Jean-Luc MARION Élu en 2008 au fauteuil 4

N°717
Chevalier de la Légion d’honneur
Officier des Palmes académiques
Commandeur dans l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand
Professeur d’université
Philosophe
Jean-Luc Marion en habit d'académicien

Biographie

Né à Meudon, le 3 juillet 1946. Après des études primaires à l’école communale de Meudon et secondaires au lycée international de Sèvres, il entre en classes préparatoires au lycée Condorcet (sous la férule de Daniel Gallois et Jean Beaufret) et intègre l’École normale supérieure (rue d’Ulm) en 1967, où il étudie avec Jacques Derrida et Louis Althusser jusqu’en 1971. Licence de lettres à Paris-Nanterre (1967) et de philosophie à la Sorbonne (1968), initiation à la théologie par Mgr Maxime Charles (puis Louis Bouyer et Jean Daniélou) et direction de la revue Résurrection de 1967 à 1973. Après l’agrégation de philosophie en 1971, il est nommé assistant auprès de Ferdinand Alquié (puis de Geneviève Rodis-Lewis) à la Sorbonne. Il y soutient ses doctorats de 3e cycle (1974) et d’État (1980) sur Descartes et devient le premier secrétaire scientifique du Centre d’études cartésiennes en 1973.

Nommé professeur à l’université de Poitiers en 1981, puis à l’université Paris X-Nanterre en 1988, il revient à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV) en 1995 (jusqu’à son éméritat en 2012) occuper la chaire de métaphysique, précédemment illustrée par Claude Bruaire et Emmanuel Levinas. Il y devient directeur du Centre d’études cartésiennes et en assure le rayonnement international (en particulier aux États-Unis, en Italie et aux Pays-Bas). Il y organise et dirige l’École doctorale « Concepts et langages » de novembre 2001 à septembre 2004.

Durant cette période, il participe en 1975 à la fondation de l’édition francophone de la revue catholique internationale Communio (avec Jean Duchesne et Rémi Brague, en collaboration avec Hans Urs von Balthasar et Henri de Lubac), dont il reste rédacteur en chef pendant dix ans. Il reprend, en 1981, la direction de la collection « Épiméthée » (fondée aux PUF par Jean Hippolyte) qu’il dirige encore aujourd’hui et codirige la revue Les Études philosophiques (avec Vincent Carraud et Jean-François Courtine). Il participe, à partir de 1985, à la refondation des Archives Husserl de Paris à l’École normale supérieure (avec Didier Franck), où il donne un séminaire d’histoire de la philosophie consacré aux Meditationes de Descartes (1990-1994).

Parallèlement, il poursuit une carrière internationale comme titulaire de la chaire Cardinal-Mercier de l’Institut de philosophie de la Katholieke Universiteit Leuven (mars 1987), comme professeur invité à l’université « La Sapienza », Rome (1993, 2005, 2010), à l’université de Turin (fondation S. Paolo, novembre 2006), à Washington University, Saint Louis (septembre 1990), comme titulaire de l’Aquinas Lecture, University of Dallas (20 avril 1998), de l’Ingersoll Lecture, Havard Divinity School (octobre 1998), des Page-Barbor Lectures, University of Virginia (septembre-octobre 2008), des Marquette Lectures, Université Marquette (2013) et comme professeur invité à l’université Laval, Québec (1993-1996), à Villanova University (2000), à Boston College (2001 et 2003), à Princeton University (2006) et à Johns Hopkins University (2006, 2007, 2013). Il fut aussi titulaire de la chaire « Étienne Gilson » de l’Institut catholique de Paris (décembre 2004). Il a enfin donné les Gifford lectures à l’université de Glasgow en 2014 (sous le titre « Giveness and Revelation »).

Depuis 1994, il enseigne régulièrement à l’université de Chicago (Philosophy Department, Committee for Social Thought, Divinity School) et, depuis 2004, occupe la chaire qui fut longtemps celle de Paul Ricœur, puis, à partir de 2011, la « Andrew Thomas and Grace McNichols Greeley Chair ». Il occupe aussi la chaire de recherche « Dominique Dubasle » de l’Institut catholique de Paris depuis 2011.

Il est président de l’Istituto di Studi Filosofici Enrico Castelli de l’université « La Sapienza », Rome (depuis 2008) et membre de l’Institut international de philosophie et (depuis 2011) membre du Conseil pontifical pour la Culture.

Prix Charles Lambert de l’Académie des sciences morales et politiques pour L’Idole et la distance, 1978.

Prix Henri Desmarest de l’Académie française pour Dieu sans l’être, 1982.

