Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Madeleyn N. (France)

Le 4 mai 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je cherche l’origine de l’expression « un repas de brebis ». Je sais que c’est un repas sans boire mais d’où vient cette expression ? Je n’ai pas trouvé de référence sur le site de l’Académie française ni ailleurs.

Madeleyn N. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Cette expression se rencontre d’abord dans l’expression « faire un dîner de brebis », dans le Dictionnaire d’Antoine Oudin, au xviie siècle.

Je pense qu’elle est tirée de l’observation du fait que, quand les brebis (mais cela aurait été valable pour d’autres animaux) paissent, elles ne boivent pas.

Cordialement.

Philippe R. (France)

Le 4 mai 2018

Courrier des internautes

Je me posais la question récemment, au sujet de la formule : « il est tout nu », de savoir si au pluriel il valait mieux utiliser la formule « ils sont tous nus » ou au contraire la formule « ils sont “tout nu” » en mettant cette dernière entre guillemets (pour éviter les fautes d’orthographe). Cette dernière formule me paraissant mieux exprimer l’état de nudité que la formule « ils sont tous nus » que je trouve un peu plate !

Philippe R. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le pluriel d’Il est tout nu est Ils sont tout nus.

Dans ce cas tout est un adverbe qui signifie « entièrement ».

On distinguera bien Ils sont tout nus, « ils sont entièrement nus » et Ils sont tous (le s se prononce…) nus, « ils sont nus sans exception ».

Cordialement.

Thierry S. (France)

Le 4 mai 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Alors qu’il y a unanimité sur la prononciation du mot « oignon » (prononcé o-gnon par tous), il y a semble-t-il clivage sur le mot « moignon » dont on entend les deux prononciations : mo-gnon ou moi-gnon.

Quelle est la bonne prononciation ?

Avec tous mes remerciements,

Cordialement.

Thierry S. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Même si Littré préférait la forme mo-gnon et écrivait « d’autres disent moi-gnon ; mo-gnon est le plus usité et est le meilleur ; comparez oignon », la forme en usage aujourd’hui est moi-gnon. C’était déjà celle que recommandait Féraud dans son Dictionnaire critique de la langue française en 1787.

Cordialement.

Valérie C. (France)

Le 4 mai 2018

Courrier des internautes

Cher immortel,

Pardon de vous troubler en votre état d’immortalité, mais une question de conjugaison me taraude : il existe une forme passé de l’impératif (ex. aie mangé). Dans quel cas utilise-t-on ce temps ?

Merci.

Valérie C. (France)

L’Académie répond :

Madame,

On l’emploie quand l’action décrite par l’impératif est antérieure à une autre action à venir.

Aie mangé à huit heures, aie fini ton travail avant de jouer, sois couché quand je rentrerai, etc.

Cordialement.

 

Catherine D. (France)

Le 6 avril 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Est-ce vrai qu’il n’y a pas de règles d’orthographe pour les noms propres ? Pourrait-on écrire alors Janson de Saillie au lieu de Janson de Sailly ?

Merci pour votre réponse,

Cordialement.

Catherine D. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La formule est maladroite. On l’employait autrefois pour indiquer que l’on ne sanctionnait pas les élèves qui, dans une dictée, auraient fait une faute d’orthographe à un nom propre qu’ils pouvaient ne pas connaître. D’ailleurs, le plus souvent, le maître écrivait le nom au tableau.

Mais les noms propres ont une orthographe, et plus ces noms sont connus, moins on pardonne les fautes dans leur écriture. On sera indulgent pour une faute dans le nom d’auteur peu connu ; on le sera moins pour qui écrirait Victore Hugault.

Cordialement.

Dominique D. (France)

Le 6 avril 2018

Courrier des internautes

On utilise souvent, y compris dans la presse écrite ou parlée, les verbes : révolutionner, émotionner (ancienne forme du supin) ; pourquoi ne pas les remplacer par bouleverser ou émouvoir ? il est vrai que dans ce dernier cas la conjugaison est plus ardue.

