Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

A. (France)

Le 06 novembre 2014

Courrier des internautes

Est-il vrai qu’il faut dire « À tant que faire », au lieu de « Tant qu’à faire » ?

A. (France, 29 septembre)

L’Académie répond :

Devant un infinitif, tant qu’à est correct, quoique encore suspect et critiqué, lorsqu’il a un sens concessif. On dira Tant qu’à l’inviter, nous inviterons aussi sa femme, ce qui veut dire « Si nous devons l’inviter ».

Ce tour se trouve surtout avec faire ayant un sens très large : Tant qu’à faire, nous inviterons aussi sa femme.

On dit et on écrit aussi, et le tour, parfaitement clair, n’est pas critiqué : À tant faire que de ou à tant faire que. À tant faire que (de) m’ennuyer, ce que je trouve toujours inutile, autant que ce ne soit pas avec X.

Morgane P. (France)

Le 06 novembre 2014

Courrier des internautes

Je sollicite votre avis sur une question qui se pose entre mon compagnon et moi-même : il emploi régulièrement le verbe « dévergoyer » (veuillez m’excuser pour l’orthographe) dans le sens de « dévergonder ». Moi je ne connais pas ce verbe et lui dis qu’il n’existe pas mais lui prétend que ce serait du vieux français.

Aucune recherche internet ne semble tendre vers l’existence de ce verbe.

Pourriez-vous donc prendre quelques minutes pour nous éclairer, nous dire si ce verbe existe ou non, et si oui, mon compagnon l’emploie-t-il dans le juste sens ?

Morgane P. (France, 7 octobre)

L’Académie répond :

On trouve en ancien français le verbe vergoigner, « couvrir de honte, déshonorer », avec une dizaine de variantes orthographiques.

Ce verbe n’existe plus en français contemporain. On rencontre encore l’adjectif vergogneux, « qui a de la pudeur, timide, réservé ».

Ainsi dans Automne, de Guillaume Apollinaire :

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux / Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne / Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux.

Olivier V. (L’Étrat)

Le 06 novembre 2014

Courrier des internautes

J’ai découvert par hasard que l’on pourrait classer l’ensemble des mots du dictionnaire français en deux grandes catégories de mots. Sauf erreur de ma part, il n’existe pas de définition pour décrire ses deux catégories. Me serait-il possible de participer à l’élaboration de deux mots qui définiraient ces deux catégories ?

Olivier V. (L’Étrat, 24 septembre)

L’Académie répond :

Il y a plusieurs manières de classer les mots en deux grandes catégories : mots variables et mots invariables. Dans ce cas les adverbes et les adjectifs sont séparés. On peut aussi distinguer les catégories limitées : conjonctions, pronoms personnels de catégories ouvertes ; dans ce cas les adverbes et les adjectifs appartiennent à cette dernière catégorie.

Sylvie F. (Moyeuvre-Grande)

Le 06 novembre 2014

Courrier des internautes

On entend très couramment les gens dire « beaucoup mieux ». Cette expression, qui me hérisse le poil, est-elle grammaticalement incorrecte (comme je le pense) ou juste maladroite ?

Sylvie F. (Moyeuvre-Grande, 20 septembre)

L’Académie répond :

Beaucoup mieux est parfaitement correct ; on le trouve deux fois dans notre Dictionnaire : Elle va beaucoup mieux depuis quelques jours et Son ouvrage est beaucoup mieux fait qu’à l’ordinaire.

Beaucoup mieux se rencontre chez de grands auteurs comme André Gide, Maurice Druon, Jean-Paul Sartre, Jean Rostand, Benjamin Constant, George Sand, Romain Rolland, etc.

Astrid K. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Le verbe synergiser est-il correct ou est-ce un abus de langage « franglais » ?

Astrid K. (France, 16 septembre)

L’Académie répond :

Les verbes en -iser français viennent parfois de noms en -ie : agoniser, allégoriser, coloniser, synchroniser, etc. Ils peuvent aussi être empruntés de formes anglaises en to [...]-ize ; c’est le cas de maximiser, optimiser, paupériser, pressuriser, etc.

Synergiser ne me semble pas relever de ce dernier cas, puisque je n’ai pas trouvé de verbe *to synergise dans les dictionnaires anglais que j’ai consultés.

