Marcel ARLAND Élu en 1968 au fauteuil 26

N°636
Commandeur de la Légion d’honneur
Commandeur des Arts et des Lettres
Critique
Essayiste
Historien
Romancier
Marcel Arland en habit d'académicien

Biographie

Né à Varennes-sur-Amance (Haute-Marne), le 5 juillet 1899.

Issu d'une famille de la petite bourgeoisie rurale, Marcel Arland fut, tout enfant, orphelin de père, élevé par sa mère et ses grands-parents.

Après des études brillantes au collège de Langres et à la faculté de Lettres de Paris, il enseigna de 1924 à 1929 au collège de Jouy-en-Josas.

Attiré par la littérature, il collabora dans l'entre-deux-guerres à plusieurs publications, dont L'Université de Paris, et fonda également les revues Aventures et Dés. Séduit un temps par le dadaïsme et le surréalisme, il publia en 1923 son premier livre, Terres étrangères, remarqué par Gide et Larbaud, ce qui lui valut de se voir publié dans la NRF, dont il devint un collaborateur régulier, prenant la succession de Thibaudet à la chronique des romans, avant d'assumer la direction de la revue avec Jean Paulhan, à partir de 1953, puis seul, à la mort de ce dernier en 1968.

Son œuvre tout entière vouée à l'exploration des mondes intérieurs et qui l'inscrit dans la grande tradition des prosateurs français comporte de nombreux titres, parmi lesquels Étienne (1925), Monique (1926), Âmes en peine (1927), Édith (1928), L'Ordre (Prix Goncourt 1929), Antarès (1932), Les Vivants (1934), La Vigie (1935), Les Plus Beaux jours de notre vie (1937), Terre natale(1938), évocation pudique des souvenirs du passé, La Grâce (1941), Zélie dans le désert (1944), Il faut de tout pour faire un monde (1947), La Consolation du voyageur (1952), L'Eau et le Feu (1956), À perdre haleine ( 1960), Le Grand Pardon (1965), La Musique des anges (1967), Attendez l'aube (1970).

Après la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle il supervisa les pages littéraires de la revue Comœdia, Marcel Arland, préoccupé par le sens de la création littéraire, devait orienter ses écrits vers la recherche critique. On lui doit ainsi une Anthologie de la poésie française, et de nombreux essais : Sur une terre menacée (1941), Une passion romantique : A. de Vigny et Marie Dorval (1943), L'Œuvre poétique de Jean de Sponde (1943), Le Promeneur (1944), Marivaux (1950), Lettres de France (1951), La Prose française : anthologie, histoire et critique d'un art (1951), Essais et Nouveaux Essais critiques (1952), La Grâce d'écrire (1955), Je vous écris (1960-1963), La Nuit et les Sources (1963), Proche du silence (1973). Il donna également des volumes de souvenirs : Ce fut ainsi (1979), La Lumière du soir (1983).

Commandeur de la légion d'Honneur, et des Arts et lettres, grand prix de l'Académie française en 1952, grand prix national des Lettres, Marcel Arland fut élu à l'Académie française le 20 juin 1968 sans concurrent au fauteuil d'André Maurois. I1 fut reçu par Jean Mistler le 24 avril 1969.

Mort le 12 janvier 1986.


Signature de Marcel Arland

Œuvres

1914 Étienne

1923 La route obscure

1923 Terres étrangères (Gallimard)

1926 Monique

1927 Étapes

1927 Les âmes en peine (Gallimard)

1927 Où le cœur se partage (Gallimard)

1929 L’Ordre

1931 Essais critiques

1932 Antarès (Gallimard)

1932 Carnets de Gilbert

1934 Les Vivants (Gallimard)

1935 La Vigie (Gallimard)

1937 Les plus beaux de nos jours (Gallimard)

1938 Terre natale (Gallimard)

1941 Sur une terre menacée

1941 Anthologie de la poésie française

1941 La Grâce

1944 Le Promeneur

1944 Zélie dans le désert (Gallimard)

1946 Avec Pascal

1946 Les Échanges

1947 Sidobre

1947 Il faut de tout pour faire un monde

1949 Chronique de la peinture moderne (Buchet-Chastel)

1950 La prose française

1950 Lettres de France

1950 Marivaux

1952 Essais et nouveaux essais critiques

1952 Georges de La Tour

1952 La consolation du voyageur

1954 Nouvelles Lettres de France

1955 La Grâce d’écrire

1956 L’Eau et le Feu (Gallimard)

1960 À perdre haleine (Gallimard)

