Quelques
exemples de remarques normatives
Ces remarques normatives, généralement imprimées en caractères gras, visent notamment : 1. À prévenir diverses confusions et impropriétés, comme dans les exemples suivants : DILEMME n. m. ( ) Cest une faute que décrire ou de prononcer Dilemne, par contamination avec Indemne. ESPÈCE n. f. ( ) Le mot Espèce est féminin, quel que soit le genre de son complément. *FRATRIE n. f. ( ) Démogr. Lensemble des frères et des surs dune même famille. Une fratrie de quatre enfants. On ne doit pas confondre Fratrie et Phratrie, dont lorigine et la signification sont complètement différentes. INDIFFÉRER v. tr. ( ) Fam. être indifférent à quelquun. Votre comportement mindiffère. On dira, plus correctement : Votre comportement mest indifférent. INTERPELLER ou INTERPELER v. tr. ( ) Ce verbe ne signifie pas " attirer lattention ". On ne doit pas dire, par exemple : Cet évènement nous interpelle, mais simpose à notre attention, nous incite à agir, nous révolte, etc. 2. À mettre en garde contre des extensions de sens abusives : FONDAMENTAL, -ALE adj. II. ( ) 2. Qui tient au fond, qui est essentiel. ( ) Fondamental comme équivalent ou superlatif de Grand, Important, Primordial est un dévoiement de sens à prohiber. GÉRER v. tr. ( ) On ne peut gérer que des biens matériels ou ce qui peut y être assimilé. Lemploi extensif de ce verbe à dautres domaines, comme dans " gérer un divorce, une maladie, un échec ", etc., est de très mauvaise langue et doit être proscrit. *IMPACT n. m. ( ) Cest par une extension abusive quon emploie Impact en parlant dune influence diffuse ou générale. LISIBILITÉ n. f. ( ) On nétendra pas le sens de ce mot jusquà parler de " la lisibilité dune politique, de laction gouvernementale ", etc. Évidence, Clarté sont, dans tous les cas, à préférer. 3. À recommander lemploi dun mot français à la place dun mot étranger : FAC-SIMILÉ n. m. ( ) Reproduction exacte, imprimée, gravée, photographiée, etc., dun document écrit, dun dessin, dun tableau. ( ) Spécialt. Réédition à lidentique. Doit être préféré à langlais Reprint. *LIBRE-SERVICE n. m.( ) Doit être préféré au mot anglais Self-service et à labréviation Self. *LOGICIEL n. m. Inform. Ensemble structuré de programmes remplissant une fonction déterminée, permettant laccomplissement dune tâche donnée. ( ) Il sest substitué à langlais Software, qui na plus à être employé. 4. À guider lusage quand il hésite entre deux formes ou deux graphies : FINAL ou, mieux, FINALE n.m. * FISSIBLE ou, mieux, FISSILE adj. 5. À indiquer le bon usage par une recommandation demploi qui met en lumière les constructions, les nuances diverses que permet la langue : CONTRE prép. ( ) Condamnée par Littré daprès une remarque de Voltaire, la locution adverbiale Par contre a été utilisée par dexcellents auteurs français, de Stendhal à Montherlant, en passant par Anatole France, Henri de Régnier, André Gide, Marcel Proust, Jean Giraudoux, Georges Duhamel, Georges Bernanos, Paul Morand, Antoine de Saint-Exupéry, etc. Elle ne peut donc être considérée comme fautive, mais lusage sest établi de la déconseiller, chaque fois que lemploi dun autre adverbe est possible. FAIRE v. tr., intr., impers. et pron. ( ) Faire est employé avec excès à propos de toute activité. Il convient, chaque fois quon le peut, de préférer au verbe Faire le verbe approprié à laction. Ainsi, on préfèrera Construire une maison à Faire