Jean GUÉHENNO Élu en 1962 au fauteuil 9

N°623
Commandeur de la Légion d’honneur
Médaille de la Résistance
Croix de guerre 1914-1918
Essayiste
Jean Guéhenno

Biographie

Né à Fougères (Ille-et-Vilaine), le 25 mars 1890.

Jean Guéhenno a raconté dans Changer la vie son enfance pauvre. Fils d’un cordonnier breton, il fut contraint d’abandonner l’école à quatorze ans pour s’engager comme ouvrier dans une usine de galoches, ce qui ne l’empêcha pas de continuer à étudier seul, après ses journées de travail. Il obtint son baccalauréat, puis réussit le concours d’entrée à l’École normale supérieure, et enfin l’agrégation, qui lui ouvrirent les portes de l’enseignement supérieur.

Après avoir servi pendant la guerre comme officier d’infanterie, Jean Guéhenno devint professeur de Khâgne aux lycées Lakanal, Henri IV et Louis-le-Grand. Il devait achever sa carrière dans l’Éducation nationale comme inspecteur général.

Jean Guéhenno se consacra par ailleurs à la critique littéraire — à travers notamment une étude approfondie de l’œuvre rousseauiste — et à l’écriture de nombreux ouvrages, dans lesquels il proposait un humanisme original. Citons entre autres L’Évangile éternel (1927), Caliban parle (1928), Jean-Jacques en marge des Confessions (1948), Jean-Jacques, roman et vérité (1950), Jean-Jacques, grandeur et misère d’un esprit (1952), La Foi difficile(1957), Jean-Jacques, histoire d’une conscience (1962), Caliban et Prospero (1969).

C’est à cet humanisme que ressortit l’engagement politique de Jean Guéhenno entre les deux guerres, comme directeur d’abord de la revue Europe, de 1929 à 1936, puis comme fondateur de l’hebdomadaire Vendredi, engagement qui devait tout naturellement le conduire à rejoindre la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Il poursuivit clandestinement pendant les années noires son activité littéraire, sous le pseudonyme de Cévennes.

Au Figaro, après 1945, il resta fidèle à l’exigence morale et à la rigueur qui avaient marqué sa jeunesse, et que l’on trouve exprimées dans la part autobiographique de son œuvre : Journal d’un homme de quarante ans (1934), Journal des années noires, 1940-1941 (1947), Carnets du vieil écrivain (1971).

Jean Guéhenno fut élu à l’Académie française le 25 janvier 1962, par 15 voix au fauteuil d’Émile Henriot. Il fut reçu le 6 décembre 1962 par Jacques Chastenet (c’était la première cérémonie de réception à se tenir dans l’Académie rénovée), suscitant cet hommage de François Mauriac dans son Bloc-notes : « Quelque mal que vous pensiez de l’Académie, dans une vie exemplaire comme celle de Guéhenno, elle apporte une consécration irremplaçable. Le petit ouvrier breton qui, par la puissance de son esprit et par sa persévérance, est devenu ce maître éminent, ce haut fonctionnaire, et surtout cet écrivain, dessine sous nos yeux une image d’Épinal où la Coupole doit apparaître dans la dernière case. »

Mort le 22 septembre 1978.


Signature de Jean Guéhenno

Œuvres

1927 L’Evangile éternel, Étude sur Michelet (Grasset)

1928 Caliban parle (Grasset)

1928 L’Évangile éternel (étude sur Michelet)

1931 Conversion à l’humain (Grasset)

1931 Simon Mondzain (Nouvelle Revue française)

1934 Journal d’un homme de quarante ans (Grasset)

1936 Jeunesse de la France (Grasset)

1939 Journal d’une “Révolution” 1937-1938 (Grasset)

1939 Voltaire, Bernard Palissy, Renan (en collaboration) (Gallimard)

1939 Hommage à Dabit (en collaboration) (Nouvelle Revue française)

1944 Dans la prison (sous le pseudonyme de Cévennes)

1945 L’Université dans la Résistance et dans la France nouvelle (Office français d’édition)

1946 La France dans le monde (La Liberté)

1947 Journal des années noires (1940-1944) (Gallimard)

1948 Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.I. 1712-1750 (Grasset)

1949 La part de la France (Le Mont-Blanc)

1950 Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.II. 1750-1758 (Grasset)

1952 Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.III. 1758-1778 (Gallimard)

1952 Voyages : tournée américaine, tournée africaine (Gallimard)

1954 Aventures de l’esprit (Gallimard)

1954 La France et les Noirs (Gallimard)

1957 La foi difficile (Grasset)

1959 Sur le chemin des hommes (Grasset)

1961 Changer la vie, Mon enfance et ma jeunesse (Grasset)

1964 Ce que je crois (Grasset)

1968 La mort des autres (Grasset)

1969 Caliban et Prospero (Gallimard)

1971 Carnets du vieil écrivain (Grasset)

1977 Dernières lumières, derniers plaisirs (Grasset)

Mot attribué lors de l’installation

Chinois :

adj. et n. XVIIe siècle. Dérivé de Chine.


★I. Adj. De Chine, qui se rapporte à la Chine. Le peuple chinois. La langue, la civilisation chinoise. Les caractères chinois. L'art chinois. La cuisine chinoise. