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mener à bien sa mission de clarification dune langue française
appelée à devenir « le latin des modernes »,
universelle et accessible à tous, il est dès lorigine
enjoint à lAcadémie française de composer un
dictionnaire (article 26 de ses statuts).
Le
Dictionnaire ne devra ne pas seulement enregistrer dans un ordre alphabétique
des mots avec leur explication ; il devra choisir aussi les mots
dusage propres à figurer dans la conversation, dans les discours,
dans les écrits qui doivent être à la portée de tous.
Les
vieux mots, ceux relevant dun domaine particulier, les mots offensants,
trop populaires ou régionaux en sont généralement
exclus.
LAcadémie
se met au travail, tout en définissant des principes de rédaction
et de présentation. Elle renonce ainsi à faire figurer des
citations dauteur, et décide de regrouper sous un mot vedette
ses dérivés et composés.
Les
travaux navançant que lentement, Vaugelas est chargé
en 1639 de « composer » le Dictionnaire. Il achève
la lettre A la même année et fournit, pour les lettres
suivantes, la matière aux trois bureaux qui siègent en dehors
des assemblées pour lavancement du Dictionnaire.
Sa
mort en 1650 ralentit le travail, alors que la lettre I est atteinte.
Mézeray lui succède dans les travaux préparatoires,
et le canevas du Dictionnaire est achevé en 1672. Il convient alors
den réviser le « premier jet ».
Participent entre autres à ces travaux des académiciens
célèbres, comme La Fontaine très assidu ,
Corneille, Racine ou Boileau.
Limpression
commence dès 1678, mais ce nest quen 1694 que le Dictionnaire,
achevé, est présenté au roi dans son édition
définitive.
Il
comprend 18 000 mots et répond aux principes définis
à lorigine. Il témoigne dun souci de compromis
entre l « ancienne orthographe », influencée
par létymologie, et lorthographe fondée sur
la prononciation, que prônent les réformateurs de ce temps.
Dans
cet esprit, le Dictionnaire entérine la suppression de nombreuses
consonnes purement étymologiques et non prononcées. Il fait
la distinction du i et du j, du u et du v,
restreint lusage du y, commence à user timidement
des accents (é pour es, accent circonflexe pour noter
la disparition dune consonne, etc.).
LAcadémie
française avait reçu en 1674, grâce à Colbert, un
privilège dimpression du Dictionnaire. Malgré cela,
deux dictionnaires concurrents paraissent, celui de Richelet, imprimé
en 1680 à Genève, et celui de Furetière, imprimé
en 1690 à Amsterdam. Ces deux ouvrages avaient des ambitions différentes
de celles que lAcadémie sétait fixées.


e
1694 à nos jours, le Dictionnaire a fait lobjet de huit éditions :
1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878, 1932-1935, 1992...
Les
3e et 4e éditions (1740, 1762) modifient
près de 8.000 graphies dans lesprit des premières
éditions. Elles mettent en place de nombreux accents graves et
aigus.
Les
éditions suivantes (1835, 1878, 1932-1935) sont marquées
parfois par un retour à létymologie, mais aussi par
de nouvelles rectifications et par une augmentation du nombre de soudures
(entracte, contrebalancer, chienlit...).
En
souvrant au vocabulaire général des techniques et
des sciences, le Dictionnaire accroît sa nomenclature à chaque
nouvelle édition. Avec 35.000 mots, la 8e édition (1932-1935)
a pratiquement doublé le nombre de mots recensés à
lorigine.


e
la 9e édition, en cours de publication, lAcadémie
a fait paraître en 1992 le premier tome (A à Enzyme)
et en 2000 le second tome (Éocène à Mappemonde).
Avec
limpression intermédiaire de cahiers au Journal officiel,
les parutions faites à ce jour atteignent la lettre p.
La
présente édition tient compte de lexpansion du vocabulaire
des sciences et des techniques dans le langage courant. Elle souvre
aussi à des mots ou à des acceptions en usage dans le monde
francophone, qui sont de nature à enrichir la langue commune.
Au
total, ce sont près de 60 000 mots qui devraient figurer à
la nomenclature de cette édition, soit un accroissement de lordre
de 25 000 mots par rapport à la précédente édition.
Les mots introduits sont signalés au lecteur par un astérisque.
Cette
édition mentionne les ajustements et rectifications adoptés
en 1990 par lAcadémie, sous réserve dune sanction
de lusage, et qui portent sur 1 300 mots environ.
Elle
a, comme auparavant, le souci du bon usage de la langue et indique, le
cas échéant, divers niveaux de langage (familier, populaire,
vulgaire, argotique...).
Elle
indique aussi les emplois déconseillés et les constructions
fautives.
Elle
souligne certaines particularités : sens ou mot vieilli, emploi
figuré, acception réservée à un domaine spécifique.
Elle
explicite ses définitions par de nombreux exemples et cite, le
cas échéant, des titres duvres célèbres
illustrant certains mots.
Elle
donne enfin de brèves indications sur létymologie
de chacun des mots de sa nomenclature. |