Dire, ne pas dire

L’hermine et l’échalote

Le 7 février 2013

Bonheurs & surprises

Il arrive que des mots changent de catégories grammaticales comme les adjectifs beau et important ou les verbes manger et boire qui sont devenus des noms communs. Le verbe avenir est aujourd’hui peu usité, mais son participe présent est devenu l’adjectif avenant et son participe passé féminin, le nom avenue. Mais il arrive aussi que des mots changent de nature en passant d’une langue à l’autre. C’est le cas de l’adjectif latin armenius, qui a donné arménien, mais aussi hermine, tiré de l’expression mus armenius, proprement « rat d’Arménie ». Notre échalote a subi la même aventure. Ce nom est issu du latin ascalonia cepa, proprement « oignon d’Ascalon ». La forme grecque était similaire, puisque ces oignons étaient appelés krommuon askalônion. Ils étaient si réputés dans l’Antiquité que l’on trouve le mot ascalônas, « homme d’Ascalon », dans deux papyrus grecs des IVe et VIe siècles après Jésus-Christ avec le sens de « marchand d’oignons ». Quant aux noms latin et grec de l’oignon, on en trouve des traces en français avec les noms cive, civette, ciboulette et, par analogie de forme, ciboulot, qui sont tirés de cepa - et en anglais avec ramsons, mot qui désigne l’ail aux ours et qui vient de la même racine indo-européenne que le grec krommuon.