Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Astrid K. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Le verbe synergiser est-il correct ou est-ce un abus de langage « franglais » ?

Astrid K. (France, 16 septembre)

L’Académie répond :

Les verbes en -iser français viennent parfois de noms en -ie : agoniser, allégoriser, coloniser, synchroniser, etc. Ils peuvent aussi être empruntés de formes anglaises en to [...]-ize ; c’est le cas de maximiser, optimiser, paupériser, pressuriser, etc.

Synergiser ne me semble pas relever de ce dernier cas, puisque je n’ai pas trouvé de verbe *to synergise dans les dictionnaires anglais que j’ai consultés.

Synergiser me semble donc être un néologisme de mauvais aloi puisqu’existent déjà nombre de locutions pouvant nous éviter son emploi.

Mathieu. N. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Je suis professeur des écoles et j’aimerais savoir quand vous allez réformer correctement l’orthographe. Mille est invariable, cent et vingt prennent des s de façon sporadique et c’est très complexe à enseigner et même pour nous à retenir. Les accords des participes passés avec le c.o.d., ce sont des règles d’un autre temps qui alourdissent la langue et qui écœurent la plupart des gens. Certes lorsqu’on fait partie de la haute société, c’est génial pour se faire bien voir mais la langue n’est-elle pas d’abord un outil pour que tous les français puissent communiquer...

Mathieu. N. (France, 9 septembre)

L’Académie répond :

Vous serez sans doute heureux d’apprendre que la réforme de 1990 a été mise en place par le Conseil supérieur de la langue française, qui était alors présidé par Maurice Druon, Secrétaire perpétuel de l’Académie française, et que ladite Académie a voté à l’unanimité cette réforme.

Les règles de variabilité de vingt et cent sont simples. Vous avez raison de dire que les règles d’accord du participe passé sont d’un autre âge. C’est vrai aussi de presque tous les mots que vous utilisez dans ce courriel.

Pour que tous les Français puissent communiquer, il faut des règles. Au Moyen âge, quand l’orthographe n’était pas fixée, on ne pouvait lire des textes écrits deux générations auparavant.

Melchiade B. (Burundi)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Peut-on dire « entrer en guerre contre » ou « entrer en guerre avec » ?

Comment peut-on employer les deux prépositions sans les confondre ?

Melchiade B. (Burundi, 5 mai)

L’Académie répond :

On dira plutôt être en guerre avec, sans que la locution être en guerre contre puisse être considérée comme fautive.

Il s’agit là d’un usage également fréquent au sens figuré (être en guerre avec l’administration). En revanche, la préposition contre est la seule possible dans les locutions partir en guerre contre, mener une guerre contre.

Pierre V. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Je me permets de vous écrire concernant un problème d’étymologie dont je ne trouve la réponse nulle part actuellement. Il concerne le mot daube. Je cherche comment ce mot qui peut décrire un mode de cuisson ou le fait d’insulter quelqu’un a dérivé dans le langage argotique actuel pour décrire quelque chose de mauvais, mal fait, malodorant ...

Pierre V. (France, 14 septembre)

L’Académie répond :

Daube est passé du sens de « plat mariné » à celui de chose lourde et indigeste, dans quelque domaine que ce soit.

Salome H. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Y a-t-il une ou des règles concernant la prononciation des mots latins conservés en français ? Par exemple, y a-t-il une explication au fait que nous prononçons « agenda » « ajenda » (c’est-à-dire « à la française ») mais « incipit » « inkipite » (c’est-à-dire « à la latine ») ?

Salome H. (France, 14 septembre)

L’Académie répond :

Les mots latins qui sont entrés depuis longtemps dans la langue française se prononcent à la française ; c’est le cas d’agenda, qui est apparu au XVIe siècle et n’est plus senti comme un mot latin. Incipit est beaucoup plus tardif ; il apparaît au XIXe pour désigner le début d’un manuscrit, et dans la deuxième moitié du XXe siècle dans la langue de la critique littéraire. Il est fortement ressenti comme latin (ne serait-ce que parce que l’on prononce le -t final) ; aussi le prononce-t-on à la latine.

V. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Je me posais la question suivante : J’entends les gens dire « On va parler économie » (ou culture, sport, etc.). N’est-ce pas une erreur ? J’ai appris à l’école qu’il fallait dire « On va parler DE sport » (culture, économie, etc.) et qu’on parlait une langue. Qu’en est-il ?

V. (France, 15 septembre)

L’Académie répond :

Cette forme est correcte. On lit dans notre Dictionnaire, à l’article Parler : « S’entretenir de ; prendre pour sujet de conversation, de discours (est alors suivi directement du complément, sans l’article). Parler musique, peinture.

