Henry de MONTHERLANT Élu en 1960 au fauteuil 29

N°617
Officier de la Légion d’honneur
Croix de guerre 1914-1918
Auteur dramatique
Essayiste
Romancier
Henry de Montherlant

Biographie

Né à Paris, le 20 avril 1895.

Descendant d’une famille de la noblesse catalane, Henry de Montherlant fit ses études à Jeanson-de-Sailly, puis au collège de Sainte-Croix de Neuilly dont il devait s’inspirer pour écrire La Relève du matin et La Ville dont le prince est un enfant.

Mobilisé en 1916 dans le service auxiliaire, puis dans le service actif au 360e R.I., il fut blessé et décoré. Marqué par cette expérience, il en tirera Songe, roman autobiographique, et son Chant funèbre pour les morts de Verdun, exaltation de l’héroïsme de la Grande Guerre.

Nombre des œuvres qu’il publia dans les années d’après-guerre (Les Bestiaires, Les Olympiques, Aux fontaines du désir, La Petite infante de Castille, etc.) étaient empreintes du même goût pour les valeurs viriles et fraternelles, jusqu’aux Jeunes filles, roman en quatre volumes où il affichait délibérément sa misogynie et qui lui valut une renommée internationale.

Durant cette période, Henry de Montherlant choisit de séjourner la plupart du temps hors de France, autour de la Méditerranée.

Auteur fécond, il produisit une œuvre importante, dans laquelle le théâtre tint, à partir des années 1940, une place importante. Citons ses pièces les plus célèbres : La Reine morte, Fils de personne, Malatesta, Le Maître de Santiago, Port-Royal, Don Juan, Le Cardinal d’Espagne.

Il est également l’auteur d’essais. Ceux que lui inspirèrent la défaite de 40 et les années de l’Occupation : L’Équinoxe de septembre, Le Solstice de juin, Textes sous une occupation —1940-1944, Carnets — 1940-1944, furent assez discutés. On lui reprocha un certain écart entre les attitudes héroïques dont il s’était fait spécialité dans ses ouvrages antérieurs et son comportement moins engagé et moins glorieux durant ces années d’épreuves.

Sur la fin de sa carrière, Montherlant revint à la veine romanesque avec Le Chaos et la Nuit, Les Garçons, Un assassin est mon maître.

Écrivain sans cesse en quête de perfection esthétique, d’un style brillant et aéré, Henry de Montherlant est le créateur d’une œuvre où se font écho en s’opposant la morale chrétienne et la morale profane, le culte de l’héroïsme et celui de l’hédonisme.

Envisageant l’entrée de Montherlant sous la Coupole, François Mauriac écrivait dans son Bloc-notes, le 7 mars 1960 : « Montherlant, c’est pour moi un écrivain, le type même de l’écrivain français d’une certaine famille (Chateaubriand, Barrès), à laquelle je me flatte d’appartenir aussi, avec d’anciennes et solides alliances du côté de Port-Royal : j’y suis moi-même demeuré fidèle, alors que Montherlant, qui a toujours joué les libertins, y a cherché des sujets de pièce, mais non des principes de vie. Il n’empêche qu’on est des frères. »

Il fut élu à l’Académie française le 24 mars 1960, sans concurrent au fauteuil d’André Siegfried. Il n’avait pas effectué de visites de candidature, formalité à laquelle il se refusait. Agoraphobe, ou prétendant l’être, il ne fut reçu, par le duc de Lévis Mirepoix le 20 juin 1963, qu’en séance de commission de lecture. Dans son discours, assez singulier, il insista longuement sur une géographie de la Nouvelle-Zélande, pourtant fort accessoire dans l’œuvre d’André Siegfried.

Atteint de cécité et voyant ses facultés décliner, Henry de Montherlant choisit de se donner la mort à l’âge de soixante-seize ans. Ce qui avait souvent paru attitude théâtrale, chez ce grand admirateur des exemples antiques, reçut ainsi une tragique justification.

Mort le 21 septembre 1972.


Signature d'Henry de Montherlant

Œuvres

1920 La relève du matin

1922 Le Songe

1924 Chant funèbre pour les morts de Verdun

1924 Les Olympiques.

1926 Les Bestiaires

1927 Aux fontaines du désir.

1927 Lettre sur le serviteur châtié

1928 Earinus.

1928 Pour le délassement de l’auteur.

1928 Trois images de l’Espagne.

1928 Un désir frustré mime l’amour

1929 Le Génie et les fumisteries du Divin.

1929 L’Exil.

1929 Sous les drapeaux morts.

1929 Hispano-moresque

1929 La petite Infante de Castille.

1930 Pour une Vierge noire

1932 Mors et vita

1933 Au petit mutilé

1933 Histoire naturelle imaginaire

1934 Encore un instant de bonheur.

1934 Les Célibataires

1935 Service inutile

1935 Il y a encore des paradis

1936 Les jeunes filles.

1936 Pasiphaé

1936 Pitié pour les femmes.

1937 Le démon du Bien

1938 L’équinoxe de septembre

1939 Les Lépreuses

1940 Paysage des Olympiques

1941 Le solstice de juin

1942 La reine morte.

1942 Sur les femmes

1944 Croire aux âmes

1944 D’aujourd’hui et de toujours

1944 Fils de personne.

1944 Notes de la guerre sèche.

1944 Fils des autres.

1944 Un incompris

1945 Un voyageur solitaire est un diable

1946 La déesse Cypris

1946 La vie amoureuse de Monsieur de Guiscart.

1946 Malatesta.

1947 L’éventail de fer

1947 Carnets XXIX à XXXV

1947 Le Maître de Santiago

1948 Carnets XLII à XLIII

1949 Demain il fera jour

1949 L’étoile du soir

1949 Saint-Simon

1950 Celles qu’on prend dans ses bras

1950 Coups de soleil

1950 Notes sur mon théâtre

1951 L’infini est du côté de Malatesta

1951 La ville dont le prince est un enfant

1951 Les cueilleuses de branches

1952 España sagrada

1952 Le fichier parisien

1952 Le Plaisir et la Peur

1953 Textes sous une Occupation

1954 Port-Royal

1954 L’histoire d’amour de "La Rose de Sable"

1955 Carnet XXII à XXVIII

1956 Brocéliande 1957

1956 Carnets 1930-1944 1958

1956 Don Juan

1960 Le cardinal d’Espagne

1963 Le Chaos et la Nuit

1965 La guerre civile

1966 Va jouer avec cette poussière

1969 Les Garçons

1971 Un assassin est son maître

1972 La marée du soir

Discours et travaux académiques