Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Djin D. (Belgique)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Doit-on prononcer cobail ou cobè pour le nom commun cobaye.

Merci.

Djin D. (Belgique)

L’Académie répond :

 

Madame,

Aujourd’hui on prononce cobail ; Cette prononciation se rencontre depuis le xixe siècle, mais, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, elle était en concurrence avec cobè.

Dans les années 1930, la radio interrogea Joseph Meister, qui était gardien à l’Institut Pasteur, après avoir été, en 1885, la première personne vaccinée contre la rage, et dans cet entretien, il parle à plusieurs reprises de cobayes, qu’il appelle toujours des cobè.

Cordialement.

Michael G. (France)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Peut-on dire « un petit peu » ?

Michael G. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Ce tour familier est correct. On le lit chez de très grands auteurs comme Sartre, Huysmans, Claudel, Ramuz, Mérimée, Romains, Renard et plus encore chez des auteurs usant d’une langue populaire comme Marcel Aymé ou Céline.

Cordialement.

Pierre S. (Belgique)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Je m’interroge sur l’emploi de « et notamment », où le « et » me semble inutile et même fautif, introduisant une idée d’ajout alors que le « notamment » est dans l’idée d’inclusion. Le dictionnaire du CNRS ne l’envisage d’ailleurs pas.

Pierre S. (Belgique)

L’Académie répond :

Monsieur,

On trouve 274 fois dans le Trésor de la langue française, le dictionnaire du C.N.R.S., « et notamment ». Dire que ce dictionnaire n’évoque pas cette tournure me semble donc un peu abusif.

Cordialement.

Safya (France)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Bonjour.

Ma question porte sur la nature grammaticale du mot « au ».

D’après mes connaissances, le mot « au » est rangé dans la classe grammaticale des déterminants, il est plus précisément « un article défini contracté » (contraction de la préposition à et le). Ma question est de savoir s’il est possible que le mot « au » soit une préposition ?

Safya (France)

L’Académie répond :

Madame,

Le mot au est la contraction de la préposition à et de l’article le ; c’est donc à la fois un article et une préposition.

On le voit dans les formes parallèles comme « Je vais à la piscine et au stade » ; il en va de même pour du, contraction de de + le.

Cordialement.

W. (France)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

De nombreux élèves emploient souvent l’adjectif « ennuyant » au lieu de « ennuyeux ». Par exemple : « Ce cours était ennuyant ! »

Quel est le bon emploi de ces adjectifs ?

W. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Le mot « ennuyant » figure encore dans le Dictionnaire de l’Académie française parce qu’on le retrouve chez de grands auteurs des siècles passés, et que ce dictionnaire est aussi un outil pour pouvoir lire ces auteurs. Ennuyant n’est pas, à proprement parler, incorrect, mais on dira et on écrira aujourd’hui ennuyeux sauf si l’on a une volonté marquée d’utiliser une forme vieillie.

Cordialement.

Aude C. (France)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

Se répand un usage étrange du « à » en lieu et place d’un « en train de ». « Il est à mettre ses chaussures », là où ne devrions-nous pas dire « Il est en train de mettre ses chaussures » ?

Est-ce fautif ?

Merci.

Aude C. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Ce tour est dans l’usage quand être à est accompagné d’un adverbe. Il est toujours à crier, il est encore à boire. On lit dans notre Dictionnaire Il est toujours à marmonner dans son coin. En dehors de ces cas, être en train de est préférable.

Cordialement.

Jean Jack C. (France)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Dans le tome II de Histoire de France, Jules Michelet écrivait : « Tous souhaitaient sortir de peine, et n’importe à quel prix. »

La locution « à n’importe quel prix » serait-elle incorrecte ?

Cordialement.

Jean Jack C. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

On dit plus couramment aujourd’hui à n’importe quel prix et dans cette locution adverbiale, n’importe a perdu de sa valeur verbale. Dans n’importe à quel prix, que l’on lit aussi chez Zola ou Erckmann-Chatrian, n’importe (qui pourrait être remplacé par peu importe) pourrait varier en temps : n’importait à quel prix.

Cordialement.

 

Jean-Eric S. (Belgique)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

  Cette phrase est-elle correcte ?

« De ces deux commandements dépend la Loi, ainsi que les Prophètes. »

Je suppose que la proposition conjonctive « averbale » n’intervient pas dans l’accord avec le verbe dépendre. Reste que cette tournure est à mes yeux un peu maladroite.

En vous remerciant d’avance de votre réponse.

Jean-Eric S. (Belgique)

L’Académie répond :

Monsieur,

Lorsque deux sujets sont joints par ainsi que, le premier règle seul l’accord s’il exprime l’idée dominante ; dans le cas contraire, le verbe se met au pluriel. Ce pays, ainsi que le nôtre d’ailleurs, traverse une crise grave. La réserve ainsi que la courtoisie sont des qualités appréciées de tous.

Il me semble qu’ici la loi est l’idée dominante, et l’accord est donc juste.

Cordialement.

Melaine A. (France)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

Dans la bénédiction « Urbi et Orbi » doit on faire la liaison entre le « t » et le « o » ?

Pourquoi « au monde et à la ville » ?

Avec mes remerciements.

Melaine A. (France)

L’Académie répond :

 

On doit faire la liaison car en latin, le t de et se fait entendre. On dit « au monde et à la ville » parce que dans l’Empire romain on distinguait la ville de Rome, urbi du reste de l’empire, qui, au temps de sa plus grande extension couvrait l’ensemble du monde connu orbi.

Cordialement.

 

Patrick Sch. (France)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour

Je vous remercie de bien vouloir me préciser pourquoi on dit excommunication au lieu d’excommunication ; en effet il me semble qu’il s’agit plutôt du verbe communier et non communiquer.

Merci d’avance Bien à vous.

Patrick Sch. (France)

L’Académie répond :

Les formes correctes sont excommunication et excommunier. Excommunication est une forme savante empruntée du latin excommunicatio. Excommunier est emprunté de excommunicare, avec influence de communier. Communier est une forme populaire issue du latin communicare qui a donné, en langue savante, communiquer.

Cordialement.

 

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