Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Alexandre L.-A. (France)

Le 02 juin 2016

Courrier des internautes

Vigilant sur ou vigilant à.

Alexandre L.-A. (France)

L’Académie répond :

On dit bien veiller à mais l’adjectif vigilant ne se construit pas avec la préposition à : on l’emploiera le plus souvent sans complément ou éventuellement avec un complément introduit par avec (il est très vigilant avec ses enfants).

On dit aussi Il est vigilant sur ce point.

Geoffroy L. (Belgique)

Le 02 juin 2016

Courrier des internautes

Quelle est la différence entre « le soir » et « au soir » ? Comment s’utilisent-ils ?

Geoffroy L. (Belgique)

L’Académie répond :

Si on dit au soir on introduit une préposition qui tend à préciser et à restreindre l’extension temporelle. On peut dire Il vient le soir après le dîner, mais non Il vient au soir après le dîner. Si soir est suivi d’un complément, on peut avoir l’un ou l’autre, mais au soir est considéré comme plus littéraire : Au soir (au le soir) de la bataille.

George S. (Royaume-Uni)

Le 02 juin 2016

Courrier des internautes

Quelles sont les bonnes orthographes pour les mots concernant le réseau social Twitter ? Utiliserait-on tout simplement les anglicismes « un tweet, » « un tweeteur, » « tweeter, » etc., ou les orthographes gallicisées que l’on voit parfois – « je touite », « un touiteur », etc. - représenteraient-elles un français plus correct ?

George S. (Royaume-Uni)

L’Académie répond :

Twitter est le nom d’un système de communication développé par l’entreprise du même nom. Si ce terme et ceux qui en dérivent sont, peut-être, en train de passer dans la langue courante, il est d’usage de proposer un générique neutre, pouvant décrire tous les outils de ce type. Ainsi, le Dictionnaire terminologique du Québec propose micromessage pour un twitt (on trouve ainsi la graphie tweet) ; pour le verbe il donne microbloguer, ce qui amène assez facilement vers le mot microblogueur. La commission d’enrichissement de la langue française a également publié les fiches blogue, microblogue et microblogage, disponibles sur le site France Terme (www.culture.fr/franceterme ).

Guillaume de V. (France)

Le 02 juin 2016

Courrier des internautes

J’ai le souvenir de mes cours de grammaire d’enfant, il me semble que les prépositions à utiliser pour les verbes partir et aller sont respectivement « pour » et « à ».

Néanmoins je vois très souvent écrit « partir à », cette utilisation est-elle correcte ?

Guillaume de V. (France)

L’Académie répond :

Partir à a longtemps été condamné par les puristes.

Littré écrivait Il ne faut pas dire partir à la compagne, mais partir pour la compagne.

L’académicien et professeur de lettres Émile Faguet qualifiait partir à « d’affreux provincialisme de Paris ».

Abel Hermant le présentait comme un solécisme ignoble. Mais partir à, dont la construction est analogue d’aller à, se trouve aujourd’hui chez de nombreux auteurs et dans le Dictionnaire de l’Académie française quand le complément n’est pas un lieu précis.

On considère que la forme correcte demeure partir pour ; partir à, sans être franchement incorrect, est considéré comme familier.

Hélène B. (France)

Le 02 juin 2016

Courrier des internautes

Est-il exact que répondre « de loin pas » à une question est du « mauvais français ».

Par ailleurs, est-il vrai que désormais, l’intitulé « famille de feu... » ne s’utilise plus ? Et si c’est le cas, que doit-on écrire sur une enveloppe lorsqu’on adresse ses condoléances ?

Hélène B. (France)

L’Académie répond :

Je ne vois pas dans quel contexte, il pourrait être correct de dire ou d’écrire « de loin pas ».

Sur l’enveloppe adressée à une famille en deuil, il suffit d’écrire le nom des personnes concernées, précédé, si besoin est, de « Monsieur et Madame » par exemple.

Feu s’emploie plutôt quand on parle des gens, non quand on s’adresse à eux directement. De plus, il est d’usage littéraire et un peu désuet.

