Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Myriam B. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

Comment appelle-t-on l’action de savourer ? Un synonyme serait dégustation mais y a-t-il un nom formé à partir de savourer ?

Myriam B. (France)

L’Académie répond :

On trouve chez Flaubert, dans Par les champs et par les grèves, le mot savouration : Longue savouration de cette nature calme, mais c’est un hapax.

Solène O. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

Que doit-on dire : « la sœur de Hugo » ou « la sœur d’Hugo » ?

Solène O. (France)

L’Académie répond :

Le e de la préposition de s’élide devant un h muet comme devant une voyelle avec les noms communs et les noms propres. On dira donc un dictionnaire d’hébreu, d’anglais, le pinceau d’Hélène, le cheval blanc d’Henri IV, les habitants d’Haïti mais un regard de hibou, un jeu de hasard, les œuvres de Haydn. L’erreur qui consiste à ne pas pratiquer l’élision (par exemple : un film de Yves Robert) tend à se répandre.

Cela dit, pour certains noms propres, même français, l’usage est encore flottant : on dira un poème d’Hugo ou de Hugo. Stendhal a écrit une Vie de Henry Brulard.

Zoé H. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

J’aimerais savoir pourquoi « symétrie » n’a plus qu’un « m » en français (comme en catalan, « simetria ») (alors que l’allemand, l’anglais ou l’italien ont gardé la géminée).

Si j’ai bien compris l’article du TLFI, le 2e « m » est tombé en français entre 1740 et 1762 (mais quelques lignes plus loin on a une occurrence de « symétrie » datant de 1545, donc je n’ai pas dû bien comprendre).

Savez-vous pourquoi ce « m » est tombé ? Et pourquoi ce phénomène s’est produit dans certaines langues (si c’est le même) et pas dans les autres ?

Et pourriez-vous m’indiquer avec quels outils on peut faire une recherche de ce type ? La plupart des rubriques « étymologie » dans les dictionnaires donnent l’origine latine ou grecque mais ne précisent pas l’historique de l’évolution.

Zoé H. (France)

L’Académie répond :

Il y a eu longtemps deux formes concurrentes pour ce mot : l’une avec deux m, qui était conforme à l’étymologie ; l’autre avec un seul m, qui est conforme à la prononciation.

C’est cette forme qui a été choisie par l’usage au xviiie siècle. L’allemand et l’anglais sont plus conservateurs pour les emprunts du grec et du latin, parce que ces langues ne sont pas latines. L’italien l’est également parce qu’il est plus proche du latin original.

Pour ce type de recherche, il me semble que le meilleur ouvrage est le Dictionnaire historique de l’orthographe française, de Nina Catach.

Basile M. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Un de mes amis utilise souvent le terme cobureau pour désigner un de ses collègues qui travaille dans le même bureau que lui, ce terme existe-t-il ?

Si non que convient-il de dire ?

Basile M. (France)

L’Académie répond :

Cobureau ne figure dans aucun des ouvrages que j’ai consultés. Ce mot est formé sur le modèle de co-turne, employé dans l’argot estudiantin ; mais il ne doit être employé que comme une forme d’argot professionnel. En dehors de ce cadre, on dira « la personne qui partage mon bureau ».

Clémence M. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Question un peu naïve sans doute (et de réflexion personnelle) : à partir de quand considère-t-on qu’un mot existe ? (suffit-il qu’il soit couramment employé ?) À partir de quand et comment décide-t-on qu’il appartient à la langue française ?

Clémence M. (France)

L’Académie répond :

Vous posez une question très importante. À partir du moment où un mot est dit ou écrit, et compris par la personne à qui l’on s’adresse, ce mot existe. Mais il arrive fréquemment que ce mot appartienne à un groupe trop limité pour être enregistré par les dictionnaires de la langue française qui, si volumineux soient-ils, ne peuvent viser à l’exhaustivité.

Il arrive aussi que des mots soient trop anciens pour figurer encore dans des dictionnaires d’usage. C’est pourquoi la plupart des dictionnaires, et particulièrement le Dictionnaire de l’Académie française, s’attachent à l’idée de langue commune.

En utilisant des mots n’appartenant pas à cette langue commune en dehors du milieu où ils sont vivants, on s’expose à n’être pas compris et à être soupçonné de mal connaître le français.

