Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Beatrice W. (Le Petit-Quevilly)

Le 09 septembre 2014

Courrier des internautes

Peut-on dire « s’engager à » suivi d’un nom et non d’un verbe ? Exemple : « s’engager à une action ».

Beatrice W. (Le Petit-Quevilly, 2 avril)

L’Académie répond :

S’engager à est le plus souvent suivi d’un infinitif : Il s’engage à venir ; il est parfois suivi d’une subordonnée introduite par ce que : Il s’engage à ce que les travaux soient faits.

On le trouve enfin avec plus que ; Il s’engage à plus qu’il ne peut tenir ou, à la forme négative, avec rien. Il ne s’engage à rien.

Mais s’engager à ne peut être suivi d’un nom que si ce verbe est employé dans le sens de se lier, s’enrôler, s’inscrire : S’engager au service de quelqu’un, S’engager au mariage, S’engager à une épreuve de natation.

 

Gilles M. (France)

Le 09 septembre 2014

Courrier des internautes

J’ai entendu parler récemment d’un concept que l’on appelle le « transhumanisme ». C’est une théorie selon laquelle l’homme est amené à évoluer, à devenir un « transhumain », c’est-à-dire un humain en transition, un humain qui sera « amélioré » (physiquement ou mentalement) grâce à l’ajout d’éléments à l’intérieur de son corps (puce électronique, pacemaker, etc.).

Pouvez-vous me dire si ce concept est aujourd’hui identifié par l’Académie Française?

Gilles M. (France, 7 avril)

L’Académie répond :

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel récent, dont l’idée maîtresse est d’utiliser les nouvelles technologies (en particulier les biotechnologies, l’informatique, les neurosciences et les sciences cognitives) pour « améliorer » l’être humain.

Le terme lui-même n’est pas récent – Huxley l’utilise déjà en 1957 – mais le concept se développe, en Californie dans les années 1980.

Pour ce qui est de la langue, le terme est formé sur le modèle de nombreux mots utilisant le préfixe trans. Ce dernier peut évoquer l’idée de « transition » ou de « passage » ; mais aussi celle d’« aller au travers de » (comme dans transpercer), ou encore d’« aller au-delà » (par exemple dans transalpin). Il présente l’avantage de se décliner aisément aussi bien en anglais qu’en français : transhumaniste, transhumanité.

Cependant, ce terme et ses dérivés n’étant que récemment entrés dans la langue française, il n’est pas certain qu’ils fassent l’objet d’une entrée dans l’édition en cours du Dictionnaire de l’Académie française. En effet, si l’Académie française prend connaissance des néologismes, elle a avant tout pour vocation d’enregistrer les termes usuels et de fixer les bons usages de notre langue.

 

Gilles M. (France)

Le 09 septembre 2014

Courrier des internautes

Pourriez-vous me dire quelle est l’origine de l’expression « c’est du gâteau »? Il y a en plus l’équivalent en anglais « piece of cake », donc j’imagine que c’est lié ?

Gilles M. (France, 5 mai)

L’Académie répond :

La forme C’est du gâteau est attestée depuis peu (1952). La langue courante et populaire associe les friandises et les sucreries à des choses faciles. On a ainsi C’est du gâteau, c’est du nanan ou, à la forme négative pour désigner une tâche ardue : C’est pas de la tarte…

 

L. C. (France)

Le 09 septembre 2014

Courrier des internautes

Veuillez, je vous en prie, m’excuser pour le dérangement occasionné, mais une question me trotte dans la tête: quel est donc l’histoire de l’adverbe « vachement » ? Je ne parviens pas à la retracer, et si je sais que ce mot vient du latin « caro », je ne vois pas le rapport entre sa signification et son étymologie. Aussi tentè-je auprès de vous d’avoir une explication.

L. C. (France, 20 mai)

L’Académie répond :

Vachement n’est pas dérivé de caro.

Vachement est dérivé de vache. Il apparaît en français en 1906 avec le sens de « de manière méchante » et, en 1930, avec le sens de vraiment, absolument.

Son évolution de sens est semblable à celle de méchamment ou de monstrueusement.

On est passé, pour vache, du bovin à la personne très méchante par référence au caractère hypocrite prêté à cet animal.

Par la suite, dans la langue populaire, par antiphrase, oh la vache ! a servi à exprimer l’admiration.

 

Virginie S. (France)

Le 09 septembre 2014

Courrier des internautes

Entre « lequel » et « qui », je souhaiterais savoir s’il vous plaît ce qu’il faut choisir et pourquoi. Que faut-il dire ici: « M. X sans qui cette exposition n’aurait pas été possible » ou « M. X sans lequel cette exposition n’aurait pas été possible ».

Je ne sais jamais si les deux relatifs sont acceptés et d’utilisation indifférente ou si leur emploi est conditionné et bien particulier... Je suis souvent ennuyée avec des phrases de ce type.

