Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Carole L. (Chicago)

Le 04 juin 2015

Courrier des internautes

J’aimerais savoir si l’on prononce le « l » du mot « sourcil » ?

Dit-on « un sourcil » ou « un sourci » ?

Carole L. (Chicago)

L’Académie répond :

Quant aux noms en -il, leur prononciation a beaucoup varié, y compris récemment, et l’on enregistre encore des usages, notamment régionaux, différents, d’où résultent nombre d’hésitations.

Au début du vingtième siècle, si l’on excepte les mots venus du latin comme fil, exil, pistil... et quelques mots d’origine étrangère comme alguazil ou toril, les mots en -il (d’origine variée ou inconnue) avaient vu s’altérer depuis longtemps l’ancienne prononciation du l, qui était mouillé (baril prononcé barille, par exemple, comme dans barillet).

Dans la plupart des mots, donc, on ne prononçait plus l’l : bari(l), cheni(l), courti(l), feni(l), fourni(l), fraisi(l), fusi(l), genti(l), nombri(l), outi(l), sourci(l), et plus récemment persi(l).

Genti(l), qui appartenait d’abord à la catégorie à l sonore (latin gentilis), est passé ensuite à la seconde, avec l mouillé, après quoi il a également amui son l. Au contraire, sil, pénil, brésil, tortil (pour tortis, sous l’influence de tortiller) étaient passés au groupe des mots à l non mouillé ; péril aussi, quoiqu’il y eût encore quelques exceptions ; avril de même, après s’être prononcé avri au xviie siècle, et avriyl au commencement du xixe.

Il n’y avait plus d’hésitation que pour quatre substantifs : babil, grésil, gril et mil (avec grémil). Non qu’on pût y conserver le son mouillé, ou plutôt le yod, car il s’y entendait de moins en moins : la seule question était de savoir s’ils se prononceraient finalement avec ou sans l, car les deux coexistaient.

Aujourd’hui, la prononciation de certains l a été rétablie, soit que l’on considère qu’elle est seule de bon usage (baril), soit qu’elle tende à l’emporter (chenil, ou, vieilli , cheni ; couti ou, de plus en plus souvent, coutil ; fenil ou, vieilli, feni, nombril ou, vieilli, nombri), soit que les deux soient plus ou moins à égalité (persil ou persi ; sourciparfois sourcil ; terri, parfois terril).

Enfin, le l n’a pas été rétabli dans d’autres mots (fuzi, genti, outi...), les prononciations fuzil ou outil, que l’on entend parfois dans le Midi, étant considérées comme dialectales.

Pour ces mots, tous les dictionnaires indiquent la ou les prononciations jugées correctes aujourd’hui.

Colette H. (France)

Le 04 juin 2015

Courrier des internautes

Il me semble que l’on emploie de plus en plus fréquemment le mot « expertise » au lieu de « expérience ». Qu’en pensez-vous ?

Colette H. (France)

L’Académie répond :

Vous avez parfaitement raison : les termes expert, expertise tendent à être employés abusivement, surtout dans la langue des médias. La 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française met en garde contre les extensions abusives à l’article Expertise : « Est à bannir : Expertise employé absolument dans le sens de “compétence, savoir-faire, qualité d’une personne experte”. »

De manière générale, il faudrait limiter l’emploi d’expertise à ses domaines d’emploi d’origine, dans lesquels le mot renvoie à une procédure réglée d’examen par des experts.

Élise G. (France)

Le 04 juin 2015

Courrier des internautes

Pouvez-vous m’indiquer comment utiliser le mot « Néanmoins ».

Peut-on l’utiliser en début de phrase par exemple ?

Élise G. (France)

L’Académie répond :

Voyez l’article Néanmoins, tel qu’il figure dans notre Dictionnaire :

NÉANMOINS adv. XVIe siècle, nenmains. Composé de néant et de moins, proprement « en rien moins ». Malgré cela, en dépit de cela. Ce n’est encore qu’un enfant ; néanmoins il est déjà très raisonnable. Il lui avait promis fermement de l’aider, néanmoins il n’a rien fait. Mon collègue et néanmoins ami.   Loc. Ce néanmoins. Nul ne lui conteste la propriété de ce terrain ; il doit ce néanmoins produire un acte qui l’établisse.

Le plus souvent néanmoins n’est pas employé en début de phrase, mais le faire n’est pas incorrect. On lit ainsi dans Le Mas Théotime, de Bosco : « Après cette nuit sans repos, j’avais moi-même la tête vide, les bras mous. Néanmoins j’accomplis à peu près ma tâche habituelle ».

Uta H. (Deutschland)

Le 04 juin 2015

Courrier des internautes

Sehr geehrte Damen und Herren,

Könnten Sie mir bitte sagen, wie man den Namen de Stael korrekt ausspricht?

Mit Betonung auf dem “e”? Oder wird das “e” gar nicht betont?

Ich bitte um Antwort. Danke.

(« Chère Madame, cher Monsieur,

Pourriez-vous m’indiquer comment il convient de prononcer le nom de Stael ? Faut-il faire entendre le e ou bien faut-il ne pas le prononcer du tout ? Je vous remercie pour votre réponse. »)

Uta H. (Deutschland)

L’Académie répond :

Sehr geehrte Frau Hillmann,

Man schreibt Staël, aber Man sagt Stal.

Mit freundlichen Grüssen.