1960 Je vous écris (Grasset)

1960 La Nuit et les Sources (Grasset)

1965 Le Grand Pardon (Gallimard)

1968 La Musique des Anges (Gallimard)

1970 Attendez l’aube (Gallimard)

1973 Proche du silence (Gallimard)

1977 Avons-nous vécu ? (Gallimard)

1979 Ce fut ainsi (Gallimard)

1980 Dans l’amitié de la peinture (Luneau Ascot)

1981 Mais enfin, qui êtes-vous ? (Gallimard)

1983 Lumière du soir (Gallimard)

Discours et travaux académiques

Mot attribué lors de l’installation

Correspondance :

n. f. XIe siècle. Dérivé de correspondant, participe présent de correspondre.
★I. Relation de conformité, d'harmonie, d'analogie. Il n'y a pas correspondance parfaite entre ces deux phénomènes. Il y avait entre eux une parfaite correspondance d'opinions et de sentiments. logique. Rapport entre un terme donné, l'antécédent, et un ou plusieurs termes, les conséquents, déterminés par le premier. Correspondance univoque, lorsque, à chaque antécédent, ne correspond qu'un seul conséquent. Correspondance réciproque, lorsque le conséquent, pris pour antécédent, a pour conséquent le terme qui était son antécédent. Le cercle vicieux est un cas de correspondance réciproque. - math. Association entre chaque élément d'un ensemble et un ou plusieurs éléments d'un entre ensemble. La projection d'une figure sur un plan est un exemple de correspondance. • Spécialt. La théorie des correspondances, théorie professée par Swedenborg, selon laquelle il y aurait entre les deux règnes dont l'Univers est constitué, le naturel et le spirituel, des relations d'analogie dont l'homme pourrait tirer parti. • Poét. Au pluriel. Analogies que l'on peut découvrir entre les différents ordres de sensations. • Titre célèbre : « Correspondances », sonnet des Fleurs du mal, de Baudelaire (1857).
★II. Relation de communication entre des personnes ou des lieux.
☆1. Échange de lettres entre deux personnes, deux sociétés, un particulier et une administration, etc. Entretenir une correspondance régulière avec un ami. Nous sommes en correspondance depuis fort longtemps. Correspondance commerciale, administrative. Cette secrétaire est chargée de la correspondance. • Par méton. L'ensemble formé par ces lettres elles-mêmes. La correspondance de Cicéron nous fait revivre les derniers jours de la République romaine. La correspondance de Descartes, de Voltaire, de Flaubert. • Spécialt. La correspondance diplomatique, entre gouvernements, entre un gouvernement et ses représentants à l'étranger. presse. Communication envoyée à un journal, à une revue, par des collaborateurs permanents ou occasionnels, se trouvant en France ou à l'étranger, qu'on appelle Correspondants. Ce quotidien disposait de correspondances particulières. - commerce. Vente par correspondance, qui permet au client de choisir sur catalogue la marchandise qui lui sera livrée à domicile. Acheter par correspondance. - enseign. Enseignement par correspondance, qui assure, par courrier, les cours et la correction des devoirs. Les étudiants malades, prisonniers ou qui occupent un emploi peuvent bénéficier de l'enseignement par correspondance. Cours par correspondance. Spécialt. Carnet de correspondance, qui communique aux parents les notes d'un élève et les appréciations des professeurs.
☆2. transports. Coordination entre différentes lignes, différents moyens de transport, assurée en certains points du parcours. Établir une correspondance entre deux trains, deux avions, un autocar et un train, un avion et un bateau. Une navette assure la correspondance entre ces deux gares. Une station de correspondance ou, ellipt., une correspondance, dans les transports urbains, une station où il est possible de changer de ligne. Un couloir de correspondance. Par méton. Attendre, manquer la correspondance.