une maison, Peindre un portrait à Faire un portrait, On shabitue à tout à On se fait à tout, etc. *GÉNÉRER v. tr. ( ) Ce verbe, qui avait disparu depuis des siècles, est parfois employé dans certaines spécialités scientifiques, mais il est à éviter dans lusage courant chaque fois que lon peut utiliser Engendrer, Produire, Causer. *INCONTOURNABLE adj. ( ) Quon ne peut tourner, quon ne saurait ignorer, négliger. Une difficulté incontournable. Lemploi de ce mot est déconseillé dans la plupart des cas ; on utilisera de préférence Inévitable, Indispensable. LEADER n. m. ( ) Personne qui
se met à la tête dun groupe, y occupe la première
place (surtout dans le vocabulaire politique). Le leader dun parti,
dun syndicat. Les leaders de la majorité, de lopposition. Se dit aussi dun sportif qui occupe la première place
au cours dune compétition. 6. À fixer et maintenir le bon usage par le rappel de certaines règles ou tolérances : GENRE n. m. ( ) Dans sa déclaration du 14 juin 1984, lAcadémie a rappelé que la distinction des sexes nétait pas pertinente pour rendre compte de la différence entre les genres grammaticaux, et que le genre non marqué était préférable, lorsque lusage ne sy opposait pas, pour les noms de titres, de professions, de fonctions : le juge, le délégué, le docteur, le président désignent indifféremment un homme ou une femme ; il ny a pas lieu de créer des équivalents féminins à ces termes. INTERROGATION n. f. ( ) Linterrogation directe exige linversion du sujet et du verbe. On doit dire : Quelle heure est-il ? et non Quelle heure il est ? Cette règle ne souffre aucune exception. LAISSER v. tr. ( ) V. Employé comme semi-auxiliaire devant un infinitif ou une proposition infinitive. ( ) Les exemples ci-dessus respectent la règle habituelle daccord du participe passé suivi dun infinitif. Cependant, lapplication de cette règle étant parfois malaisée, particulièrement dans les formes pronominales, et laccord restant incertain dans lusage, on pourra, comme pour le verbe Faire, généraliser linvariabilité du participe passé de laisser dans le cas où il est suivi dun infinitif. Il est donc possible décrire : Elle sest laissé mourir comme Elle sest fait maigrir ; Je les ai laissé partir comme Je les ai fait partir.
I. MÉMOIRE n. f. {XIe siècle. Issu du latin memoria, de même sens.} MENTAL, -ALE adj. (pl. Mentaux, -ales). {xive siècle, mentele. Emprunté du bas latin mentalis, de même sens.} *MERCATIQUE n. f. {XXe siècle. Dérivé savant du latin mercatus, « commerce ; marché », pour traduire l’anglais marketing.} MESSAGE n. m. {XIe siècle. Dérivé de l'ancien français mes, « envoyé, messager », issu du bas latin missus, « envoyé ».} messagerie n. f. {XIIIe siècle. Dérivé de messager.} MÉTÉOROLOGIE n. f. {XVIe siècle. Emprunté du grec meteôrologia, « recherche ou traité sur les corps, les phénomènes célestes ».} *MINORANT n. m. {XXe siècle. Participe présent substantivé de minorer.} MINISTRE n. m. {XIIe siècle. Emprunté du latin minister, « serviteur ».} MONSIEUR (on se prononce eu ; r ne se fait pas entendre) n. m. (pl. Messieurs). {xiiie siècle, monsor. Composé de mon et de sieur, « seigneur, sire ».} *MULTILINGUISME n. m. {XXe siècle. Composé de multi- et du latin lingua, « langue ».} NAGUÈRE adv. {XIIe siècle, n'a guaire. Contraction de il n'y a guère (de temps).} *NÉGATIONNISME n. m. {XXe siècle. Dérivé de négation.} *NÉGATIONNISTE adj. {XXe siècle. Dérivé de négation.