Charles de SECONDAT, baron de MONTESQUIEU Élu en 1728 au fauteuil 2

Philosophe
Magistrat
Président à mortier

Biographie

Né au château de la Brède, près Bordeaux, le 18 janvier 1689.

Il fut, à l’âge de vingt-sept ans, président à mortier au parlement de Bordeaux, poste qu’il conserva jusqu’en 1726 et il prononça de nombreux discours. Il fut l’un des fondateurs de l’académie de cette ville et lui communiqua des Mémoires ; il appartint aussi à celle de Nancy.

Montesquieu publia les Lettres persanes, sans nom d’auteur, à l’âge de trente-deux ans ; elles obtinrent un très vif succès. Bien que combattu par le parti religieux, il fut élu à l’Académie en 1725, mais son élection fut annulée parce qu’il résidait en province ; il vint alors à Paris, fut présenté à Mme de Lambert par l’abbé de Saint-Pierre, fréquenta le club de l’Entresol, les salons de Brancas, d’Aiguillon, du Deffant, de Tencin, Geoffrin, et se représenta à l’Académie en 1727 pour succéder à Louis de Sacy, déclarant que s’il n’était pas nommé il quitterait la France. Son élection était certaine, alors ses adversaires lui opposèrent ses Lettres persanes ; il para cette attaque en en faisant faire rapidement une édition expurgée qu’il présenta au premier ministre le cardinal de Fleury, en rejetant sur les éditeurs les fautes qu’on lui avait reprochées. Fleury feignit d’être dupe, se désintéressa de l’élection et Montesquieu fut élu le 5 janvier 1728 contre Mathieu Marais. Ce fut la première grande victoire du parti philosophique. Il fut reçu le 24 janvier 1728 par Roland Mallet, mais la froideur que lui témoignèrent ses nouveaux confrères, même ceux qui étaient ses amis, l’engagea à voyager à travers l’Europe et il fréquenta peu l’Académie.

Lorsque le roi refusa son consentement à l’élection de Piron, Montesquieu obtint pour l’auteur de la Métromanie, par l’intermédiaire de Mme de Pompadour, une pension de mille livres, Montesquieu publia le Temple de Gnide, les Causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, mais son œuvre capitale est l’Esprit des Lois qu’Helvétius et Saurin lui déconseillèrent de publier et qui eut vingt-deux éditions en dix-huit mois. Lorsqu’il mourut il y eut très peu de monde à son enterrement ; d’après Grimm, Diderot fut le seul homme de lettres qui y assista.

D’Alembert et Villemain ont écrit un Éloge de Montesquieu. Sainte-Beuve, deux Causeries.

Mort le 10 février 1755.

Discours et travaux académiques