Parler politique, affaires. Parler chicane, parler de procès, de procédure. Fam. et péj. Parler boutique, [...] Parler chiffons [...]. »

Véronique P. (Sablé-sur-Sarthe)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Enseignante en mathématiques, je m’interroge sur la manière d’apprendre l’écriture des nombres en toutes lettres à mes élèves :

- Met-on obligatoirement des tirets pour les nombres supérieurs à cent ou est-il encore toléré de ne mettre des tirets qu’entre dizaines et unités (c’est ce qui encore indiqué dans les manuels scolaires) ?

Exemple : écrit-on deux cent dix ou deux-cent-dix ?

- Met-on des tirets autour de million et milliard ?

Véronique P. (Sablé-sur-Sarthe, 14 septembre)

L’Académie répond :

On écrirait naguère vingt-trois, deux cent dix et deux cent vingt-cinq. Les Rectifications de 1990 ont proposé de simplifier et de lier tous les numéraux par un trait d’union, y compris million et milliard.

On distingue ainsi mille-deux-cent-quarante huitièmes (1240/8) de mille-deux-cents quarante huitièmes (1200/48) de mille deux-cent-quarante-huitièmes (1000/248).

Beatrice W. (Le Petit-Quevilly)

Le 09 septembre 2014

Courrier des internautes

Peut-on dire « s’engager à » suivi d’un nom et non d’un verbe ? Exemple : « s’engager à une action ».

Beatrice W. (Le Petit-Quevilly, 2 avril)

L’Académie répond :

S’engager à est le plus souvent suivi d’un infinitif : Il s’engage à venir ; il est parfois suivi d’une subordonnée introduite par ce que : Il s’engage à ce que les travaux soient faits.

On le trouve enfin avec plus que ; Il s’engage à plus qu’il ne peut tenir ou, à la forme négative, avec rien. Il ne s’engage à rien.

Mais s’engager à ne peut être suivi d’un nom que si ce verbe est employé dans le sens de se lier, s’enrôler, s’inscrire : S’engager au service de quelqu’un, S’engager au mariage, S’engager à une épreuve de natation.

 

Gilles M. (France)

Le 09 septembre 2014

Courrier des internautes

Pourriez-vous me dire quelle est l’origine de l’expression « c’est du gâteau »? Il y a en plus l’équivalent en anglais « piece of cake », donc j’imagine que c’est lié ?

Gilles M. (France, 5 mai)

L’Académie répond :

La forme C’est du gâteau est attestée depuis peu (1952). La langue courante et populaire associe les friandises et les sucreries à des choses faciles. On a ainsi C’est du gâteau, c’est du nanan ou, à la forme négative pour désigner une tâche ardue : C’est pas de la tarte…

 

Gilles M. (France)

Le 09 septembre 2014

Courrier des internautes

J’ai entendu parler récemment d’un concept que l’on appelle le « transhumanisme ». C’est une théorie selon laquelle l’homme est amené à évoluer, à devenir un « transhumain », c’est-à-dire un humain en transition, un humain qui sera « amélioré » (physiquement ou mentalement) grâce à l’ajout d’éléments à l’intérieur de son corps (puce électronique, pacemaker, etc.).

Pouvez-vous me dire si ce concept est aujourd’hui identifié par l’Académie Française?

Gilles M. (France, 7 avril)

L’Académie répond :

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel récent, dont l’idée maîtresse est d’utiliser les nouvelles technologies (en particulier les biotechnologies, l’informatique, les neurosciences et les sciences cognitives) pour « améliorer » l’être humain.

Le terme lui-même n’est pas récent – Huxley l’utilise déjà en 1957 – mais le concept se développe, en Californie dans les années 1980.

Pour ce qui est de la langue, le terme est formé sur le modèle de nombreux mots utilisant le préfixe trans. Ce dernier peut évoquer l’idée de « transition » ou de « passage » ; mais aussi celle d’« aller au travers de » (comme dans transpercer), ou encore d’« aller au-delà » (par exemple dans transalpin). Il présente l’avantage de se décliner aisément aussi bien en anglais qu’en français : transhumaniste, transhumanité.

Cependant, ce terme et ses dérivés n’étant que récemment entrés dans la langue française, il n’est pas certain qu’ils fassent l’objet d’une entrée dans l’édition en cours du Dictionnaire de l’Académie française. En effet, si l’Académie française prend connaissance des néologismes, elle a avant tout pour vocation d’enregistrer les termes usuels et de fixer les bons usages de notre langue.

 

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