Merci.

Dominique D. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

1. La forme révolutionner est correcte ; on peut l’employer pour signaler un fort changement quand on estime que bouleverser ne suffirait pas.

2. Nous partageons le point de vue de Remy de Gourmont, qui écrit dans Esthétique de la langue française (1899) : « L’on ne voit pas bien que la langue qui avait émouvoir ait fait, en acceptant émotionner, une acquisition ni très importante ni très belle. »

Cordialement.

Florien V. (France)

Le 6 avril 2018

Courrier des internautes

Chère Académie,

Avoir trait (à) ?

Doit-on dire « Le mysticisme est ce qui a trait aux mystères, aux choses cachées » ou « le mysticisme est ce qui a trait les mystères, les choses cachées » ?

Florien V. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

La lecture correcte est avoir trait à. Si on écrit a trait + C.O.D. on fait de trait non pas un nom, mais le participe passé de traire. On distinguera ce qui a trait aux vaches, « ce qui concerne les vaches », et ce qui a trait les vaches, « ce qui a tiré le lait des vaches ».

Cordialement.

François C. (France)

Le 6 avril 2018

Courrier des internautes

Chers académiciens,

Je me permets de vous envoyer ce présent courriel afin de savoir si vous pourriez me renseigner au sujet de la grammaticalité des deux énoncés suivants :

1. « Nous avons pensé À lui offrir... »

2. « Nous avons pensé lui offrir... ».

Respectueusement.

François C. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les deux formes sont correctes. Il y a entre elles une nuance de sens. Nous avons pensé lui offrir signifie « nous avons l’idée de lui offrir telle ou telle chose », alors que Nous avons pensé à lui offrir souligne « nous n’avons pas oublié de lui offrir… »

Cordialement.

Mathias F. (France)

Le 6 avril 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je suis un jeune professeur de Mathématiques, et je souhaiterais savoir si je dois dire « Combien fait 6x4 ? » ou « Combien font 6x4 ? ».

Merci d’avance.

Mathias F. (France)

L’Académie répond :

Les deux formes sont correctes. On peut faire l’accord au singulier en sous-entendant un sujet comme « cela », « le résultat », « la somme », « le total ».

Vous pouvez donc écrire aussi Combien fait 6 fois 4 ? Combien fait quatre et quatre ?

On peut faire l’accord au pluriel en considérant que les différents membres de l’opération sont des sujets. Vous pouvez donc écrire aussi Combien font 6 fois 4 ? Combien font quater et quatre ?

Ces remarques à propos de faire valent aussi pour égaler ou donner.

Cordialement.

Serge H. (Slovénie)

Le 6 avril 2018

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Le sujet est d’importance. On lit, on entend : « Albert et Ernestine ont fait l’amour ». C’est clair.

On lit, et on entend : « Albert a fait l’amour avec Ernestine », comme, réciproquement, « Ernestine a fait l’amour avec Albert » – il me semble que l’on comprend bien la même chose.

On entend aussi la phrase, plus qu’on ne la lit ( ?) : « Albert a fait l’amour à Ernestine », et beaucoup plus rarement la réciproque.

Les deux constructions, avec « avec » et avec « à », sont-elles d’usage correct et strictement synonymes ? Et d’où provient cette triple construction possible ?

Merci de votre réponse, et de l’excellence de votre site !

 

L’Académie répond :

Monsieur,

Au 16e siècle, faire l’amour à signifiait « courtiser ».

Aujourd’hui on trouve faire l’amour à et faire l’amour avec et les sens sont assez proches, mais la préposition avec suppose une forme d’égalité, alors que la préposition à peut supposer une forme de passivité de la personne complément de la locution faire l’amour. Cela est plus vrai quand le complément est un nom et cela s’estompe quand le complément est un pronom.

Cordialement.

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