Grand Prix de la Francophonie 2001

 

      Né en Chine en 1929, issu d’une famille de lettrés, il entreprend d’abord des études universitaires à Nankin, puis gagne la France où il s’installe définitivement en 1949. Après ses études à la Sorbonne et à l’École pratique des Hautes Études, il se lance à son tour dans l’enseignement. Il occupera bientôt une chaire de professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales.

    Son œuvre, déjà traduite dans plusieurs pays, est l’aboutissement d’un double itinéraire intérieur : assumer son passé et la meilleure part de sa culture d’origine, et s’initier à la meilleure part de la culture occidentale à travers l’expérience de l’exil. Itinéraire tout à la fois douloureux et exaltant – mais tendu justement chaque jour davantage vers l’unité, c’est-à-dire vers l’Ouvert. L’Art étant bien évidemment l’une des voies privilégiées d’accession à cette unité.

     On doit à François Cheng, lui-même traducteur et poète, de nombreuses études sur la poésie et l’art de la Chine : L’Écriture poétique chinoise (Seuil, 1977) ; Vide et plein : le langage pictural chinois (Seuil, 1979) ; Entre source et nuage (Albin Michel, 1990) , ainsi que plusieurs ouvrages illustrés considérés désormais comme des classiques : L’Espace du rêve : mille ans de peinture chinoise (Phébus, 1980) ; Chu Ta : le génie du trait (Phébus, 1986 ; nouvelle édition 1999) ; Shitao : la saveur du monde (Phébus, 1998, prix André Malraux). Venu tard à la fiction, il a vu son premier roman (Le Dit de Tyanyi, Albin Michel, 1998) couronné par le prix Femina. Il est enfin l’auteur de plusieurs recueils qui l’ont imposé comme l’un des meilleurs poètes de l’époque : Trente-six poèmes d’amour (Unes, 1997) ; Cantos toscans (Unes, 1999) ; Double chant (Encre marine, 1998 – nouvelle édition, 2000 –, prix Roger Caillois).