Épées réalisées par Jean Vendome (4)

2000 - René de Obaldia

 

Épée de René Obaldia par Jean VendomeRomancier, auteur dramatique et poète, René de Obaldia a reçu de nombreux prix qui ont couronné sa carrière littéraire. La Monnaie de Paris a éditée une médaille à son effigie en 1997.

La poignée de son épée est en argent et vermeil. Elle est sertie d’un lapis-lazuli taillé en demi-cylindre.

La garde, un disque de vermeil, est évidée en flèche en son centre. D’un côté de cette ouverture est représenté son portrait en relief, le même profil qui figure sur la médaille à son effigie. En vis-à-vis, sa signature, et sur le pourtour, les titres de ses principales œuvres théâtrales sont gravés. Sur le bas de la garde, le sceau de ses armoiries est représenté.

Sur le haut de la lame jaillit une plume en or jaune symbolisant ses nombreux écrits entre les pans d’un rideau de rubis brut.

 

 

1975 - Maurice Schumann

 

Épée de Maurice Schumann

Quinze symboles sont réunis dans l’épée de Maurice Schumann qui fut « la voix de la France » pendant l’occupation, figure politique majeure, ministre du général de Gaulle et écrivain.

La poignée dans son entité en or jaune poli, au dessin mouvementé, tumultueux, dynamique proue de drakkar, évoque à la fois le débarquement des alliés en Normandie et le livre les flots roulant ou loin de Maurice Schumann. Sa fusée est un cristal de quartz. La croix de Lorraine gravée matérialise l’attachement de Maurice Schumann au général de Gaulle. Des cisailles coupant des chaînes symbolisent la libération. Une fleur de lin est ciselée afin de représenter le département du Nord dont Maurice Schumann est sénateur.

Le scintillement d’un diamant serti exprime Luce, l’épouse de l’académicien.

Le pommeau est une boule de quartz. Deux mains d’or unies portent le monde. L’Europe et le tiers-monde, travaillés en application par le joaillier, sont reliés par un rameau d’olivier symbolisant la paix et la foi chrétienne. La garde, en or jaune dans ses mouvements ronds et sensuels s’apparente à la touche picturale du Tintoret, peintre de prédilection de Maurice Schumann.

La lame est ornée dans sa partie supérieure d’une croix à quatre clous avec une couronne d’épines. Elle symbolise le Christ et les barbelés des camps de concentration.

 

 

1972 - Julien Green

 

Épée de Julien Green par Jean Vendome

Dieu occupait une grande place dans l’œuvre littéraire et la vie de Julien Green, écrivain d’origine américaine. Sa seule exigence fut que les symboles de la chrétienté figurent sur son épée.

La poignée, étonnante obsidienne, évoque la Terre.

Le pommeau est orné d’une boule en quartz rutile qui symbolise le monde. La main de Dieu, en application, sort des nuages d’or. Elle tient l’échelle de Jacob et aboutit à l’inscription gravée « SPES », (du latin sperare, espérer). On retrouve dans l’échelle l’esprit de la ligne Nocturne.

La garde, une demi-sphère pavée d’une mosaïque de cent cinquante plaquettes de lapis-lazuli, figure le ciel où brillent sept étoiles de diamant.

Une grappe de raisin, faite d’émeraudes et de rubis, est sertie sur la partie inférieure de la garde. Elle symbolise le vin, le sang du Christ.

Sur la lame est appliqué un épi de blé en or jaune, serti de diamants jonquille. Il symbolise quant à lui le pain, le corps du Christ. 

(Épée vendue aux enchères).

 

1971 - Roger Caillois

Épée de Roger Caillois par Jean Vendome

Les cinq symboles souhaités par Roger Caillois sont tous représentés par des pierres pour rappeler que l’Académicien était grand amateur et collectionneur de minéraux : la Croix du Sud sur le pommeau ; la pieuvre (l’animal le plus intelligent du monde, au dire de l’Académicien) sur la garde ; la Tchécoslovaquie par la moldavite de Bohème formant le pommeau pour rappeler le pays de son épouse, Aléna ; le Brésil par le bloc de tourmaline constituant la poignée ; l’espace avec la moldavite de la collection personnelle de Roger Caillois et qui représentait, à ses yeux, « une pierre de l’espace tombée sur la terre ». (Épée conservée au musée des Confluences à Lyon).

 

Photos et textes fournis par Thierry Vendome, fils du joaillier Jean Vendome.