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statuts de lAcadémie, rédigés sous linfluence directe
de Richelieu, et signés de lui, semblaient promettre à la
Compagnie, dans un avenir assez prochain, une demeure fixe et digne delle.
En effet, larticle 17 est ainsi conçu : « Les assemblées
ordinaires se feront tous les lundis aux lieux qui seront jugez les plus
commodes par les Directeurs, jusquà ce quil ayt pleu au Roy den
donner un ». Cette promesse ne se réalisa pas sous ce règne,
bien que Richelieu paraisse ne lavoir jamais perdue de vue.
[...] « Logis particuliers dans lesquels lAcadémie sassembla
successivement :
1629-1634, 22 février. Depuis son origine jusquau
mariage de Conrart, la Compagnie sest assemblée chez celui-ci
« au coin de la rue Saint-Martin et de la rue des Vieilles-Étuves,
en face de lhôtel de Bruxelles ».
Les réunions eurent lieu ensuite chez les membres de lAcadémie
dont voici les noms :
1634,
13 mars. Desmarests, rue Clocheperce, à lhôtel
Pellevé.
1634, 30 octobre. Chapelain, rue des Cinq-Diamants.
1635, 30 avril. Montmor, rue Sainte-Avoie.
1635, 9 juillet. Chapelain.
1635, 3 décembre. Desmarests.
1635, 24 décembre. Gomberville, proche de léglise
Saint-Gervais.
1636, 16 juin. Conrart.
1638, 3 mai. Habert de Cerisy, à lhôtel
de Seguier, où cet académicien était logé.
1638, 14 juin. Boisrobert, à lhôtel Mélusine,
dans la rue des Bons-Enfants.
1639, 11 juillet. On établit pour avancer le travail
du Dictionnaire, deux bureaux qui fonctionnaient simultanément
le mercredi, lun chez le chancelier Seguier, lautre chez Perrot dAblancourt
et plus tard chez Sirmond.
1642, 19 mai. Deux autres bureaux sont établis,
lun le vendredi chez Bourzeis, lautre le mercredi chez Conrart.
« Enfin, dit Pellisson, en lannée
1643 le 16 février, après la mort du Cardinal de Richelieu,
Monsieur le Chancelier fit dire à la Compagnie, quil désiroit
quà lavenir elle sassemblast chez luy... Et certes quand je
considère les différentes retraittes queut cette Compagnie,
durant près de dix ans, tantost à une extrémité
de la ville, tantost à lautre, jusques au temps de ce nouveau
protecteur : Il me semble que je voy cette Isle de Delos des Poëtes errante,
et flottante, jusques à la naissance de son Apollon. »
La vaste propriété, qui devint lhôtel Seguier, était
située rue de Grenelle-Sainte-Honoré. [...] « Cette
maison, dit Sauval, est faite de briques liées avec des chaînes
de pierre, comme la place Royale, la place Dauphine... » En 1633,
le chancelier Seguier acheta cet hôtel et laugmenta dune double
galerie, qui, traversant le jardin, venait aboutir rue du Bouloy.
[...] Les assemblées « se font en hiver dans la salle haute,
en esté dans la salle basse de lHostel Seguier, et sans beaucoup
de cérémonie » [...]

orsquen
1672, après la mort du chancelier Séguier, lAcadémie
fut installée au Louvre, [...] on létablit dans les deux
salles du rez-de-chaussée qui portent aujourdhui, dans le musée
de sculpture moderne, les noms de Puget et des Coustou. « M. Dumetz,
garde des meubles de la couronne, eut ordre, dit Perrault, de meubler
cet appartement, ce quil fit avec une propreté et même une magnificience
qui marquoient lamour quil a pour les belles-lettres et ceux qui en
font profession. » La salle la plus vaste servait pour les séances
publiques. La plus petite, qui étoit à la suite de la première,
était employée au travail du dictionnaire.
Le 8 août 1793, la Convention abolit
toutes les académies. Le 25 octobre 1795, elle votait une loi sur
lInstruction publique dont le titre IV prévoyait lorganisation
dun Institut national des sciences et des arts.
Devenu
empereur, Napoléon Ier , par décret du 20 mars
1805, assignait pour demeure à lInstitut, à létroit
dans un « Grand Louvre » où saccumulaient les trésors
dart apportés de tous les cantons de lEmpire, lédifice
de lancien collège des Quatre-Nations. LInstitut sy installa
en août 1806.

LInstitut
tint sa première séance publique le 15 germinal de lan IV. Il en fut prévu quatre par
an au premier mois de chaque saison.
Cette première séance publique, tenue dans la salle des
Antiques du Louvre, rassembla près de quinze cents spectateurs
dont les ministres et les ambassadeurs accrédités. Elle
fut considérée comme marquant la renaissance des Lettres
et des Arts en France. Le sommet de la séance fut marqué
par un sage discours de Daunou où celui-ci précisait que
si les membres de lInstitut devaient jouir dune liberté complète
pour préparer ou inspirer des réformes, il ne lui appartenait
nullement de les décréter, ce rôle étant réservé
au législateur, ce qui était marquer fortement que lInstitut
devait sabstenir de toute ingérence en politique.
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