Michel DÉON Élu en 1978 au fauteuil 8

N°656
Commandeur de la Légion d’honneur
Officier des Arts et des Lettres
Romancier
M. Michel Déon, le jour de la réception de M. Frédéric Vitoux, le 27-3-2003

Biographie

Né le 4 août 1919, à Paris. Famille de militaires et de fonctionnaires. Études à Janson de Sailly, aux lycées de Monaco et de Nice. En 1937, faculté de droit de Paris. Mobilisé jusqu’en novembre 1942. Reste en zone sud, secrétaire de rédaction à l’Action française, regagne Paris à l’automne 1944 et travaille dans divers journaux en même temps qu’il prépare son premier roman. Quitte Paris en 1946, correspondant de presse en Suisse et en Italie. En 1950, part pour les États-Unis grâce à une bourse de l’Institute of International Education, relayée par une bourse de la Fondation Rockefeller, qui lui permet de visiter le Canada français et d’étudier les mœurs et la langue des Acadiens de Louisiane. Au retour, fin 1951, se consacre de nouveau au journalisme et commence de publier régulièrement des romans. En 1956, entre comme conseiller littéraire aux éditions Plon qu’il quitte, en 1958, pour séjourner près d’un an au Portugal, puis dans le Tessin, enfin en Grèce, à Spetsai. À Paris, de nouveau, en 1961, collabore aux éditions de La Table ronde et tient la chronique dramatique des Nouvelles littéraires où il prend la succession de Gabriel Marcel. En 1963, repart pour la Grèce et s’installe pour cinq ans à Spetsai. En 1968, long séjour au Portugal, puis à partir de 1969, partage son année entre l’Irlande, la Grèce et Paris. Marié, deux enfants. A vu le prix de la ville de Nice couronner Je ne veux jamais l’oublier (1951), le prix des Sept Le Dieu pâle (1954), le prix Kauffmann Le Balcon de Spetsai (1961), le prix Interallié Les Poneys sauvages (1970), le grand prix du roman de l’Académie française Un taxi mauve (1973), le grand prix européen de littérature pour albums d’enfants Thomas et l’infini (1976) ; il reçoit le Glenfiddich Award, décerné à Dufftown (Écosse), pour les deux volumes du Jeune Homme vert (1977), le prix des Maisons de la presse pour Je vous écris d’Italie (1984), le prix Giono (1996) et le prix Audiberti (2008) pour l’ensemble de son œuvre. Docteur honoris causa des universités d’Irlande et de l’université d’Athènes. Membre associé de l’Académie des sciences portugaise, section des Lettres, citoyen d’honneur des villes d’Antibes, Aix-en-Provence, Nice.

Élu à l’Académie française, le 8 juin 1978, au fauteuil de Jean Rostand (8e fauteuil).

 

