Dire, ne pas dire

Light

Le 04 juin 2015

Néologismes & anglicismes

Light, voilà un anglicisme qui semble être plus qu’un signifiant : c’est une promesse. Une promesse de lendemains non pas chantants, mais de lendemains légers, sans gras ni sucre. Ce bonheur annoncé a été un temps cantonné aux rayons crèmerie et boissons gazeuses de nos magasins : on pouvait y acquérir, moyennant quelque monnaie, des yaourts light, des sodas light. Mais à quoi bon un tel bonheur s’il n’eût été universel ? Grâce au ciel, le light a maintenant touché tous les domaines de notre vie, à commencer par les prix, devenus, moyennant pourtant toujours quelque monnaie, eux aussi, light. Et faisons confiance à ceux qui n’ont d’autre but que notre félicité : craignant sans doute que, comme les Sybarites des temps anciens, nous soyons rassasiés de ces voluptés ordinaires, les publicitaires sont allés encore plus loin et, désormais, tout un chacun peut toucher aux rivages fortunés d’un bonheur plus grand encore, celui de l’extra light. Et il faudrait être bien impudent pour croire que de petits prix, voire de tout petits prix pourraient être aussi tentants, aussi alléchants que des prix light, voire extra light, et que les yaourts light ne sont pas plus savoureux que ne le seraient de bien ordinaires yaourts allégés.