} NIVEAU n. m. {XIVe siècle, nyviel. Issu de l’ancien français livel, liveau, lui-même emprunté du latin libella, de même sens.} *NOMINALISATION n. f. {XXe siècle. Dérivé de nominaliser.} NOMINATION n. f. {XIVe siècle. Emprunté du latin nominatio, de même sens.} NUMÉRIQUE adj. {XVIIe siècle. Dérivé savant du latin numerus, « nombre ».} OBSTINATION n. f. {XIIe siècle. Emprunté du latin obstinatio, « constance, persévérance, fermeté ».} OLYMPIADE n. f. {XIIIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire du latin olympias, du grec olumpias, « célébration des jeux olympiques » et « période de quatre ans entre deux jeux ». OPPORTUNITÉ n. f. {XIIIe siècle. Emprunté du latin opportunitas, de même sens.} OPPRESSER v. tr. {XIIe siècle. Tiré du latin oppressum, supin de opprimere, « presser, comprimer ».} *OPTIMISER v. tr. {XXe siècle. Emprunté de l’anglais to optimize, « être optimiste », puis « faire (quelque chose) au mieux ».} OPTION n. f. {XIIe siècle. Emprunté du latin optio, « choix ».} *OPTOÉLECTRONIQUE adj. {XXe siècle. Composé, avec influence de l’anglais optoelectronic, d’opto-, tiré du grec optos, « visible », et d’électronique.} OUI (la liaison et l’élision ne se font pas devant ce mot) adv. {XIVe siècle. Issu de l’ancien français oïl, de même sens.} *OVERDOSE (er se prononce eur) n. f. {XXe siècle. Mot anglais composé de over, « sur, au-dessus ; en plus, en excès », et dose, emprunté du français dose.} PANACÉE n. f. {XIIIe siècle. Emprunté, par l’intermédiaire du latin panacea, du grec panakeia, de même sens, lui-même composé à l’aide de pan, « tout », et akos, « remède ».} *PANEL n. m. {XXe siècle. Emprunté, par l’intermédiaire de l’anglais, de l’ancien français panel, « parchemin, rôle », « liste des jurés », puis « le jury lui-même ».} PARC n. m. {XIIe siècle. Emprunté du latin médiéval parricus, « enclos ».} PARCE QUE (s’élide en parce qu’ devant il, ils, elle, elles, on, un, une, à) loc. conj. {xiie siècle. Issu, par assemblage des deux premiers éléments, de l’ancien français por ço que, « pour ce que ».} PARFAITEMENT adv. {XIe siècle. Dérivé de parfait.} PARFOIS adv. {XIIIe siècle, par fois ; xve siècle, parfoys. Composé de la préposition par et de fois.} *PARRAINEUR n. m. {XXe siècle. Dérivé de parrainer.} *PERFORMANT, -ANTE adj. {XXe siècle. Dérivé de performance.} PÉRIPÉTIE (tie se prononce cie) n. f. {xviie siècle. Emprunté du grec peripeteia, « évènement imprévu », lui-même composé à l’aide de peri, « autour », et piptein, « tomber ».} PÉRIPLE n. m. {XVIIe siècle. Emprunté, par l’intermédiaire du latin periplus, du grec periplous, de même sens, lui-même composé de peri, « autour », et plous, « navigation ».} PERSONNEL, -ELLE adj. et n. {XIIe siècle, au sens de « qui se conjugue à toutes les personnes ». Emprunté du latin personalis, « relatif à la personne ».} PIRE adj. {XIIe siècle. Issu du latin pejor, comparatif de malus, « mauvais ».} II. PLAN n. m. {XVIe siècle. Forme substantivée de l’adjectif plan.} *POSITIONNEMENT n. m. {XXe siècle. Dérivé de positionner.} PROBLÈME n. m. {XIVe siècle. Emprunté, par l’intermédiaire du latin problema, « problème, question à résoudre », du grec problêma, « saillie, promontoire », puis « tâche, question, problème », lui-même dérivé de proballein, « jeter devant soi, lancer », puis « proposer une tâche, poser une question ».} |
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