Œuvres

1950 Je ne veux jamais l’oublier (Gallimard)

1952 La Corrida

1954 Le Dieu pâle

1955 Tout l’amour du monde - récits

1956 Lettre à un jeune Rastignac - pamphlet (Fasquelle)

1956 Les Trompeuses Espérances (Gallimard)

1958 Les Gens de la nuit

1960 La Carotte et le Bâton

1960 Tout l’amour du monde - II, récits

1964 Louis XIV par lui-même (Gallimard)

1965 Le Rendez-vous de Patmos - récits (Gallimard)

1967 Mégalonose

1967 Un parfum de jasmin (Gallimard)

1970 Les Poneys sauvages - réédition 2013 (Gallimard)

1973 Un taxi mauve (Gallimard)

1975 Thomas et l’infini - récit pour enfants, illustré par Étienne Delessert (Gallimard)

1975 Le Jeune Homme vert (Gallimard)

1977 Les Vingt Ans du jeune homme vert (Gallimard)

1981 Un déjeuner de soleil (Gallimard)

1984 Je vous écris d’Italie (Gallimard)

1987 Ma vie n’est plus un roman (Gallimard)

1987 La Montée du soir (Gallimard)

1990 Un souvenir (Gallimard)

1992 Ariane ou l’oubli (Gallimard)

1992 Le Prix de l’amour (Gallimard)

1993 Pages grecques - récits (Le Balcon de Spetsai, Le Rendez-vous de Patmos, Spetsai revisité) (Gallimard)

1993 Parlons-en… - en collaboration avec Alice Déon (Gallimard)

1995 Je me suis beaucoup promené…

1995 Le Flâneur de Londres (Robert Laffont)

1995 Une longue amitié - lettres d’André Fraigneau et Michel Déon

1996 La Cour des grands (Gallimard)

1998 Madame Rose (Albin Michel)

1999 Pages françaises - récits (Mes arches de Noé, Bagages pour Vancouver, Post-scriptum) (Gallimard)

2001 Taisez-vous… j’entends venir un ange (Gallimard)

2002 Mentir est tout un art

2002 Une affiche bleue et blanche (Gallimard)

2004 La Chambre de ton père (Gallimard)

2005 Cavalier, passe ton chemin ! (Gallimard)

2006 Œuvres (Gallimard)

2009 Lettres de château (Gallimard)

2011 Nouvelles complètes (Gallimard)

2011 Tout l’amour du monde

2013 À la légère (Finitude)

Mot attribué lors de l’installation

Être :


v. intr.

I.
(je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont ; j'étais ; je fus ; je serai ; je serais ; j'ai été ; sois, soyons, soyez ; que je sois ; que je fusse ; étant ; été). IXe siècle. Du latin populaire *essere, lui-même du latin classique esse. Les formes du participe présent (étant), du participe passé (été) et de l'imparfait de l'indicatif (étais) sont empruntées de l'ancien français estere, « se tenir debout, se tenir », du latin stare, de même sens.

I. S'emploie dans tous les cas où il s'agit d'exprimer une existence.
1. RELIG. Je suis, terme par lequel Dieu se nomme lui-même dans la Bible. Dieu dit : « Que la lumière soit ! », et la lumière fut.
2. Au sens général. « Être ou ne pas être » (Shakespeare), « Je pense, donc je suis » (Descartes) ont acquis valeur de maximes. Par euphémisme. Il n'est plus, il a cessé de vivre. • Loc. Raison d'être, ce qui rend compte de l'existence d'une chose, ce qui constitue la raison de vivre d'une personne. La raison d'être d'une institution. Son œuvre est sa raison d'être. Façon d'être, manière d'être, façon d'agir, manière de se conduire, de se comporter. • Expr. Quand cela serait, même si cela était avéré. Cela étant, malgré cela, quoi qu'il en soit. Prov. On ne peut pas être et avoir été. • Spécialt. Soit, sert à marquer la concession, le consentement, l'acquiescement. Eh bien, soit ! (Voir aussi Soit, conjonction.) • Emplois impersonnels. Il est, il y a, il existe. Il est des hommes que la difficulté exalte. Expr. Il était une fois, formule par laquelle commencent fréquemment les contes. Ainsi soit-il, pour exprimer le vœu, affirmer l'adhésion à la fin d'une prière. Loc. verb. S'il en est, s'il en fut, pour donner valeur superlative. C'est un lettré, s'il en est. C'était un héros, s'il en fut.


II. Être s'emploie pour mettre en relation le sujet et l'attribut. Les hommes sont mortels. Penser est le propre de l'homme. Il est notre voisin. Il est tel que vous l'avez connu. Il se donne pour ce qu'il n'est pas. Exclam. Est-il bête ! Maudit soit-il ! • Expr. Un sou est un sou, les affaires sont les affaires, un ordre est un ordre, etc., expressions employées pour souligner l'importance de la chose dont on parle. Nous sommes ce que nous sommes, on ne peut changer sa façon d'être. Les choses étant ce qu'elles sont, dans la situation telle qu'elle se présente. Si j'étais vous, si j'étais à votre place.


III. Être, suivi d'un adverbe ou d'une préposition, peut, selon les cas, signifier se trouver, se tenir, appartenir, participer à, etc.


A. Avec un adverbe de lieu, de nombre, de manière. Être ici, là, ailleurs, dehors, loin. Être en haut, en bas, au-dessus, au-dessous. Combien étaient-ils ? Être debout. Être bien, mal. Expr. Être bien, être mal avec quelqu'un, être en bons termes, être brouillé avec lui. Fam. Il n'est pas mal, il ne manque pas de qualités. Loc. conj. Si tant est que, suivi du subjonctif, dans la mesure où.


