c.gif (350 octets)réée officiellement en 1635, par le Cardinal de Richelieu, et instituée par lettres patentes signées par le roi Louis XIII, l’Académie française est régie par trois ordres de textes ayant valeur de lois et règlements : ceux de sa fondation, ceux de 1752 qui, en dehors de quelques dispositions secondaires, avaient pour objet principal de confirmer les premiers ; enfin, après l’éclipse des temps révolutionnaires et la fondation de l’Institut de France, l’ordonnance de 1816 et ses deux annexes, par lesquelles, là encore à quelques modifications de nature pratique près, l’Académie reprenait ses anciens statuts.

     Tel est le corps de droit écrit sur lequel vit la Compagnie.

     Tous ces textes sont suffisamment clairs, généraux et concis pour qu’il n’ait été besoin d’y rien changer, les plus récents remontant à près de deux siècles.

     Ils ont toujours permis à l’Académie, sans les enfreindre, de s’adapter aux circonstances et conditions nouvelles de l’histoire ou des mœurs.

     Bien sûr, comme dans toute institution très ancienne, et très indépendante à la fois, certaines dispositions mineures sont tombées en désuétude, tandis que des usages, des traditions, des coutumes s’installaient, sans que l’esprit du règlement ait jamais été trahi et que les missions fixées à la Compagnie aient jamais été détournées.

     Car c’est la mission, elle, qui est inchangée depuis l’origine : donner des règles certaines à notre langue, la maintenir en pureté, lui garder toujours capacité de traiter avec exactitude tous arts et toutes sciences, et assurer ainsi les caractères qui lui confèrent l’universalité.

     Il n’est guère dans le monde de corps d’État qui ait reçu pareille mission, et surtout aussi impérativement définie.

     Juge du langage, telle est l’Académie par essence et en droit.

     À l’heure où la nécessaire protection de la langue française a conduit les pouvoirs publics à prendre lois et décrets, où les tribunaux vont avoir à se tourner, pour rendre leurs arrêts, vers une source de références, à l’heure aussi où les pays des cinq continents qui ont le français en partage constituent une communauté politique dont le lien premier est la langue, il ne nous paraît pas inutile de réunir et publier les Statuts et règlements de l’Académie française, afin de les tenir à la disposition de tous ceux qui auraient à les connaître.

Maurice Druon
Secrétaire perpétuel
Juillet 1995

Cliquez ici pour consulter nos statuts complets.