Martin E. (France)

Le 02 juin 2016

Courrier des internautes

Lors d’une récente audition à l’Assemblée nationale, un dirigeant d’une entreprise publique a insisté sur la nécessité d’être « en ligne avec ses objectifs ». S’agit-il d’un anglicisme et comment traduire cette expression en français correct ?

Martin E. (France)

L’Académie répond :

Vous avez eu raison d’être arrêté par cette formule des plus étranges. Il est possible qu’il s’agisse d’un calque de la locution verbale anglaise to get something in line signifiant « mettre quelque chose en ordre (de marche) ».

Il serait plus éclairant de dire par exemple qu’« il faut œuvrer pour atteindre ses objectifs » ou qu’« il faut tout mettre en œuvre pour obtenir des résultats », etc.

Raphael R-A. (France)

Le 02 juin 2016

Courrier des internautes

Je suis en débat intense avec un collègue et j’espère que vous pourrez nous éclairer.

La meilleure façon d’exprimer ma question est via un exemple.

Si je dis la phrase : « nous faisions une tarte », la première interprétation est de penser que « nous faisions tous une seule tarte ». La question est de savoir s’il est correct en français de l’interpréter comme « chacun fait sa propre tarte » ou s’il est obligatoire de dire « nous faisions des tartes ».

Raphael R-A. (France)

L’Académie répond :

La phrase est, de fait, ambiguë. Les deux interprétations sont possibles. Pour lever l’ambiguïté, il convient de dire soit ce que vous proposez (mais le pluriel ne correspond pas forcément chacun à une tarte) soit nous faisions chacun une tarte.

Vincent B. (France)

Le 02 juin 2016

Courrier des internautes

Doit-on écrire : « L’assertivité est la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres » ou « L’assertivité est la capacité de s’exprimer et de défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. »

Vincent B. (France)

L’Académie répond :

Avec un infinitif, on pourra employer les deux prépositions : avoir une bonne capacité à gérer..., je doute de sa capacité à tenir cet emploi (exemple de l’article), sa capacité à produire mais aussi j’ai la capacité de bouger les oreilles. En fait, c’est pour évoquer un type, un genre de capacité qui s’apparenterait à une fonction naturelle ou à un droit que l’on emploiera plutôt la préposition de : la capacité de contracter (exemple de l’article dans le paragraphe 4. Droit), il a perdu la capacité de parler.

On pourrait opposer ce dernier exemple qui signifie que la personne est privée de l’usage de la parole à il a perdu sa capacité à parler qui pourrait signifier qu’il est devenu taciturne, qu’il refuse de discuter.

Bertrand B. (France)

Le 12 mai 2016

Courrier des internautes

Il me semble qu’on dit couramment : LE Maine-et-Loire. De même, on parle du département de LA Lozère alors que son nom dérive DU mont Lozère. Qu’en pensez-vous ?

Bertrand B. (France)

L’Académie répond :

Il est vrai que l’on dit couramment Le Maine-et-Loire, mais il s’agit d’une erreur ; ce département doit son nom à deux cours d’eau féminins, la Maine et la Loire et il faudrait dire La Maine-et-Loire.

Il est exact que le département de la Lozère tire son nom du mont Lozère, mais le département s’appelle Lozère et non Mont-Lozère.

Bruno G. (France)

Le 12 mai 2016

Courrier des internautes

Faut-il dire « transfert » d’un prisonnier ou bien « transfèrement », comme disent les journalistes actuellement, à propos du terroriste incarcéré en Belgique ?

Bruno G. (France)

L’Académie répond :

Le mot transfèrement est attesté avec le sens de « fait de transférer une personne d’un lieu de détention à un autre » depuis 1704. Il figure dans la 7e et la 8e édition du Dictionnaire de l’Académie française. Les deux termes sont synonymes, mais transfert peut s’employer dans de nombreux contextes alors que transfèrement ne s’emploie que pour une personne détenue.

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