Grand Prix de philosophie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre, 1992.

Docteur honoris causa de l’université d’Utrecht en 2006, de l’université nationale San-Martin (Buenos-Aires) en 2009, de Haveford College (États-Unis) en 2010, de l’université Peter Pasmany (Budapest) en 2011, des universités de Glasgow, de Iasi et Bucarest (Roumanie), de l’université « La Sapienza » (Rome) en 2013, de l’Australian Catholic University (Melbourne) en 2015.

Prix Karl Jaspers de l’université et de la ville de Heidelberg, 25 juin 2008.

Grand Prix de la Humboldt Stiftung, Cologne, 15 avril 2014.

Élu membre de l’Accademia dei Lincei (Rome) en 2009.

Élu à l’Académie française, le 6 novembre 2008, au fauteuil du cardinal Jean-Marie Lustiger (4e fauteuil).

 

Œuvres

1975 Sur l’ontologie grise de Descartes. Science cartésienne et savoir aristotélicien dans les Regulae (Vrin)

1976 Index des Regulae ad Directionem Ingenii de René Descartes - en collaboration avec J.-R. Armogathe

1977 L’Idole et la distance. Cinq études (Grasset)

1977 René Descartes. Règles utiles et claires pour la direction de l’esprit en la recherche de la vérité - traduction

1981 Sur la théologie blanche de Descartes (PUF)

1981 Questions cartésiennes

1982 Dieu sans l’être - cinquième édition revue et augmentée en 2010 (Fayard)

1986 Ce que cela donne. Jean-François Lacalmontie (La Différence)

1986 Prolégomènes à la charité (La Différence)

1986 Sur le prisme métaphysique de Descartes (PUF)

1989 Réduction et donation - Recherches sur Husserl, Heidegger et la phénoménologie (PUF)

1991 La Croisée du visible (La Différence)

1991 Questions cartésiennes. Méthode et métaphysique (PUF)

1996 Hergé. Tintin le terrible ou l’alphabet des richesses - en collaboration avec A. Bonfand (Hachette)

1996 Questions cartésiennes Il. L’ego et Dieu (PUF)

1997 Étant donné. Essai d’une phénoménologie de la donation (PUF)

2001 De surcroît. Études sur les phénomènes saturés - Deuxième édition 2010 (PUF)

2003 Le phénomène érotique (Grasset)

2005 Le Visible et le révélé (Le Cerf)

2007 Dialogo con l’amore - a cura di U. Perone (Rosenberg et Sellier)

2008 Au lieu de soi. L’approche de Saint Augustin (PUF)

2010 Le croire pour le voir (Parole et silence)

2010 Certitudes négatives (Grasset)

2011 The Reason of the Gift (University of Virginia Press)

2012 Figures de phénoménologie. Husserl, Heidegger, Levinas, Henry, Derrida (Vrin)

2012 La Rigueur des choses - Entretiens avec Dan Arbib (Flammarion)

2013 Sur la pensée passive de Descartes (PUF)

2013 Essential Writings (Fordham University Press)

2014 Courbet ou la peinture à l’œil (Flammarion)

2015 Réduction et donation : recherches sur Husserl, Heidegger et la phénoménologie (PUF)

Discours et travaux académiques

Discours de réception, et réponse de Mgr Claude Dagens, le 21 janvier 2010

Discours sur la vertu 2010, le 2 décembre 2010

Le virtuel et le possible, le 25 octobre 2011

Souvent on a répété, le 2 février 2012

Défendons nos valeurs !, le 4 octobre 2012

Avenir, le 7 mars 2013

Bloc-notes de juin 2014, le 10 juin 2014

Discours sur les prix littéraires 2014, le 4 décembre 2014

« Ce n’est pas possible ! », le 5 février 2015

Le ressentiment, le 4 décembre 2015

Mot attribué lors de l’installation

Retracer :

v. tr. Tracer de nouveau ou d'une manière nouvelle. Ce dessin n'est pas bien tracé, il faut le retracer. Il signifie, au figuré, Raconter les choses passées et connues, les décrire, en renouveler la mémoire. Retracer les glorieux exploits d'un héros. Retracer l'image des événements passés. Tout le retrace à mes yeux, Tout me le rappelle, sert à me le rappeler.


Se retracer signifie Se rappeler une chose. Je ne saurais me retracer bien fidèlement ce fait trop éloigné de moi. Je m'en retrace parfaitement bien l'image. Il signifie aussi Être retracé, être rappelé dans la mémoire. Ce fait se retrace à mon esprit comme s'il était encore présent à mes yeux.