Jacqueline de ROMILLY Élue en 1988 au fauteuil 7

N°679
Grand-croix de la Légion d’honneur
Grand-croix de l’ordre national du Mérite
Commandeur des Arts et des Lettres
Commandeur des Palmes académiques
Commandeur de l’ordre royal du Phénix (Grèce)
Commandeur de l’ordre de l’Honneur (Grèce)
Professeur au Collège de France
Essayiste
Philologue
Jacqueline en habit d'académicien

Biographie

Née à Chartres, en 1913 (fille de Maxime David, professeur de philosophie, mort pour la France, et de Jeanne Malvoisin), a épousé en 1940 Michel Worms de Romilly.

Études à Paris : au lycée Molière (lauréate du Concours général, la première année où les filles pouvaient concourir), à Louis-le-Grand, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (1933), à la Sorbonne. Agrégée de lettres, docteur ès lettres, elle enseigne quelques années dans des lycées, puis devient professeur de langue et littérature grecques à l’université de Lille (1949-1957) et à la Sorbonne (1957-1973), avant d’être nommée professeur au Collège de France en 1973 (chaire : La Grèce et la formation de la pensée morale et politique).

Du début à la fin, elle s’est consacrée à la littérature grecque ancienne, écrivant et enseignant soit sur les auteurs de l’époque classique (comme Thucydide et les tragiques) soit sur l’histoire des idées et leur analyse progressive dans la pensée grecque (ainsi la loi, la démocratie, la douceur, etc.). Elle a également écrit sur l’enseignement. Quelques livres sortent de ce cadre professionnel ou humaniste : un livre sur la Provence, paru en 1987, et un roman, paru en 1990, ainsi que quatre volumes de nouvelles.

Après avoir été la première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly a été la première femme membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1975) et a présidé cette Académie pour l’année 1987. Elle est membre correspondant, ou étranger, de diverses académies : Académie du Danemark, British Academy, Académies de Vienne, d’Athènes, de Bavière, des Pays-Bas, de Naples, de Turin, de Gênes, American Academy of Arts and Sciences, ainsi que de plusieurs académies de province ; et docteur honoris causa des universités d’Oxford, d’Athènes, de Dublin, de Heidelberg, de Montréal et de Yale University ; elle appartient à l’ordre autrichien « Ehrenzeichen für Wissenschaft und Kunst », a reçu, en 1995, la nationalité grecque.

Prix Ambatiélos de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1948), prix Croiset de l’Institut de France (1969), prix Langlois de l’Académie française (1974), Grand prix d’Académie de l’Académie française (1984), prix Onassis (Athènes, 1995) et diverses récompenses grecques, dont en 2008 le prix du Parlement hellénique.

Élue à l’Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil d’André Roussin (7e fauteuil).

Morte à Paris le 18 décembre 2010.

Signature de Jacqueline de Romilly

 

Œuvres

1947 Thucydide et l’impérialisme athénien. La pensée de l’historien et la genèse de l’œuvre

1953 Début de l’édition et traduction de Thucydide pour la collection des Universités de France assoc. G. Budé) : sortie du livre I. ... - ... Les autres volumes suivront : livres VI et II, en collaboration avec L. Bodin (1955), livre II (1962), livres IV et V (1967). Pour les livres V et VIII, collaboration à l'édition et traduction de Raymond Weil

1956 Histoire et raison chez Thucydide

1958 La Crainte et l’angoisse dans le théâtre d’Eschyle

1960 L’évolution du pathétique, d’Eschyle à Euripide (PUF)

1968 Time in Greek Tragedy - (Cornell University Press : Messenger Lectures) ; texte français publié chez Vrin en 1971

1969 Nous autres professeurs (Fayard)

1970 La Tragédie grecque (PUF)

1971 La Loi dans la pensée grecque, des origines à Aristote

1974 Œuvres de Thucydide

1975 Problèmes de la démocratie grecque (Hermann)

1976 Magic and Rhetoric in ancient Greece Jackson Lectures (Harvard University Press)

1977 The Rise and Fall of States according to Greek Authors Jerome Lectures (Michigan University Press)

1979 La Douceur dans la pensée grecque

1980 Précis de Littérature grecque (PUF)

1984 « Patience mon cœur » - L’Essor de la psychologie dans la littérature grecque classique