B. Avec une préposition. Suivi de à. Être à table, à sa fenêtre. Être au travail. Être à genoux, être à pied. Être à la mode. Être à l'heure. Impers. Il est à craindre que nous n'ayons de l'orage. Prov. On ne peut être au four et au moulin. • Suivi de avec. Au sens matériel. Être avec ses amis, en leur compagnie. Au sens moral. Être avec les siens, en être solidaire. • Suivi de contre. Au sens matériel. Être contre le mur. Au sens moral. Pour marquer l'opposition. Être contre une personne, contre une chose, être hostile à cette personne, défavorable à cette chose. Il était contre ce projet de loi ou, ellipt. et fam., il était contre. • Suivi de dans. Au sens matériel. Être dans la rue, dans sa voiture. Au sens moral. Être dans la force de l'âge. Être dans l'erreur, dans son droit. Impers. Il est dans sa nature de se plaindre. • Suivi de de. Être de son siècle, de son temps. Être d'Alsace, d'Auvergne, du Midi. Être de garde, de service, de permanence. Être d'avis, du même avis, d'avis contraire. Il est de mon devoir de vous avertir. Expr. fam. Comme si de rien n'était, avec une indifférence apparente pour ce qui s'est passé, ce qui se fait ou se dit. • Suivi de en. Être en vie. Être en voyage. Être en fonction. Être en activité. Être en larmes. Être en danger. Être en cause. Impers. Il est en votre pouvoir de l'aider. • Suivi de entre. Au sens matériel. Être entre deux eaux. Au sens moral. Être entre de bonnes mains. Être entre la vie et la mort. • Suivi de pour. N'être pour rien dans une affaire, n'y avoir pris aucune part. Avec un infinitif. Une promenade ne serait pas pour me déplaire, me plairait. Pour marquer l'approbation. Être pour une personne, pour une chose, lui être favorable. Il était pour cette mesure ou, ellipt. et fam., il était pour. Avec un infinitif. Fam. Je suis pour simplifier, je propose de simplifier. • Suivi de sans. Être sans nouvelles de quelqu'un. Être sans argent. N'être pas sans grandeur, sans mérite, sans danger. Être sans illusions. Avec un infinitif. Ils furent longtemps sans parler. Vous n'êtes pas sans savoir, vous savez certainement. • Suivi de sous. Au sens matériel. Être sous un arbre, sous une tente. Au sens moral. Être sous le charme, sous l'influence de quelqu'un. Être sous l'empire d'une personne, d'un sentiment. Être sous l'emprise de la colère. Être sous la tutelle, sous la coupe, sous les ordres de quelqu'un. Spécialt. Être sous surveillance médicale, sous contrôle judiciaire. • Suivi de sur. Au sens matériel. Être sur un pont. Au sens moral. Être sur ses gardes. Être sur la bonne voie. Être sur le point de sortir.


C. Avec les pronoms adverbiaux en et y.
1. Avec le pronom adverbial en. Pour marquer l'état, le point d'aboutissement d'une action, d'un processus. Il expliqua où il en était de ses travaux. J'en suis au début, à la fin. Il n'en est qu'au premier chapitre du manuel. Nous en étions au dessert quand il est arrivé. Nous en étions là de notre entretien quand nous fûmes interrompus. Où en sont les choses ? quelle est la situation actuelle ? Il n'en est pas à son premier forfait, à une erreur près. Avec un infinitif. En être à, être arrivé au point de, se voir réduit à. Nous en sommes encore à nous demander ce qu'il a voulu dire. Il en est à mendier pour vivre. • Expr. En être là, se trouver dans une situation fâcheuse, sombrer dans la misère, la déchéance ; être poussé aux dernières extrémités. Si vous aviez suivi nos conseils, vous n'en seriez pas là. Voilà où nous en sommes à cause de lui ! • Fam. Ne plus savoir où on en est, être désemparé. Le malheureux ne sait plus où il en est. En être pour ses frais, pour sa peine, avoir perdu son argent, ses efforts. Pop. En être de sa poche, avoir eu à effectuer une dépense imprévue ou avoir enregistré une perte d'argent. • Pour marquer l'appartenance. « Est-il du club ? - Oui, il en est. » • Impers. Voilà ce qu'il en est, telle est la situation. Il en est ainsi. Il n'en est rien. Il en sera selon votre volonté, selon vos désirs.
2. Avec le pronom adverbial y. Se trouver en un lieu. Nous y serons avant l'aube. J'y suis, j'y reste. Expr. Y être pour quelqu'un, être disposé à recevoir ou à écouter quelqu'un. Je n'y suis pour personne. • Fig. Être, se tenir prêt. Y êtes-vous ? Nous allons nous mettre en route. Saisir, comprendre. J'y suis ! Vous n'y êtes pas du tout, vous êtes fort éloigné de la vérité. Ne plus y être, s'égarer, perdre le cours d'une explication ; déraisonner. • Expr. Y être pour quelque chose, être responsable d'une action, avoir eu part à une entreprise. Il n'y est absolument pour rien. • Fam. Ça y est, c'est terminé, réglé ; ce qu'on pouvait espérer ou craindre est arrivé. Tant que j'y suis, tant que nous y sommes, pendant que j'y suis, pendant que vous y êtes, etc., s'emploie pour renchérir, avec parfois une nuance d'ironie. Prenez donc ma place, pendant que vous y êtes ! Le cœur n'y est pas, n'y est plus, pour souligner le déplaisir ou le dépit avec lequel on agit.


