Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Antoine A. (France)

Le 07 décembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour, comment appelle-t-on les « pas » si l’on marche sur les mains ?

Mon ami m’a dit avoir « fait 14 pas sur les mains » mais est-ce le bon mot que de dire « pas » ?

Cordialement.

Antoine A. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

La performance est admirable, mais trop rare pour qu’il y ait un autre mot pour ce type de pas. On dit d’ailleurs également marcher. On dira donc des pas pour les avancées de votre ami.

Cordialement.

B. (France)

Le 07 décembre 2017

Courrier des internautes

Comment doit-on conjuguer le verbe faire à la deuxième personne du pluriel :

« Vous faites » ou « vous faîtes ».

B. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

On écrit vous faites. C’est au passé simple, dans la forme vous fîtes, que l’on trouve un accent circonflexe. Cet accent circonflexe permet de distinguer des formes de passé simple comme vous dîtes, des formes du présent comme vous dites.

Cordialement.

M. (France)

Le 07 décembre 2017

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Je souhaiterais avoir des précisions quant à l’emploi de l’expression « être urbain » : est-elle correcte ? On m’a conseillé de m’en tenir au nom « urbanité » et de dire de quelqu’un qu’il est poli, civil ou affable.

Merci pour votre éclairage.

Sincèrement.

M. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

Urbain au sens de « qui fait preuve d’urbanité » est attesté depuis le xviie siècle, mais il est peu fréquent. On le trouve le plus souvent comme adjectif pour désigner une voix, un ton, une attitude. Quand il se rapporte à une personne, il est généralement accompagné d’un adverbe : voilà un enfant bien urbain ; vous êtes très urbain ; il n’est guère urbain.

Cordialement.

Patrice G. (France)

Le 07 décembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Archéologue et anthropologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), je suis impliqué (enseignements, interventions sur le terrain, recherches etc.) dans les problématiques de recherche de cadavre au profit de la gendarmerie et de la police. Cette discipline est appelée chez nos collègues anglo-saxons « Forensic archaeology ». Est-il possible de le traduire par « Archéologie forensique » ? Il apparaît en effet que le terme « archéologie médico-légale », pourtant utilisé, n’est pas adapté dans la mesure où je ne suis pas docteur en médecine ni ne donne un avis sur les causes de la mort, prérogative du médecin légiste, dans les expertises sur les ossements humains.

Pourriez-vous me donner votre avis sur la question ou me communiquer le service ou les personnes à contacter ?

Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire en l’expression de ma profonde considération.

Patrice G. (France)

L’Académie répond :

Cher Monsieur,

Le terme anglais forensic vient directement du latin forensis : « de la place publique, du forum, judiciaire ». Si forum servit à forger de nombreux termes français tels for, forêt ou forfait, ce ne fut pas le cas de forensis.

Médicolégal est attesté dans notre langue depuis le xviiie siècle. Pour des raisons historiques, l’accent est mis, comme vous le soulignez très justement, sur la médecine. De nos jours, de nombreuses spécialités scientifiques contribuent à la résolution de procédures civiles et pénales.

La Commission d’enrichissement de la langue française, aux travaux de laquelle l’Académie française participe, a proposé des noms de spécialités forgés à partir du terme historique, bien attesté dans l’usage et clair, plutôt que d’adopter un mot dont la morphologie, en français, parait obscure. Une extension du sens classique de médicolégal lui semblait plus naturelle. Ainsi, sur le site France Terme vous trouverez une fiche terminologique pour la chimie médicolégale, qui n’est pas toujours pratiquée par des médecins.

Cela dit, le Petit Robert, dans son édition de 2017, a enregistré forensique, ce qui montre que l’usage évolue. Reste à savoir si ce mot s’implantera durablement.

Cordialement.

Suviane. F. (France)

Le 07 décembre 2017

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Doit-on dire « c’est sa faute » ou « c’est de sa faute ».

Par avance merci de votre réponse

Cordialement.

