Dire, ne pas dire

Revenant-bon, revenez-y

Le 10 juin 2014

Bonheurs & surprises

Le nom revenant-bon a été utilisé pour désigner un gain, un bénéfice, quand ce dernier terme n’avait pour sens que ceux de « bienfait », de « bien-fonds attaché à une dignité ecclésiastique », ou de « faveur accordée par le roi ou le souverain ». On lit ainsi dans Le Grand Vocabulaire françois :

« Revenant-bon, se dit des deniers qui restent entre les mains du comptable. Le fonds était de dix mille francs, on n’en a employé que quatre mille, c’est six mille livres de revenant-bon. »

Par la suite, revenant-bon s’emploie surtout figurément pour désigner quelque avantage attaché à un état, à une fonction. Ce sont ces sens que présente la quatrième édition du Dictionnaire de l’Académie française :

« Le plaisir de pouvoir rendre quelquefois service à mes amis, est le seul revenant-bon de mon emploi. Il s’est attiré bien des moqueries, c’est le revenant-bon de ses faux airs. »

L’expression C’est le revenant-bon du métier est même devenue proverbiale pour désigner les profits et avantages attachés à telle profession, mais assez vite, elle s’est employée surtout ironiquement : Cet espion a été roué de coups, c’est le revenant-bon du métier.

Ce participe présent substantivé est aujourd’hui considéré comme vieilli ; il est peu à peu sorti de l’usage au profit de formes comme avantage, profit et, surtout, revenu, la langue semblant préférer le participe passé, peut-être considéré comme plus assuré que le participe présent. C’est aussi à partir du verbe revenir que la langue populaire a tiré l’expression revenez-y ou, plus exactement, un petit goût de revenez-y, que l’on emploie pour parler de tel ou tel plat, de telle ou telle boisson, qui sont si savoureux qu’ils semblent en eux-mêmes une invite à se resservir ou à se faire resservir.