IV. Emplois impersonnels de Être, suivi d'un nom, d'un adjectif, ou dans diverses locutions. « Quelle heure est-il ? - Il est midi. » Il est temps, grand temps de. Il est temps de partir. Il est bien temps, le moment favorable est déjà passé. Il est bien temps de vous plaindre. Il est question de. Il est vrai, il est certain que. Il est nécessaire, difficile, possible de. Il est d'usage, de bon ton, de tradition de. Il n'est pas besoin de. Je viendrai s'il en est besoin ou si besoin est. Exclam. Est-il possible ! s'emploie pour exprimer la surprise, l'incrédulité. • Loc. Il n'est que de, il suffit de. Il n'est que de la voir pour être séduit. Toujours est-il que, quoi qu'il en soit. Toujours est-il qu'il n'a pas tenu ses promesses.


V. Avec le pronom démonstratif ce.
1. Pour exprimer une relation, une appréciation, introduire une interrogation, une réponse, etc. Qui est-ce ? C'est moi, c'est lui, c'est vous, ce sont eux. Où est-ce ? C'est ici, c'est là. C'est, ce sera vingt francs. Ce fut une faute. Ce me fut une grande joie de vous accueillir ou que de vous accueillir. Le travail, c'est le travail ; la loi, c'est la loi, etc., expressions servant à souligner le caractère spécifique et irréductible de ce dont il est question. Dans toutes ces expressions ou emplois, le verbe Être doit s'accorder avec l'attribut. C'est un ennui. Ce sont des contrariétés. • Loc. interrogative directe. Est-ce que ? locution qui peut se substituer à l'inversion du sujet. Est-ce que vous viendrez ? Dans la langue relâchée, cette locution sert souvent à renforcer un pronom ou un adverbe interrogatif : Qu'est-ce que vous dites ? On évitera d'associer cette locution à l'adverbe, au pronom ou à l'adjectif interrogatif. On doit dire : Quand partez-vous ? et non : Quand est-ce que vous partez ? • Loc. adverbiale interrogative. N'est-ce pas ? locution employée dans le discours direct pour requérir l'adhésion ou l'attention de son interlocuteur. Vous viendrez, n'est-ce pas ? Je vous disais, n'est-ce pas, que le problème est complexe. Fam. N'est-ce pas, que... ? n'est-il pas vrai que... ? N'est-ce pas, qu'il a raison ?
2. Emplois particuliers. • C'est à, suivi d'un pronom personnel, pour indiquer à une personne que le moment est venu pour elle d'accomplir telle ou telle action. C'est à vous de parler. C'était à lui de faire le premier pas. C'est à vous de jouer ou, ellipt., c'est à vous ou à vous ! C'est à qui, pour indiquer qu'il y a concurrence ou compétition entre plusieurs personnes. C'était à qui passerait le premier. C'est à, suivi d'un infinitif, pour présenter l'action exprimée par l'infinitif comme la conséquence directe d'un fait, d'une constatation. Fam. C'est à pleurer. C'était à mourir de rire. C'est à ne pas croire ! C'est-à-dire, voir l'ordre alphabétique. • C'est... qui, c'est... que, c'est... dont, peut servir à mettre en relief un élément quelconque de la phrase. C'est moi qui vous le dis. C'est votre frère que je veux voir. C'est l'homme dont je vous ai parlé. Ce que c'est que de, suivi d'un infinitif, pour indiquer le résultat fâcheux d'une action. Ce que c'est que de mentir : on ne vous croit plus. Voilà ce que c'est que de désobéir. Ellipt. Voilà ce que c'est ! C'est que, pour indiquer la cause du fait précédemment exprimé. S'il a échoué, c'est qu'il a manqué d'énergie. Ce n'est pas que ou, fam., ce n'est pas pour cela que, il ne convient pas d'en déduire que. J'ai été sévère avec lui ; ce n'est pas que je lui en veuille ou ce n'est pas pour cela que je lui en veux. Si ce n'est, si ce n'était ou, ellipt. et litt., n'était, n'étaient, n'eût été, n'eussent été, pour indiquer une exception. Il n'a pas de famille, si ce n'est une cousine éloignée. N'eût été votre absence, la soirée aurait été parfaitement réussie. Serait-ce, fût-ce, ne serait-ce que, ne fût-ce que, pour introduire un renchérissement, une précision. Elle était prête à le suivre, fût-ce en plein désert.


