Lettre d'Honoré de Balzac (1799-1850)

Lettre du 5 novembre 1839, Archives de l’Académie française, cote 1 B 1.

L’intérêt de Balzac pour l’Académie française et pour l’autorité langagière qu’elle représente se manifeste très tôt. En 1818, alors qu’il n’est encore âgé que de dix-huit ans, le futur auteur de La Comédie humaine travaille en tant que clerc dans l’étude de Me Guillonnet de Merville, à Paris. À la suite d’une conversation avec ses collègues, il écrit à François Andrieux (membre de l’Académie depuis 1803, et qui en deviendra le Secrétaire perpétuel en 1829), afin de savoir si le mot registre doit être prononcé « regître » ou « registre ». Nul ne sait si la réponse jésuitique de F. Andrieux put satisfaire la curiosité du jeune clerc…

En 1834, son roman, Le Médecin de campagne, est proposé pour le prix Montyon (destiné à récompenser un ouvrage utile aux mœurs), avant d’être éliminé. Après cet échec, Balzac ne sollicite plus aucun prix de l’Académie. Cela ne l’empêche pas, cinq ans plus tard, de présenter sa candidature au fauteuil de l’historien Joseph Michaud, en comptant, parmi ses « titres » littéraires, Le Lys dans la vallée, Eugénie Grandet, La Peau de chagrin, mais aussi… Le Médecin de campagne, jadis retoqué par l’institution. Balzac fait des visites, mais retire sa candidature lorsqu’il apprend que Victor Hugo convoite également le fauteuil de J. Michaud. Le physiologiste Marie-Jean-Pierre Flourens sera finalement élu.

En dépit de ce premier désir de rejoindre la Compagnie, Balzac ne sera jamais élu à l’Académie française.

Bibliographie

  • Marcel Bouteron, « Balzac et l’Institut de France », Revue des Deux Mondes, No. 9 (1er mai 1949), p. 98-117.