Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Melchiade B. (Burundi)

Le 2 octobre 2014

Courrier des internautes

Peut-on dire « entrer en guerre contre » ou « entrer en guerre avec » ?

Comment peut-on employer les deux prépositions sans les confondre ?

Melchiade B. (Burundi, 5 mai)

L’Académie répond :

On dira plutôt être en guerre avec, sans que la locution être en guerre contre puisse être considérée comme fautive.

Il s’agit là d’un usage également fréquent au sens figuré (être en guerre avec l’administration). En revanche, la préposition contre est la seule possible dans les locutions partir en guerre contre, mener une guerre contre.

Pierre V. (France)

Le 2 octobre 2014

Courrier des internautes

Je me permets de vous écrire concernant un problème d’étymologie dont je ne trouve la réponse nulle part actuellement. Il concerne le mot daube. Je cherche comment ce mot qui peut décrire un mode de cuisson ou le fait d’insulter quelqu’un a dérivé dans le langage argotique actuel pour décrire quelque chose de mauvais, mal fait, malodorant ...

Pierre V. (France, 14 septembre)

L’Académie répond :

Daube est passé du sens de « plat mariné » à celui de chose lourde et indigeste, dans quelque domaine que ce soit.

Salome H. (France)

Le 2 octobre 2014

Courrier des internautes

Y a-t-il une ou des règles concernant la prononciation des mots latins conservés en français ? Par exemple, y a-t-il une explication au fait que nous prononçons « agenda » « ajenda » (c’est-à-dire « à la française ») mais « incipit » « inkipite » (c’est-à-dire « à la latine ») ?

Salome H. (France, 14 septembre)

L’Académie répond :

Les mots latins qui sont entrés depuis longtemps dans la langue française se prononcent à la française ; c’est le cas d’agenda, qui est apparu au XVIe siècle et n’est plus senti comme un mot latin. Incipit est beaucoup plus tardif ; il apparaît au XIXe pour désigner le début d’un manuscrit, et dans la deuxième moitié du XXe siècle dans la langue de la critique littéraire. Il est fortement ressenti comme latin (ne serait-ce que parce que l’on prononce le -t final) ; aussi le prononce-t-on à la latine.

V. (France)

Le 2 octobre 2014

Courrier des internautes

Je me posais la question suivante : J’entends les gens dire « On va parler économie » (ou culture, sport, etc.). N’est-ce pas une erreur ? J’ai appris à l’école qu’il fallait dire « On va parler DE sport » (culture, économie, etc.) et qu’on parlait une langue. Qu’en est-il ?

V. (France, 15 septembre)

L’Académie répond :

Cette forme est correcte. On lit dans notre Dictionnaire, à l’article Parler : « S’entretenir de ; prendre pour sujet de conversation, de discours (est alors suivi directement du complément, sans l’article). Parler musique, peinture.

Parler politique, affaires. Parler chicane, parler de procès, de procédure. Fam. et péj. Parler boutique, [...] Parler chiffons [...]. »

Véronique P. (Sablé-sur-Sarthe)

Le 2 octobre 2014

Courrier des internautes

Enseignante en mathématiques, je m’interroge sur la manière d’apprendre l’écriture des nombres en toutes lettres à mes élèves :

- Met-on obligatoirement des tirets pour les nombres supérieurs à cent ou est-il encore toléré de ne mettre des tirets qu’entre dizaines et unités (c’est ce qui encore indiqué dans les manuels scolaires) ?

Exemple : écrit-on deux cent dix ou deux-cent-dix ?

- Met-on des tirets autour de million et milliard ?

Véronique P. (Sablé-sur-Sarthe, 14 septembre)

L’Académie répond :

On écrirait naguère vingt-trois, deux cent dix et deux cent vingt-cinq. Les Rectifications de 1990 ont proposé de simplifier et de lier tous les numéraux par un trait d’union, y compris million et milliard.

On distingue ainsi mille-deux-cent-quarante huitièmes (1240/8) de mille-deux-cents quarante huitièmes (1200/48) de mille deux-cent-quarante-huitièmes (1000/248).

Beatrice W. (Le Petit-Quevilly)

Le 9 septembre 2014

Courrier des internautes

Peut-on dire « s’engager à » suivi d’un nom et non d’un verbe ? Exemple : « s’engager à une action ».

Beatrice W. (Le Petit-Quevilly, 2 avril)

L’Académie répond :

S’engager à est le plus souvent suivi d’un infinitif : Il s’engage à venir ; il est parfois suivi d’une subordonnée introduite par ce que : Il s’engage à ce que les travaux soient faits.

On le trouve enfin avec plus que ; Il s’engage à plus qu’il ne peut tenir ou, à la forme négative, avec rien. Il ne s’engage à rien.

