Thierry MAULNIER Élu en 1964 au fauteuil 20

N°628
Commandeur de la Légion d’honneur
Auteur dramatique
Critique
Essayiste
Historien
Journaliste
Thierry Maulnier en habit d'académicien

Biographie

Né à Alès, le 1er octobre 1909.

Fils d’enseignant, Thierry Maulnier fit ses études aux lycées d’Alès et de Nice, puis à Louis-le-Grand, avant d’entrer à l’École normale supérieure, où il fut condisciple, entre autres, de Robert Brasillach et de Roger Vailland.

Après sa rencontre avec Henri Massis, au début des années 30, il devait se consacrer au journalisme, collaborant à La Revue universelle et à L’Action française.

Essayiste pétri d’une vaste culture classique, il participa au mouvement intellectuel des « non-conformistes », incarnant au sein de la Jeune Droite une sensibilité agnostique d’inspiration nietzschéenne, qui transparaît dans son essai le plus célèbre, La Crise est dans l’homme (1932).

De cette époque datent encore : Nietzsche (1933), Racine (1934), Mythes socialistes (1938), Au-delà du nationalisme (1938), Introduction à la poésie française (1939).

Codirecteur, à partir de 1936, de la revue Combat, il créa en 1937 avec Jean-Pierre Maxence un hebdomadaire engagé, L’Insurgé, où il prétendait défendre des positions à la fois nationalistes et socialistes.

Poursuivant pendant la Seconde Guerre mondiale sa collaboration régulière à L’Action française, il cessa cependant d’y donner des articles politiques après le débarquement des alliés en Afrique du Nord. Parallèlement, il écrivit, à partir de 1941, pour Le Figaro, où il devait poursuivre sa carrière de journaliste à la Libération.

Il s’éloigna à partir de 1945 du combat politique pour se consacrer davantage à sa carrière d’écrivain. Critique dramatique à Combat et à La Revue de Paris, il fonda avec François Mauriac la revue de La Table ronde, et écrivit plusieurs pièces de théâtre : La Course des rois (1947), Le Profanateur (1950), La Maison de la nuit (1951), Jeanne et ses juges (1952), La Ville au fond de la mer (1953), La Défaite d’Hannibal (1968), Le Soir du conquérant (1970). On lui doit encore quelques essais, dont : Violence et conscience (1945), La Pensée marxiste (1948), La Face de méduse du communisme (1952), Cette Grèce où nous sommes nés(1965), L’Europe a fait le monde (1966), Lettre aux Américains (1968), Le Sens des mots (1976), Les Vaches sacrées (1977) sont les plus marquants.

Thierry Maulnier fut élu à l’Académie française le 13 février 1964, par 20 voix au fauteuil d’Henry Bordeaux. Ce même fauteuil avait fait, au mois de novembre de l’année précédente, l’objet d’une élection blanche, lors de laquelle Thierry Maulnier avait obtenu 14 voix, contre 11 à André Roussin. Thierry Maulnier fut reçu par Marcel Achard, le 20 janvier 1966.

Mort le 9 janvier 1988.


Signature de Thierry Maulnier

Œuvres

1932 La crise est dans l’homme

1933 Nietzsche

1935 Racine (Gallimard)

1936 Mythes socialistes

1937 Au-delà du nationalisme (Gallimard)

1938 La pensée marxiste

1939 Introduction à la poésie française (Gallimard)

1942 La France, la guerre et la paix

1942 Lecture de Phèdre

1944 Antigone 1580, d’après Robert Garnier

1945 Violence et conscience (Gallimard)

1946 Histoire de la guerre

1946 Langages

1946 Arrière-pensées

1947 La course des rois

1948 Esquisses littéraires

1948 La Révolution du XXe siècle

1949 Jeanne et les Juges (Gallimard)

1950 La Ville au fond de la mer (Gallimard)

1952 La face de méduse du communisme (Gallimard)

1952 Le Profanateur (Gallimard)

1953 La maison de la nuit, pièce en trois actes (Gallimard)

1954 Introduction à Colette

1954 La Condition humaine, adaptation

1958 Procès à Jésus

1960 Le Sexe et le Néant

1960 Le Signe du feu

1964 Cette Grèce où nous sommes nés (Flammarion)

1968 La défaite d’Annibal

1968 Lettre aux Américains

1970 L’honneur d’être juif, avec Gilbert Prouteau

1971 Le soir du conquérant (Gallimard)

1976 Le sens des mots (Flammarion)

1977 Les vaches sacrées (Gallimard)

1979 Dialogue inattendu, en collaboration avec Jean Elleinstein (Flammarion)

1980 Celui qui n’avait rien fait

1982 Le monde a pris le large à partir de Paris, avec Gilbert Prouteau (Gallimard)

1982 L’Étrangeté d’être (Gallimard)

1985 Le Dieu masqué

1988 Racine (Gallimard)

1989 Les matins que tu ne verras pas, posthume (Gallimard)

Mot attribué lors de l’installation

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