Michel ZINK Élu en 2017 au fauteuil 37

N°730
Commandeur de la Légion d'honneur
Commandeur des Palmes académiques
Commandeur de l'ordre du Mérite de la République italienne
Écrivain
Philologue

Biographie

Né le 5 mai 1945 à Issy-les-Moulineaux. Il est élève au lycée du Parc à Lyon de la 11e à la khâgne, d’où il intègre l’École normale supérieure (Ulm) en 1964. Agrégé de lettres classiques en 1967, il est assistant, puis maître-assistant à la Sorbonne de 1968 à 1976, avec une interruption de deux ans (1970-1972) pendant lesquels il est assistant à la faculté des lettres de Tunis au titre de la coopération militaire. Il soutient une thèse de 3e cycle en 1970 sur le genre lyrique médiéval de la pastourelle et une thèse d’État en 1975 sur les débuts de la prédication en langue vernaculaire romane. Il est professeur à l’université de Toulouse II de 1976 à 1987, puis à l’université Paris-Sorbonne de 1987 à 1994, enfin au Collège de France, où il tient de 1994 à 2016 la chaire de Littératures de la France médiévale. Il est élu en 2000 à l’Académie des inscriptions et belles-lettres dont il est le Secrétaire perpétuel depuis 2011.

Il a enseigné comme professeur invité à Yale, à Berkeley, à « Penn » (University of Pennsylvania), à Johns-Hopkins, à Columbia, à Stanford, à Wesleyan, à l’université de Chicago, à celle de Rome « La Sapienza », à celle de Naples « Federico II », à celle de Constance, de Saint-Jacques-de-Compostelle, de Genève, de Zurich. Ses nombreux cours et conférences dans d’autres universités américaines, européennes, japonaises, chinoises et coréennes se sont parfois confondus avec la « délocalisation » de ses cours du Collège de France.

Il a exercé au fil des années les responsabilités et obtenu les récompenses qui accompagnent une carrière universitaire. Il a été membre, puis président du jury du concours d’entrée (A/L) à l’École normale supérieure, président du conseil d’administration de la même École, membre de l’International Advisory Board de l’université de Nagoya, vice-président de l’assemblée des professeurs du Collège de France, codirecteur de la revue Romania. Actuellement, il est, entre autres, secrétaire général du conseil d’administration de la Fondation Singer-Polignac, membre, depuis plusieurs décennies, du conseil de rédaction de Commentaire, membre du jury du prix Chateaubriand, du prix Guizot, du prix Arsène Lupin du roman policier. Il a reçu le prix de l’Association internationale des études françaises (1987), la grande médaille d’or de la société Arts, Sciences, Lettres (1997), le Liseron d’or de l’académie des Jeux floraux de Toulouse (2001). Il est docteur honoris causa des universités de Sheffield (2004) et de Bucarest (2011). Le prix Balzan lui a été décerné en 2007. Il est membre étranger de l’American Academy of Arts and Sciences et de la Royal Swedish Academy of Letters, History and Antiquities, membre correspondant étranger de l’Académie autrichienne des sciences, de l’Académie des sciences de Lisbonne et de la Medieval Academy of America, membre d’honneur de l’Académie de Versailles, de l’Académie des sciences, lettres et arts d’Alsace et de l’Académie de Lyon.

La grande majorité de ses livres et la plupart des ouvrages qu’il a écrits en collaboration ou dirigés portent sur la littérature du Moyen Âge, particulièrement la poésie lyrique et la littérature religieuse, ou plus exactement la pensée religieuse dans la littérature et ses conséquences sur la pensée et l’esthétique littéraires. Certains colloques qu’il a organisés et les volumes qui en ont été tirés portent sur des thèmes généraux touchant plus directement à la théorie littéraire.

Préoccupé par le risque de dessèchement, d’enfermement dans le cercle étroit des spécialistes, d’incompréhension et d’oubli qui menace la littérature du passé, il a créé en 1988 au Livre de Poche la collection Lettres gothiques, où sont publiées des œuvres du Moyen Âge dans le texte original français, occitan ou latin avec une traduction en regard. Il prend grand intérêt et grand plaisir aux entreprises de vulgarisation sous toutes les formes, comme les brèves chroniques qu’il a données un été sur France Inter sous le titre Bienvenue au Moyen Âge et qui ont été réunies dans un petit livre. Son effort est toujours de donner accès aux textes eux-mêmes et de s’effacer derrière eux.

Il a publié aussi des romans, des contes, des souvenirs.

Élu à l’Académie française, le 14 décembre 2017, au fauteuil de René Girard (37e fauteuil).