Suviane. F. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La présence de la préposition de est facultative. On dit ou on écrit c’est ma faute, c’est de ma faute. À l’origine c’est ma faute est une construction attributive, alors que c’est de ma faute a plus une valeur causale, mais ces différences ne sont plus guère perçues aujourd’hui.

Cordialement.

Thomas Chautard

Le 07 décembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

J’ai appris que « est » et « et » se prononcent de la même façon, alors que certain amis prononcent l'un avec un accent aigu, et l'autre avec un accent grave. Qui a raison ?

Thomas C.

L’Académie répond :

Monsieur,

S’il n’y a pas d’hésitation pour la prononciation de la conjonction et, pour laquelle le é est en effet fermé, c’est un peu plus délicat pour l’auxiliaire être à la troisième personne, c’est-à-dire la forme est. Traditionnellement, les traités de prononciation préconisent le son è, mais l’usage n’est nullement univoque, et l’on entend é dans de nombreuses régions. Cette dernière prononciation ne saurait être considérée comme fautive.

Cordialement.

Benoît Le V. (France)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Je souhaite savoir si gendarmette est le terme officiel pour un gendarme de sexe féminin. Est-ce péjoratif ?

Benoît Le V. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le nom gendarme est un nom masculin qui peut désigner un homme comme une femme (comme les féminins sentinelle ou vedette d’ailleurs). Je vous conseille donc le masculin. On peut si on le souhaite parler de femme gendarme. Certains textes font de gendarme un épicène (un/une gendarme). Quoi qu’il en soit, l’emploi du mot gendarmette est réservé, j’en ai bien peur, à l’évocation des personnages d’une célèbre comédie avec Louis de Funès.

Cordialement.

Emmanuelle D. (France)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Professeur de FLE (français langue étrangère ou seconde) je reçois des questions de mes élèves ...

Pourquoi ne prononçons-nous pas le « r » de premier ou tous les verbes en « er » alors que nous prononçons celui de cuiller ... ?

Pourquoi pour certains mots ne prononçons-nous pas les dernières lettres (drap, pont, rat, jet) alors que pour les mois de l’année, c’est l’inverse : mars, avril, août ...

Merci pour les éclaircissements !

Emmanuelle D. (France)

L’Académie répond :

Madame,

C’est l’évolution phonétique qui explique le passage du latin -are au français -er pour l’infinitif des verbes du premier groupe.

La prononciation de cuiller s’explique par le fait qu’il s’agit d’un nom féminin, aussi écrit cuillère.

Les occlusives p, b, t, d, k et g ne sont en général pas prononcées ; ce sont le plus souvent des lettres étymologiques. À l’origine, le t d’août ne se faisait pas entendre et, aujourd’hui encore, il n’est pas incorrect de ne pas le prononcer. Il a été ajouté pour ne pas être confondu avec ou, houx et .

Les liquides l et r sont plus souvent prononcées, mais les mois ne sont pas un cas particulier : r final n’est pas prononcé dans février ou janvier ; t ne l’est pas dans juillet.

Cordialement.

 

 

Johanna S. (Afrique du Sud)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour. Je suis professeur de français et mes étudiants m’ont demandé quelle est la différence entre « approcher de » et « s’approcher de ».

Je sais lequel il faut utiliser dans un certain contexte, mais difficile, voire impossible d’expliquer. Je vous remercie de votre aide.

Johanna S. (Afrique du Sud)

L’Académie répond :

Madame,

Ces deux termes sont synonymes, mais en règle générale, quand le sujet est un nom de chose on emploie approcher ; quand le sujet est un nom de personne, on peut employer approcher ou s’approcher. On dira ainsi L’ennemi approche ou s’approche de la ville, mais la nuit approche.

Cordialement.

Liliane B. (France)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour !

Je voudrai savoir si « chauffeur » au féminin c’est « chauffeuse » ?

Merci.

Liliane B. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Le nom chauffeur désigne à la fois un homme ou une femme. On dit Elle est chauffeur de taxi ; la forme chauffeuse s’est employée naguère pour désigner une femme qui conduit un véhicule. On lisait ainsi dans la 8e édition de notre Dictionnaire : Elle a obtenu son permis de chauffeuse ; ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Cordialement.

 

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