Valentin CONRART Élu en 1634 au fauteuil 2

N°1
Philologue
Poète
Valentin Conrart

Biographie

Né à Paris en 1603.

Calviniste. Conseiller-secrétaire de Louis XIII, maison et couronne de France. Fréquenta l’hôtel de Rambouillet et les salons de Mme de Sablé et de Mlle de Scudéry. Dans le roman de Cyrus il était appelé Théodamas. « Il a été, pour ainsi dire, le père de l’Académie française, c’est dans sa maison qu’elle est née ; elle ne fut d’abord composée que de ses plus chers amis ; sa probité, la douceur de ses mœurs, l’agrément de son esprit les avait rassemblés ; et quoiqu’il ne sût ni grec ni latin, tous ces hommes célèbres l’avaient choisi pour le confident de leurs études, pour le centre de leur commerce, pour l’arbitre de leur goût. Ils lui confièrent même la charge de secrétaire, la seule qui soit perpétuelle dans l’Académie ; en sorte qu’il était proprement l’âme de cette compagnie naissante, mais une âme qui en gouvernait les mouvements avec tant de dignité, qu’en peu de temps elle l’eut mis au rang des compagnies les plus illustres de l’État » (d’Olivet).

Premier secrétaire perpétuel de l’Académie, de 1634 à 1675, son rôle à l’Académie fut très important ; il tint les registres à partir du 13 mars 1634, prit part à la rédaction des statuts et rédigea les Lettres Patentes, fut délégué auprès du cardinal pour lui demander d’approuver les statuts, de Séguier pour lui offrir le protectorat, et des magistrats après l’arrêt de vérification.

Il patronna la candidature de Bossuet et participa aux frais du prix de poésie fondé par Pellisson.

De nombreux écrivains lui dédièrent leurs ouvrages : Perrot d’Ablancourt, Costar, L. Giry, Cassagne, etc. Il entretint une correspondance suivie avec Jean-Louis Guez de Balzac.

Raillé par Boileau, « Conrart, dit Segrais, avait un goût et une délicatesse merveilleuse pour la perfection de notre langue. » Il a laissé deux ou trois pièces de vers, une relation des troubles de la Fronde et une certaine quantité de manuscrits qui forment un grand nombre de volumes in-folio à la Bibliothèque de l’Arsenal. »

« Poète facile, agréable et sans prétention, chroniqueur exact et impartial, épistolier fécond, à la prose pure et correcte, aussi éloignée de l’emphase pédante de Balzac que de l’affectation puérile de Voiture, grammairien sûr et judicieux, ami fidèle, d’une probité et d’un désintéressement à toute épreuve, Valentin Conrart, par l’assistance éclairée, les sages conseils et le dévouement constant qu’il prodigua aux gens de lettres, ses contemporains, mérite à coup sûr une place honorable parmi les figures les plus intéressantes du XVIIe siècle » (Kerviler). Kerviler a fait paraître Conrart et ses amis. Les Mémoires de Conrart ont été publiées par Monmerqué en 1825.

Mort en 1675.


Signature de Valentin Conrart

Discours et travaux académiques