Synergiser me semble donc être un néologisme de mauvais aloi puisqu’existent déjà nombre de locutions pouvant nous éviter son emploi.

Mathieu. N. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Je suis professeur des écoles et j’aimerais savoir quand vous allez réformer correctement l’orthographe. Mille est invariable, cent et vingt prennent des s de façon sporadique et c’est très complexe à enseigner et même pour nous à retenir. Les accords des participes passés avec le c.o.d., ce sont des règles d’un autre temps qui alourdissent la langue et qui écœurent la plupart des gens. Certes lorsqu’on fait partie de la haute société, c’est génial pour se faire bien voir mais la langue n’est-elle pas d’abord un outil pour que tous les français puissent communiquer...

Mathieu. N. (France, 9 septembre)

L’Académie répond :

Vous serez sans doute heureux d’apprendre que la réforme de 1990 a été mise en place par le Conseil supérieur de la langue française, qui était alors présidé par Maurice Druon, Secrétaire perpétuel de l’Académie française, et que ladite Académie a voté à l’unanimité cette réforme.

Les règles de variabilité de vingt et cent sont simples. Vous avez raison de dire que les règles d’accord du participe passé sont d’un autre âge. C’est vrai aussi de presque tous les mots que vous utilisez dans ce courriel.

Pour que tous les Français puissent communiquer, il faut des règles. Au Moyen âge, quand l’orthographe n’était pas fixée, on ne pouvait lire des textes écrits deux générations auparavant.

Melchiade B. (Burundi)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Peut-on dire « entrer en guerre contre » ou « entrer en guerre avec » ?

Comment peut-on employer les deux prépositions sans les confondre ?

Melchiade B. (Burundi, 5 mai)

L’Académie répond :

On dira plutôt être en guerre avec, sans que la locution être en guerre contre puisse être considérée comme fautive.

Il s’agit là d’un usage également fréquent au sens figuré (être en guerre avec l’administration). En revanche, la préposition contre est la seule possible dans les locutions partir en guerre contre, mener une guerre contre.

Pierre V. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Je me permets de vous écrire concernant un problème d’étymologie dont je ne trouve la réponse nulle part actuellement. Il concerne le mot daube. Je cherche comment ce mot qui peut décrire un mode de cuisson ou le fait d’insulter quelqu’un a dérivé dans le langage argotique actuel pour décrire quelque chose de mauvais, mal fait, malodorant ...

Pierre V. (France, 14 septembre)

L’Académie répond :

Daube est passé du sens de « plat mariné » à celui de chose lourde et indigeste, dans quelque domaine que ce soit.

Salome H. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Y a-t-il une ou des règles concernant la prononciation des mots latins conservés en français ? Par exemple, y a-t-il une explication au fait que nous prononçons « agenda » « ajenda » (c’est-à-dire « à la française ») mais « incipit » « inkipite » (c’est-à-dire « à la latine ») ?

Salome H. (France, 14 septembre)

L’Académie répond :

Les mots latins qui sont entrés depuis longtemps dans la langue française se prononcent à la française ; c’est le cas d’agenda, qui est apparu au XVIe siècle et n’est plus senti comme un mot latin. Incipit est beaucoup plus tardif ; il apparaît au XIXe pour désigner le début d’un manuscrit, et dans la deuxième moitié du XXe siècle dans la langue de la critique littéraire. Il est fortement ressenti comme latin (ne serait-ce que parce que l’on prononce le -t final) ; aussi le prononce-t-on à la latine.

V. (France)

Le 02 octobre 2014

Courrier des internautes

Je me posais la question suivante : J’entends les gens dire « On va parler économie » (ou culture, sport, etc.). N’est-ce pas une erreur ? J’ai appris à l’école qu’il fallait dire « On va parler DE sport » (culture, économie, etc.) et qu’on parlait une langue. Qu’en est-il ?

V. (France, 15 septembre)

L’Académie répond :

Cette forme est correcte. On lit dans notre Dictionnaire, à l’article Parler : « S’entretenir de ; prendre pour sujet de conversation, de discours (est alors suivi directement du complément, sans l’article). Parler musique, peinture.

Parler politique, affaires. Parler chicane, parler de procès, de procédure. Fam. et péj. Parler boutique, [...] Parler chiffons [...]. »

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