1984 L’enseignement en détresse (Julliard)

1985 Homère (PUF)

1986 La Modernité d’Euripide (PUF)

1987 Sur les chemins de Sainte-Victoire (Julliard)

1988 Les Grands Sophistes dans l’Athènes de Périclès

1989 La Grèce antique à la découverte de la liberté

1990 Histoire de la guerre du Péloponnèse, de Thucydide (Robert Laffont)

1990 La Construction de la vérité chez Thucydide (Julliard)

1990 Ouverture à cœur - roman

1991 Écrits sur l’enseignement - reprise de deux livres antérieurs

1992 Pourquoi la Grèce ?

1993 Les Œufs de Pâques - nouvelles

1993 Lettre aux parents sur les choix scolaires

1995 Alcibiade ou Les dangers de l’ambition

1995 Rencontres avec la Grèce antique

1995 Tragédies grecques au fil des ans

1996 Jeux de lumière sur l’Hellade (Fata Morgana)

1997 Hector

1998 Le Trésor des savoirs oubliés

1999 Laisse flotter les rubans - nouvelles

2000 La Grèce antique contre la violence

2001 Héros tragiques, héros lyriques (Fata Morgana)

2002 Sous des dehors si calmes

2003 Une certaine idée de la Grèce - entretiens avec Alexandre Grandazzi

2004 De la flûte à la lyre (Fata Morgana)

2006 Les roses de la solitude

2006 Actualité de la Démocratie athénienne

2006 Jacqueline de Romilly raconte l’Orestie d’Eschyle (Bayard)

2007 Dans le jardin des mots

2008 Le sourire innombrable

2008 Petites leçons sur le grec ancien - en collaboration avec Monique Trédé (Stock)

2009 Les révélations de la mémoire

2010 La grandeur de l’homme au siècle de Périclès (Éditions de Fallois)

2011 Jeanne - œuvre posthume (Éditions de Fallois)

2012 Ce que je crois - œuvre posthume (Éditions de Fallois)

2013 Rencontre - œuvre posthume (Éditions de Fallois)

Mot attribué lors de l’installation

Lance :

n. f. XIe siècle. Emprunté du latin lancea, « lance, pique ».
★I. Arme d'hast à long fût.
☆1. Chez les anciens, arme formée d'une longue hampe terminée par un fer acéré, qui pouvait servir de trait ou être employée pour combattre de près. Manier la lance. La lance d'Athéna. La lance du cavalier romain. Loc. En fer de lance, se dit d'un objet qui affecte la forme d'une pointe de lance. (Pour les autres emplois de Fer de lance, voir Fer). Relig. chrétienne. La sainte lance, celle dont fut frappé le Christ en croix. Sainte lance désigne aussi, dans les Églises orientales, une lame allongée servant à découper les parties du pain qui doivent être consacrées. • Au Moyen Âge, arme formée d'une longue et lourde hampe terminée par un fer avec laquelle combattaient les chevaliers. Lance de combat, de joute, de tournoi. Combattre avec la lance et l'écu. Lance à outrance ou lance à fer émoulu, dont le fer était pointu, et avec laquelle on combattait à outrance. Lance courtoise ou lance gracieuse, dont le fer n'était pas pointu, et qu'on employait dans les tournois. Lance brisée, dont on se servait dans les joutes, et qui était à demi sciée près du bout, en sorte qu'elle pouvait facilement se rompre. Par méton. Homme d'armes équipé d'une lance de combat. Une compagnie de cent lances. • A désigné plus tard une longue pique dont étaient armés certains corps de cavalerie, en France ou à l'étranger. Une lance de dragon, de uhlan. • Expr. Baisser la lance, pour s'avouer vaincu et, fig., baisser la lance devant quelqu'un, lui céder, reconnaître sa supériorité. Rompre une lance, des lances, soutenir un ou plusieurs combats dans les tournois. Il rompit trois lances pour les dames. Fig. Rompre une lance, rompre des lances pour quelqu'un, le défendre contre ceux qui l'attaquent. Rompre une lance avec quelqu'un, contre quelqu'un, disputer avec lui, soutenir une discussion contre lui. • Allusion historique. Le royaume de France ne peut tomber de lance en quenouille, en vertu de la loi salique, les femmes ne peuvent hériter du trône de France ou le transmettre.
☆2. Spécialt. Hippol. La main de la lance, la main droite du cavalier. Le pied de la lance, le pied droit du cheval.


★II. Par anal.
☆1. Long bâton garni d'un tampon à son extrémité, dont on se sert pour jouter sur l'eau.
☆2. Lance de drapeau, d'étendard, hampe terminée par un fer de lance, et à laquelle est attaché le drapeau, l'étendard.
☆3. Ornement en fer de lance dont on garnit parfois le haut des barreaux d'une grille. Des lances dorées.
☆4. Se dit de divers objets, outils ou instruments de forme allongée et se terminant par une pointe ou un objet pointu. Lance à feu, avec laquelle les artificiers allument la mèche des fusées. La lance d'un pulvérisateur. Lance à eau, ajutage équipant un tuyau flexible et servant à diriger le jet. Lance d'arrosage. La lance d'incendie.