai)

L’Académie répond

Quelle étrange interdiction !

On lit, dans le Dictionnaire de l’Académie française, les exemples suivants, avec commencer, à l’imparfait, en début de phrase : Le spectacle commençait par des acrobaties. L’aurore commençait à poindre, etc.

On trouve de nombreuses fois cette construction chez les meilleurs écrivains.

 

Ahikar (France)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

Liaison en « d » prononcée « t ».

Existe-t-il des exceptions ? Dans le passage ci-dessous ne peut-on pas faire une liaison en « d » sur « s’étend elle-même » (… suivant que la souveraineté de l’Union se resserre ou s’étend elle-même) ? En vous remerciant par avance pour votre réponse.

Ahikar (France, 14 mars)

L’Académie répond

Au contraire, une liaison en d induirait une erreur (« s’étend d’elle-même » au lieu de « s’étend elle-même »).

Je vous rappelle que les liaisons ne sont obligatoires que dans un nombre restreint de cas (voyez notre page Questions de langue, art. Liaisons) : dans le cas que vous citez, elle relèverait d’une expression très soutenue, voire précieuse.

Antoine G. (France)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

Dans la formule de politesse d’une lettre, lorsqu’on veut marquer une certaine distance et montrer que l’on respecte plus la fonction ou l’institution que celui ou celle qui l’exerce; est-il correct ou approprié de dire « je vous prie d’agréer l’expression de ma considération la plus stricte » ?

Antoine G. (France, 28 novembre)

L’Académie répond

On s’abstiendra de cette formule.

Rappelez-vous qu’étymologiquement, strict signifie « étroit, resserré ».

Vous pouvez dire, et écrire, de mon entière considération, de ma parfaite considération, de ma respectueuse considération.

Catherine B. (France)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

Doit-on dire « combien même » ou « quand-bien même » ?

Catherine B. (France, 29 octobre)

L’Académie répond

On doit dire et écrire Quand bien même, sans trait d’union entre quand et bien. Il s’agit d’un renforcement de la conjonction de subordination Quand lorsqu’elle a une valeur d’hypothèse et signifie « même si ». Rappelons que quand bien même est suivi du conditionnel.

Mario Le S. (Mériadec)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

Dans un fil de pensées profondes, je me suis heurté à un problème.

En effet, je n’ai pas trouvé de moyen d’exprimer le nom commun pour le verbe « deviner ».

Existe-t-il, au contraire de « devinage » ou « devination », des façons reconnues de faire passer cette idée ?

Curieusement, un interrogateur.

Mario Le S. (Mériadec, 12 novembre)

L’Académie répond

Vous avez raison, il n’existe pas de noms désignant l’action de deviner. Devinette désigne la chose qu’il faut deviner et non le processus.

Divination existe mais le mot renvoie seulement au sens premier de deviner :

« DIVINATION n. f. XIIIe siècle. Emprunté du latin divinatio, « divination, art de prédire, pressentiment ». Art de découvrir ce qui est caché aux autres hommes, et particulièrement l’avenir. Les augures pratiquaient l’art de la divination. L’étude du vol des oiseaux, l’examen des entrailles des victimes étaient des procédés de divination utilisés par les anciens. Divination par l’interprétation des songes. »

Vous pouvez toujours avoir recours à un groupe nominal tel que « l’art de deviner », par exemple.

Nicole B. (Sivry-Courtry)

Le 10 juin 2014

Courrier des internautes

On dit : « Prends-moi un livre. Prends-toi un livre. Prends-lui un livre. Prends-nous un livre. Prends-leur un livre. »

Mais dit-on : « Prends-vous un livre. » ?

Nicole B. (Sivry-Courtry, 27 novembre)

L’Académie répond

Prends-vous un livre est incorrect, on dira Prenez-vous.

Le C.O.I. d’un verbe à l’impératif ne peut être à la même personne que le verbe, que si les deux sont ou au singulier, ou au pluriel.

Il en va de même avec le C.O.D. pour des verbes pronominaux. On ne dit ni lave-vous ni lavez-toi.

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