Œuvres

1971 Les Dessins géométriques (Édition de la Grisière)

1972 La Pastourelle. Poésie et folklore au Moyen Âge (Bordas)

1976 La Prédication en langue romane avant 1300 (Honoré Champion)

1978 Belle. Essai sur les chansons de toile (Honoré Champion)

1979 Roman rose et rose rouge. - Le Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole de Jean Renart (Les Belles lettres)

1982 Le Roman d'Apollonius de Tyr (Le Livre de poche)

1985 La Subjectivité littéraire. Autour du siècle de Saint Louis (PUF)

1989 Rutebeuf. Œuvres complètes (tome I) (Classiques Garnier)

1990 Rutebeuf. Œuvres complètes (tome II) (Classiques Garnier)

1990 Le Moyen Âge. Littérature française (PUF)

1992 Histoire européenne du roman médiéval. Esquisse et perspectives - (en collaboration) (PUF)

1992 Dictionnaire des lettres françaises - Le Moyen Âge - (direction d’ouvrage)

1992 Les Voix de la conscience. Parole du poète et parole de Dieu dans la littérature médiévale (Editions Paradigme)

1992 Littérature française du Moyen Âge (PUF)

1996 Le Moyen Âge et ses chansons ou Un passé en trompe-l’œil (Éditions de Fallois)

1998 Froissart et le temps (PUF)

1998 Le Tiers d’amour. Un roman des troubadours (Éditions de Fallois)

1999 Le Jongleur de Notre-Dame. Contes chrétiens du Moyen Âge (Le Seuil/Plon)

1999 Pages manuscrites de la littérature médiévale - (en collaboration) (Le Livre de poche)

2002 Déodat ou la transparence. Un roman du Graal (Le Seuil/Plon)

2002 Dictionnaire du Moyen Âge - (direction d'ouvrage)

2002 L’Œuvre et son ombre. Que peut la littérature secondaire ? - (direction d'ouvrage)

2003 Poésie et conversion au Moyen Âge (PUF)

2004 Arsène Lupin et le mystère d’Arsonval (Éditions de Fallois)

2004 Le Moyen Âge à la lettre. Un abécédaire médiéval (Tallandier)

2006 Nature et poésie au Moyen Âge (Fayard)

2007 Un portefeuille toulousain (Éditions de Fallois)

2009 Seuls les enfants savent lire (Tallandier)

2010 Livres anciens, lectures vivantes. Ce qui passe et ce qui demeure - (direction d'ouvrage)

2013 Les Troubadours. Une histoire poétique (Perrin)

2014 D’autres langues que la mienne - (direction d'ouvrage)

2015 Bienvenue au Moyen Âge (Éditions des Équateurs)

2017 L’Humiliation, le Moyen Âge et nous (Albin Michel)

2018 Bérets noirs, bérets rouges (Éditions de Fallois)

Discours et travaux académiques

Mot attribué lors de l’installation

Vibrant :

VIBRANT, -ANTE adj. {xviiie siècle. Participe présent de vibrer.}
1. phys. Qui vibre, qui est en vibration. Pythagore étudia les propriétés fondamentales des cordes vibrantes. Verge vibrante, barre solide homogène, utilisée pour étudier la propagation des ondes (on dit aussi Verge élastique).
Spécialt. phon. Une consonne vibrante ou, ellipt. et subst., une vibrante, une consonne dont l’émission comporte une ou plusieurs occlusions dans lesquelles la pointe de la langue, la luette, les lèvres vibrent au passage de l’air. Le « r » roulé et le « r » grasseyé sont des vibrantes.
2. Qui est soumis à des secousses, est agité de tremblements (en ce sens, s’emploie surtout dans des emplois techniques). bât. Règle vibrante, pourvue d’un moteur dont les vibrations permettent de lisser le béton d’une dalle, d’une chape, d’en expulser les bulles d’air, et d’en augmenter ainsi la résistance.
Spécialt. Se dit d’un son qui varie légèrement en intensité et en hauteur ou qui tremble un peu. Le chant vibrant des cigales. Il lui répondit, la voix vibrante d’indignation.
Fig. Après ce magnifique concert, l’auditoire, vibrant d’émotion, éclata en applaudissements. Il était tout vibrant d’amour. Par méton. Un discours vibrant, qui est plein d’ardeur, de sentiment. La plaidoirie vibrante de cet avocat a sauvé son client.
3. Se dit d’un son qui résonne, qui porte et, par ext., d’une teinte vive, éclatante. Il lui adressa un vibrant bonjour. Les couleurs vibrantes d’un tableau.