Pierre NORA Élu en 2001 au fauteuil 27

N°701
Grand officier de la Légion d’honneur
Officier de l’ordre national du Mérite
Commandeur des Arts et des Lettres
Historien
Pierre Nora en habit d'académicien-©Brigitte Eymann 2002

Biographie

Dernier-né, le 17 novembre 1931, d'une famille de quatre enfants dont le père, chirurgien, était chef de service à l'hôpital Rothschild, il a passé la guerre avec sa mère, ses deux frères et sa sœur à Grenoble, puis dans le Vercors à Villard-de-Lans, dans une pension dont il s'échappe quand la gestapo est venue le chercher. Après la guerre et le retour à Paris, études au lycée Carnot, puis khâgne au lycée Louis-le-Grand. Licence de lettres et de philosophie, agrégation d'histoire (1958).

Affecté à Oran, lycée Lamoricière, il en ramène deux ans plus tard un essai de psychologie collective, Les Français d'Algérie, qui paraît au début de son séjour à la fondation Thiers (1961-1963). Séjour suivi d'une des premières bourses de voyage lointain attribuées par la fondation Singer-Polignac, qui lui permet de visiter les États-Unis, Cuba, et la République populaire de Chine, que le général de Gaulle venait de reconnaître.

Depuis lors, il a poursuivi une activité parallèle d'universitaire et d'éditeur. Assistant, puis maître-assistant à l'Institut d'études politiques de Paris de 1965 à 1977. Élu à cette date directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, spécialisé dans l'étude de l'historiographie et du sentiment national, il s'est surtout consacré, dans le cadre d'une « histoire du présent », à l'élaboration d'une problématique générale de la mémoire historique contemporaine. Docteur honoris causa de l'université Laval à Québec (1999).

Après avoir créé en 1964, aux éditions René Julliard, la collection de poche « Archives » (une centaine de volumes), il est entré comme directeur littéraire en 1965 chez Gallimard pour y développer le secteur des livres d'histoire, de documents et d'essais. Il y a en particulier créé la « Bibliothèque des sciences humaines » (1966), la collection « Témoins » (1967), la « Bibliothèque des histoires » (1970). Il y a également fondé en 1980 la revue Le Débat, qu'il dirige depuis cette date.

Président de l’association « Liberté pour l’histoire » depuis 2007.

Prix Diderot-Universalis (1988), prix Louise Weiss-Bibliothèque nationale (1991). Il a reçu le prix Gobert (histoire) de l'Académie française en 1993 et, la même année, le Grand Prix national de l'Histoire. Grande médaille de vermeil de la Ville de Paris (2007). Prix Montaigne (2012).

Élu à l'Académie française, le 7 juin 2001, au fauteuil de Michel Droit (27e fauteuil).

Œuvres

1961 Les Français d’Algérie - (Édition revue et augmentée, Bourgois 2012) (Julliard)

1970 Vincent Auriol. Journal du septennat 1947-1954 (Armand Colin)

1973 Faire de l’histoire (Gallimard)

1987 Essais d’ego-histoire (Gallimard)

1993 Les Lieux de mémoire (Gallimard)

1993 Lieux de mémoire

2005 La Pensée réchauffée (Seuil)

2008 Liberté pour l’histoire - en collaboration avec François Chandernagor (CNRS Éditions)

2011 Historien public (Gallimard)

2011 Présent, nation, mémoire (Gallimard)

2013 Recherches de la France (Gallimard)

2013 Esquisse d'ego-histoire, suivi de L'historien, le pouvoir et le passé (Desclée de Brouwer)

Mot attribué lors de l’installation

Raviver :

v. tr. Ramener à sa vivacité première. Jeter de l'eau sur le feu d'une forge pour le raviver. Raviver un tableau, Rendre à ses couleurs l'éclat qu'elles ont perdu. On dit de même Raviver des couleurs, de la dorure. En termes de Chirurgie, Raviver une plaie, Remettre à nu la chair vive. On dit aussi Raviver les chairs d'une plaie.


Raviver s'emploie figurément et signifie Ranimer. Cette nouvelle a ravivé ses espérances. La vue de cet objet ravive en moi des souvenirs que je croyais effacés. Sa douleur s'est ravivée à cette vue.