David T. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

J’aimerais savoir si le mot « retrouvailles » doit toujours être employé au pluriel ou alors si un emploi au singulier serait correct.

David T. (France)

L’Académie répond :

Retrouvailles s’emploie essentiellement au pluriel pour évoquer le fait que des personnes se retrouvent. Mais cette forme existe aussi au singulier ; elle a alors un autre sens. Retrouvaille désigne le fait de retrouver ce dont on était séparé, ce qu’on avait perdu.

José B. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Il me semble que « à chaque fois » est moins correct que « chaque fois » mais on l’entend de plus en plus. Comment en différencier l’emploi ?

On m’a toujours dit de ne pas prononcer le s final du mot ananas. Qu’en est-il ?

Je vous remercie par avance de l’aide que vous pourrez m’apporter !

Mes oreilles sont bien souvent écorchées hélas par les nombreuses fautes entendues à la radio ou à la télévision, alors j’essaie de résister mais le doute me gagne parfois !

José B. (France)

L’Académie répond :

À chaque fois (que) est tout à fait correct, d’emploi plus rare et plus littéraire que chaque fois (que).

En revanche, la construction elliptique (à) chaque fois que possible est inusitée. Elle mêle les constructions régulières autant que, aussitôt que, dès que possible et (à) chaque fois que, toutes les fois que cela sera possible.

Linzet P (England)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

I teach French in England and my students would like to know why in French you say « une chaise, une table, une bière, une barbe, un pied, un balai, un ordre » ! Why these feminine and masculine genres ? Where do they come from ? (« J’enseigne le français en Angleterre et mes étudiants aimeraient savoir pourquoi en français vous dites “une chaise, une table, une bière, une barbe, un pied, un balai, un ordre” ! Pourquoi ces genres féminins et masculins ? D’où viennent-ils ? »)

Linzet P (England)

L’Académie répond :

The gender of the nouns depends on their etymology. For instance table is in French a feminine noun, because it is issued from the feminine latin noun tabula ; but table is Tisch in german which is a masculine noun, because it is issued from the masculine latin noun discus. («  Le genre des noms dépend de l’étymologie. Par exemple, table, en français, est un nom féminin parce que ce mot vient du nom latin féminin tabula. Mais table se dit Tisch en allemand, un nom masculin, parce que ce mot vient du nom latin masculin discus. »)

Murielle V. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Bonjour, je suis secrétaire à la direction juridique et je me pose toujours la question de la majuscule ou minuscule à D de Direction et à J de Juridique, quand et dans quel contexte ?

Murielle V. (France)

L’Académie répond :

Dans l’édition comme dans la presse, on écrit « direction juridique » sans aucune majuscule (comme on écrit la direction commerciale, la direction générale, la direction du personnel, etc.). Dans un document ou texte professionnel, il convient donc de respecter cette « règle » : hélas la sobriété de l’orthotypographie française est menacée par d’autres manières d’écrire, principalement anglo-saxonnes, où l’emploi de la majuscule est très fréquent, et parfois quelque peu anarchique.

Bien sûr une majuscule initiale au mot ne confère pas une plus haute importance à la chose ; certains semblent pourtant persuadés du contraire, et, dans tous les domaines, on observe un recours abusif, irraisonné à ces lettres majuscules…

Pour compléter notre réponse, précisons que, si l’adjectif juridique doit s’écrire en minuscules, le nom direction peut dans certains cas présenter un D majuscule (on ne le fera pas alors précéder de l’article) : dans une adresse, un en-tête, un organigramme, etc., voire dans un texte à caractère professionnel s’il s’agit de mettre particulièrement en relief ce service.

Nicolas D. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Félicitations pour cette belle rubrique qui m’est souvent utile, en tant que « jeune ». J’ai offert les deux livres édités à ma petite sœur devenue récemment professeur de lettres. Mon grand-père était très attaché à notre très belle et si riche langue française et à toutes initiatives pour sa défense. Je ne peux que vous remercier pour vos travaux.

Nicolas D. (France)

L’Académie répond :

Au nom de toute l’équipe de Dire, ne pas dire, merci de vos compliments. Nous essaierons de continuer à en être dignes.

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