(« Chère Madame Hillmann,

On écrit Staël (avec un tréma sur le e) mais on prononce “Stal”. Cordiales salutations. »)

A. (France)

Le 07 mai 2015

Courrier des internautes

Bonjour. Malgré mes recherches, je n’ai toujours pas trouvé de réponse à cette question : Qu’est-ce qui détermine si l’on doit mettre au singulier ou au pluriel un nom qui suit « sorte de », « type de », « forme de » etc. ?

A. (France)

L’Académie répond :

Cette question est bien épineuse, dans la mesure où l’on trouve tous les cas, également représentés. Selon les contextes et le sens que l’on prête à ces groupes nominaux, on mettra l’accent tantôt sur le singulier, tantôt sur le pluriel.

En somme, il n’y a pas de règle immuable s’appliquant automatiquement pour tous les cas qui se présenteraient. Ainsi, on écrira Il a composé une sorte de tragédie mais Quelle sorte de pièces de théâtre avez-vous écrites ? Ou encore Cette sorte de snobs est assez courante dans ce milieu, car si le premier nom est précédé d’un démonstratif, il est mis en relief et il détermine l’accord.

À noter que le passage au pluriel de type, sorte, etc. n’entraîne pas automatiquement la mise au pluriel du complément (Plusieurs types de vérandas, Divers types d’architecture).

Adriana S. (Chicago)

Le 07 mai 2015

Courrier des internautes

Je travaille pour une académie qui enseigne le français à Chicago et je vous serais très reconnaissante si vous pouviez me répondre à la question suivante (suite à un débat eu avec un collègue professeur de français) :

Est-ce qu’on fait l’élision devant les noms propres qui commencent par une voyelle ? Je dis que oui : La vie « d’Adèle », le livre « d’Alex », etc.

Adriana S. (Chicago)

L’Académie répond :

Vous avez raison ; la préposition de, de même que les articles définis, le pronom relatif que, nombre de conjonctions s’élident devant les noms, propres ou communs, commençant par une voyelle ou un h muet : la bataille d’Angleterre, le roi d’Espagne, les travaux d’Hercule, une copie de l’Hercule Farnèse, l’enlèvement d’Hélène, les livres d’Italo Calvino, le règne d’Auguste, les victoires qu’Attila a remportées.

Jordan L. (France)

Le 07 mai 2015

Courrier des internautes

Je vous contacte aujourd’hui afin d’éclaircir un grand débat sur la phrase suivante :

« Tu m’avais dit que tu me suivrai » ou « Tu m’avais dit que tu me suivrais » ?

On prend en compte le fait que la personne s’était ENGAGÉE à la suivre.

C’est donc une promesse, un acte qui va se produire. « Tu m’avais dit (à l’époque) que tu me (moi) suivrai (futur)... du futur donc ? Si la réponse est bien « ais », pourquoi est-ce considéré comme du conditionnel ?

Jordan L. (France)

L’Académie répond :

Nous avons ici ce que l’on appelle un futur dans le passé, qui prend la forme d’un conditionnel.

Le fait que l’on ait suivrais avec comme sujet tu nous montre bien que l’on n’a pas un futur simple car celui-ci serait tu me suivras.

Nicolas E. (France)

Le 07 mai 2015

Courrier des internautes

Je suis enseignant au lycée de Gaulle de Dijon. Or nous avons une interrogation sur l’écriture du nom du lycée.

Nous avons toujours écrit « Charles de Gaulle » sans majuscule à la particule, mais un inspecteur de lettre nous a informé que le « de » n’étant pas une particule, il fallait y mettre une majuscule.

Le Petit Robert des noms propres semble contredire cette information.

Je souhaiterai savoir ce qu’il en est réellement.

Nicolas E. (France)

L’Académie répond :

On écrit : le général de Gaulle, « de » est la particule patronymique française, le nom « de Gaulle » est attesté sous cette forme, en diverses régions de France, depuis le xiiie siècle, et la lignée est continue depuis le XVIe. Il convient donc de respecter la graphie de Gaulle, telle qu’elle figure, d’ailleurs, de la main même du général, au bas de l’appel du 18 juin 1940.

Samuel H. (France)

Le 07 mai 2015

Courrier des internautes

Bonjour, quelque chose me turlupine. Pourriez-vous m’expliquer pourquoi nous disons neuf ans (prononcé NEUVANS) alors que nous disons neuf ampoules (prononcé NEUFAMPOULES).

J’espère que vous pourrez éclairer la torche de mon ignorance.

Samuel H. (France)

L’Académie répond :

Le f de neuf ne se prononce [v] en liaison que devant quelques mots : ans, heures, hommes, parfois autres. Le reste du temps, le f se prononce [f]. Cette prononciation entérine probablement un long usage, une habitude qui a fini par se fixer ainsi : on peut aussi supposer que dans le cas de ces exceptions, la prononciation en [v] est favorisée par la brièveté des mots concernés, ce qui pousse à prononcer le groupe nominal comme s’il s’agissait d’un seul mot.

Uta H. (Deutschland)

Le 07 mai 2015

Courrier des internautes

könnten Sie mir bitte sagen, wie man den Namen de Stael korrekt ausspricht?

Mit Betonung auf dem “e”? Oder wird das “e” gar nicht betont?

Ich bitte um Antwort.

(« Pourriez-vous m’indiquer comment il convient de prononcer le nom de Stael ? Faut-il faire entendre le e ou bien faut-il ne pas le prononcer du tout ? Je vous remercie pour votre réponse. »)

Uta H. (Deutschland)

L’Académie répond :

Man schreibt Staël, aber Man sagt Stal.

(« Chère Madame Hillmann,
On écrit Staël (avec un tréma sur le e) mais on prononce “Stal”. »

Pages