Mais s’engager à ne peut être suivi d’un nom que si ce verbe est employé dans le sens de se lier, s’enrôler, s’inscrire : S’engager au service de quelqu’un, S’engager au mariage, S’engager à une épreuve de natation.

Gilles M. (France)

Le 9 septembre 2014

Courrier des internautes

Pourriez-vous me dire quelle est l’origine de l’expression « c’est du gâteau »? Il y a en plus l’équivalent en anglais « piece of cake », donc j’imagine que c’est lié ?

Gilles M. (France, 5 mai)

L’Académie répond :

La forme C’est du gâteau est attestée depuis peu (1952). La langue courante et populaire associe les friandises et les sucreries à des choses faciles. On a ainsi C’est du gâteau, c’est du nanan ou, à la forme négative pour désigner une tâche ardue : C’est pas de la tarte…

Gilles M. (France)

Le 9 septembre 2014

Courrier des internautes

J’ai entendu parler récemment d’un concept que l’on appelle le « transhumanisme ». C’est une théorie selon laquelle l’homme est amené à évoluer, à devenir un « transhumain », c’est-à-dire un humain en transition, un humain qui sera « amélioré » (physiquement ou mentalement) grâce à l’ajout d’éléments à l’intérieur de son corps (puce électronique, pacemaker, etc.).

Pouvez-vous me dire si ce concept est aujourd’hui identifié par l’Académie Française?

Gilles M. (France, 7 avril)

L’Académie répond :

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel récent, dont l’idée maîtresse est d’utiliser les nouvelles technologies (en particulier les biotechnologies, l’informatique, les neurosciences et les sciences cognitives) pour « améliorer » l’être humain.

Le terme lui-même n’est pas récent – Huxley l’utilise déjà en 1957 – mais le concept se développe, en Californie dans les années 1980.

Pour ce qui est de la langue, le terme est formé sur le modèle de nombreux mots utilisant le préfixe trans. Ce dernier peut évoquer l’idée de « transition » ou de « passage » ; mais aussi celle d’« aller au travers de » (comme dans transpercer), ou encore d’« aller au-delà » (par exemple dans transalpin). Il présente l’avantage de se décliner aisément aussi bien en anglais qu’en français : transhumaniste, transhumanité.

Cependant, ce terme et ses dérivés n’étant que récemment entrés dans la langue française, il n’est pas certain qu’ils fassent l’objet d’une entrée dans l’édition en cours du Dictionnaire de l’Académie française. En effet, si l’Académie française prend connaissance des néologismes, elle a avant tout pour vocation d’enregistrer les termes usuels et de fixer les bons usages de notre langue.

L. C. (France)

Le 9 septembre 2014

Courrier des internautes

Veuillez, je vous en prie, m’excuser pour le dérangement occasionné, mais une question me trotte dans la tête: quel est donc l’histoire de l’adverbe « vachement » ? Je ne parviens pas à la retracer, et si je sais que ce mot vient du latin « caro », je ne vois pas le rapport entre sa signification et son étymologie. Aussi tentè-je auprès de vous d’avoir une explication.

L. C. (France, 20 mai)

L’Académie répond :

Vachement n’est pas dérivé de caro.

Vachement est dérivé de vache. Il apparaît en français en 1906 avec le sens de « de manière méchante » et, en 1930, avec le sens de vraiment, absolument.

Son évolution de sens est semblable à celle de méchamment ou de monstrueusement.

On est passé, pour vache, du bovin à la personne très méchante par référence au caractère hypocrite prêté à cet animal.

Par la suite, dans la langue populaire, par antiphrase, oh la vache ! a servi à exprimer l’admiration.

Virginie S. (France)

Le 9 septembre 2014

Courrier des internautes

Entre « lequel » et « qui », je souhaiterais savoir s’il vous plaît ce qu’il faut choisir et pourquoi. Que faut-il dire ici: « M. X sans qui cette exposition n’aurait pas été possible » ou « M. X sans lequel cette exposition n’aurait pas été possible ».

Je ne sais jamais si les deux relatifs sont acceptés et d’utilisation indifférente ou si leur emploi est conditionné et bien particulier... Je suis souvent ennuyée avec des phrases de ce type.

Merci beaucoup de votre réponse (... rapide s’il vous plaît car je dois faire un discours demain).

Virginie S. (France, 6 mai)

L’Académie répond :

Quand l’antécédent est une personne, on peut employer les pronoms lequel ou qui. Quand l’antécédent est une chose, on ne peut employer que le pronom lequel.

C’est pourquoi certains considèrent qu’il est plus élégant d’utiliser qui et uniquement qui quand l’antécédent est une personne, même si, une fois encore, la forme lequel n’est pas incorrecte.

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