Merci beaucoup de votre réponse (... rapide s’il vous plaît car je dois faire un discours demain).

Virginie S. (France, 6 mai)

L’Académie répond :

Quand l’antécédent est une personne, on peut employer les pronoms lequel ou qui. Quand l’antécédent est une chose, on ne peut employer que le pronom lequel.

C’est pourquoi certains considèrent qu’il est plus élégant d’utiliser qui et uniquement qui quand l’antécédent est une personne, même si, une fois encore, la forme lequel n’est pas incorrecte.

Arthur B. (France)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

En parlant du Châtelet à Paris, doit on dire « J’étais à Châtelet » ou bien « J’étais au Châtelet » ?

Par avance je vous remercie de votre réponse,

Arthur B. (France, 25 mai)

L’Académie répond

Le mot châtelet peut désigner à Paris plusieurs réalités. Il peut s’agir de l’ancien château médiéval ou du théâtre construit place du Châtelet ; dans ces deux cas l’article, avec à, sera nécessaire : J’étais au Châtelet pour J’étais dans la forteresse / dans le théâtre du Châtelet.

Mais il désigne couramment aussi le quartier, la place ou la station de métro ; dans ce cas, on n’emploie pas l’article avec la préposition à : J’étais à Châtelet pour J’étais dans le quartier de Châtelet ou J’étais à la station Châtelet.

Claire A. (France)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

Correct est un adjectif qui s’accorde, mais pourquoi a-t-on « quelque chose de correct » et pas « correcte » ? Merci.

Claire A. (France, 2 juin)

L’Académie répond

On considère le syntagme quelque chose comme figé et constituant une entité autonome dans laquelle le nom chose n’est plus perçu comme un nom. À ce titre, quelque chose est un pronom indéfini et son genre est masculin. On écrit donc bien quelque chose de correct.

Melchiade B. (Burundi)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

Que peut-on dire entre : « témoigner de sa reconnaissance » et « témoigner sa reconnaissance » ? pourquoi ?

Melchiade B. (Burundi, 25 mai)

L’Académie répond

Ces deux formes peuvent s’employer.

Témoigner sa reconnaissance signifie « exprimer, manifester, faire connaître sa reconnaissance » (le sujet est un être animé).

Témoigner de sa reconnaissance signifie « se porter garant de sa reconnaissance » (le sujet est un être animé), « être la preuve manifeste de sa reconnaissance » (le sujet est une chose).

Nicolas P. (France)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

Suite à une affirmation d’un ami à moi sur laquelle j’avais un doute, je me permets de vous écrire ce petit courrier afin de clarifier la situation.

On donne la phrase : « On dit “chevaux” lorsqu’il y a plusieurs “cheval”. »

Question 1 : Peut-on exprimer cette phrase sous cette forme exacte ?

Question 2 : Si oui, doit-on mettre, ou non, un « s » à « cheval » ?

Je vous remercie par avance pour la réponse que vous m’apporterez.

Nicolas P. (France, 25 mai)

L’Académie répond

Le pluriel de cheval est toujours chevaux et l’Académie française n’a jamais ni proposé ni accepté un pluriel en -als. À notre connaissance aucun lexicographe ni aucun éditeur de dictionnaire sérieux n’a émis une telle proposition.

En revanche, il est vrai que le pluriel de cheval était chevals en ancien français. Le l s’est vocalisé en u (prononcé ou) et chevals a été orthographié chevaus. Les copistes utilisaient un signe proche de notre x pour transcrire le groupe us.

La graphie chevax parut ensuite fautive à ceux qui ne connaissaient pas ce signe et un u fut réintroduit. On aboutit bien à la graphie chevaux.

Quant à la phrase que vous nous soumettez, voici de quelle manière vous pourriez la formuler : On dit « chevaux » lorsqu’il y a plus d’un cheval.

Tristan B. (L’Île-Bouchard)

Le 11 juillet 2014

Courrier des internautes

Une étrange question est venue embrouiller mon esprit. Certaines personnes m’ont affirmé que le verbe « commencer » ne pouvait être employé en début de phrase lorsqu’il était conjugué à l’imparfait. Cependant, la phrase : « Nous commencions tout juste à marcher lorsque l’orage a éclaté » me semble correcte.

Pouvez-vous éclairer ma lanterne je vous prie.

Tristan B. (L’Île-Bouchard, 23 mai)

L’Académie répond

Quelle étrange interdiction !

On lit, dans le Dictionnaire de l’Académie française, les exemples suivants, avec commencer, à l’imparfait, en début de phrase : Le spectacle commençait par des acrobaties. L’aurore commençait à poindre, etc.

On trouve de nombreuses fois cette construction chez les meilleurs écrivains.

 

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