Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Sandra T. (France)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je voudrais savoir pourquoi on ne peut pas dire : je vais faire 40 ans.

On me dit que le bon verbe à employer est le verbe « avoir », mais je voudrais comprendre pourquoi?

Merci d’avance.

Sandra T. (France)

L’Académie répond :

Madame,

On doit dire avoir 40 ans. Faire 40 ans signifie « ressembler à quelqu’un qui a 40 ans », « donner l’impression d’avoir cet âge ». Ce tour est cependant très rare et l’usage préfère « faire vieux, faire jeune ; faire plus, moins que son âge ».

Cordialement.

 

Thomas K. (Royaume-Uni)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Nous ne sommes pas d’accord sur la prononciation de l’expression suivante : « pot à eau ». Doit-on faire la liaison et prononcer « potao » ou bien « po a o» » ?

Merci pour votre aide !

Thomas K. (Royaume-Uni)

 

L’Académie répond :

À l’article pot de son Dictionnaire, Littré écrit : Le t ne se lie pas, excepté devant à et les articles au et aux, qui en proviennent : pot à l’eau, pot aux roses, pot au lait, etc. que l’on prononce po-t à l’eau, etc. Prononçons nus le po-t-au feu…

Cordialement.

 

Victor D. (France)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

Le père de ma femme est mon « beau-père ». Le mari de ma mère est mon « beau-père ». Je ne peux pas croire que la langue française ait un seul mot pour désigner ces deux personnes. C’est vrai ? Merci.

Victor D. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le problème que vous soulevez est intéressant.

La distinction entre la mère du conjoint, appelée belle-mère, et la nouvelle femme du père, appelée marâtre, distinction qui existe en espagnol ou en anglais, n’est plus utilisée actuellement du fait des connotations péjoratives associées au terme marâtre (voyez ainsi la définition que donne notre Dictionnaire de ce terme : « Belle-mère, pour des enfants dont le père s’est remarié. Ne se dit guère plus en ce sens que d’une femme qui maltraite les enfants que son mari a eu d’un autre lit. ») On n’emploie aujourd’hui que le seul terme belle-mère pour les deux situations (il en est de même pour beau-père / parâtre).

Cette polysémie est évidemment source de confusions, mais elle est courante dans notre langue car il n’existe pas un nom pour désigner chaque réalité. Il reste à voir comment évolueront les choses, et en particulier si l’usage trouvera nécessaire d’inventer une nouvelle forme ou si le contexte, l’emploi de périphrases (la femme de mon père, la mère de mon mari) seront jugés suffisants.

Faisons confiance au génie de la langue.

Cordialement.

W. (France)

Le 9 janvier 2018

Courrier des internautes

De nombreux élèves emploient souvent l’adjectif « ennuyant » au lieu de « ennuyeux ». Par exemple : « Ce cours était ennuyant ! »

Quel est le bon emploi de ces adjectifs ?

W. (France)

 

L’Académie répond :

Madame,

Le mot ennuyant figure encore dans le Dictionnaire de l’Académie française parce qu’on le retrouve chez de grands auteurs des siècles passés, et que ce dictionnaire est aussi un outil pour pouvoir lire ces auteurs. Ennuyant n’est pas, à proprement parler, incorrect, mais on dira et on écrira aujourd’hui ennuyeux sauf si l’on a une volonté marquée d’utiliser une forme vieillie.

Cordialement.

 

Antoine A. (France)

Le 7 décembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour, comment appelle-t-on les « pas » si l’on marche sur les mains ?

Mon ami m’a dit avoir « fait 14 pas sur les mains » mais est-ce le bon mot que de dire « pas » ?

Cordialement.

Antoine A. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

La performance est admirable, mais trop rare pour qu’il y ait un autre mot pour ce type de pas. On dit d’ailleurs également marcher. On dira donc des pas pour les avancées de votre ami.

Cordialement.

B. (France)

Le 7 décembre 2017

Courrier des internautes

Comment doit-on conjuguer le verbe faire à la deuxième personne du pluriel :

« Vous faites » ou « vous faîtes ».

B. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

On écrit vous faites. C’est au passé simple, dans la forme vous fîtes, que l’on trouve un accent circonflexe. Cet accent circonflexe permet de distinguer des formes de passé simple comme vous dîtes, des formes du présent comme vous dites.

Cordialement.

M. (France)

Le 7 décembre 2017

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Je souhaiterais avoir des précisions quant à l’emploi de l’expression « être urbain » : est-elle correcte ? On m’a conseillé de m’en tenir au nom « urbanité » et de dire de quelqu’un qu’il est poli, civil ou affable.

Merci pour votre éclairage.

Sincèrement.

M. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

Urbain au sens de « qui fait preuve d’urbanité » est attesté depuis le xviie siècle, mais il est peu fréquent. On le trouve le plus souvent comme adjectif pour désigner une voix, un ton, une attitude. Quand il se rapporte à une personne, il est généralement accompagné d’un adverbe : voilà un enfant bien urbain ; vous êtes très urbain ; il n’est guère urbain.

Cordialement.

Patrice G. (France)

Le 7 décembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Archéologue et anthropologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), je suis impliqué (enseignements, interventions sur le terrain, recherches etc.) dans les problématiques de recherche de cadavre au profit de la gendarmerie et de la police. Cette discipline est appelée chez nos collègues anglo-saxons « Forensic archaeology ». Est-il possible de le traduire par « Archéologie forensique » ? Il apparaît en effet que le terme « archéologie médico-légale », pourtant utilisé, n’est pas adapté dans la mesure où je ne suis pas docteur en médecine ni ne donne un avis sur les causes de la mort, prérogative du médecin légiste, dans les expertises sur les ossements humains.

Pourriez-vous me donner votre avis sur la question ou me communiquer le service ou les personnes à contacter ?

Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire en l’expression de ma profonde considération.

Patrice G. (France)

L’Académie répond :

Cher Monsieur,

Le terme anglais forensic vient directement du latin forensis : « de la place publique, du forum, judiciaire ». Si forum servit à forger de nombreux termes français tels for, forêt ou forfait, ce ne fut pas le cas de forensis.

Médicolégal est attesté dans notre langue depuis le xviiie siècle. Pour des raisons historiques, l’accent est mis, comme vous le soulignez très justement, sur la médecine. De nos jours, de nombreuses spécialités scientifiques contribuent à la résolution de procédures civiles et pénales.

La Commission d’enrichissement de la langue française, aux travaux de laquelle l’Académie française participe, a proposé des noms de spécialités forgés à partir du terme historique, bien attesté dans l’usage et clair, plutôt que d’adopter un mot dont la morphologie, en français, parait obscure. Une extension du sens classique de médicolégal lui semblait plus naturelle. Ainsi, sur le site France Terme vous trouverez une fiche terminologique pour la chimie médicolégale, qui n’est pas toujours pratiquée par des médecins.

Cela dit, le Petit Robert, dans son édition de 2017, a enregistré forensique, ce qui montre que l’usage évolue. Reste à savoir si ce mot s’implantera durablement.

Cordialement.

Suviane. F. (France)

Le 7 décembre 2017

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Doit-on dire « c’est sa faute » ou « c’est de sa faute ».

Par avance merci de votre réponse

Cordialement.

Suviane. F. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La présence de la préposition de est facultative. On dit ou on écrit c’est ma faute, c’est de ma faute. À l’origine c’est ma faute est une construction attributive, alors que c’est de ma faute a plus une valeur causale, mais ces différences ne sont plus guère perçues aujourd’hui.

Cordialement.

Thomas Chautard

Le 7 décembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

J’ai appris que « est » et « et » se prononcent de la même façon, alors que certain amis prononcent l'un avec un accent aigu, et l'autre avec un accent grave. Qui a raison ?

Thomas C.

L’Académie répond :

Monsieur,

S’il n’y a pas d’hésitation pour la prononciation de la conjonction et, pour laquelle le é est en effet fermé, c’est un peu plus délicat pour l’auxiliaire être à la troisième personne, c’est-à-dire la forme est. Traditionnellement, les traités de prononciation préconisent le son è, mais l’usage n’est nullement univoque, et l’on entend é dans de nombreuses régions. Cette dernière prononciation ne saurait être considérée comme fautive.

Cordialement.

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