VI. Être, parfois employé dans le sens d'aller.
1. Class. Au passé simple. À peine arrivé en ville, il fut directement à son hôtel. À peine sortis de table, les convives s'en furent.
2. Fam. Aux temps composés, avec un complément de lieu. Avez-vous été à Paris la semaine dernière ?
3. Fam. Aux temps composés. En parlant d'un vêtement, d'une parure, etc. Aucune robe ne lui a jamais été si bien. Fig. Ce rôle lui aurait fort bien été, lui aurait parfaitement convenu.
4. Fam. Se porter, se conduire. Il est mieux depuis son traitement.


VII. Être, employé comme auxiliaire, sert à former :


A. Tous les temps de la conjugaison passive. Elle est estimée de tous. Nous avons été surpris par l'orage.


B. Les temps composés à la voix active :
1. D'un petit nombre de verbes intransitifs (la plupart des verbes de mouvement, ainsi que Naître et Mourir). Il est venu à pied. Je suis passé prendre de ses nouvelles. Nous étions rentrés en hâte.
2. De tous les verbes pronominaux. Je me suis trompé. Ils se sont rencontrés dans l'escalier. La robe qu'elle s'est commandée. Cette propriété s'est vendue pour une bouchée de pain. Impers. Il s'est tenu hier une assemblée houleuse.


 

II.
n.m. XIIe siècle. Emploi substantivé du verbe être.
☆1. Le fait d'exister ; l'acte d'exister. L'être et le non-être. De qui avons-nous reçu l'être ? Le Créateur nous a donné l'être.
☆2. Qualité déterminante de ce qui est ; essence. L'être et le paraître. L'être de l'homme est fait de chair et d'esprit. Selon certains philosophes, la raison est l'être de l'homme. On appelle ontologie la science de l'être.
☆3. Ce qui est, au sens absolu. L'être en soi, l'être qui existe en dehors et indépendamment de toute connaissance. RELIG. Avec une majuscule et suivi d'un adjectif. Dieu est l'Être parfait, infini, absolu. L'Être éternel. L'Être suprême. Spécialt. Le culte de l'Être suprême, le culte purement philosophique et moral que certains philosophes et penseurs du XVIIIe siècle tentèrent d'instituer en remplacement du culte chrétien.
☆4. Ce qui est, au sens relatif. Tous les êtres dont la terre est peuplée. Les êtres vivants. Les êtres animés et inanimés. Spécialt. Un être chimérique, fabuleux, fantastique, créé par l'imagination. PHIL. Être de raison, être abstrait, créé par la raison ou, péj., imaginaire, par opposition à Être de nature. - MATH. Être mathématique, objet mathématique existant en dehors de toute représentation. Le nombre quatre est un être mathématique.
☆5. Litt. La personne ; l'individu. Ces deux êtres s'aiment. Un être cher. Cet homme est un être d'exception. Le pauvre petit être ! Quel être vil et méprisable ! Fam. et péj. Cet être-là est exaspérant. Spécialt. La personne dans sa sensibilité intime. Elle est émue jusqu'au fond de l'être, de son être. Désirer de tout son être. • Titre célèbre : L'Être et le Néant, de Jean-Paul Sartre (1943).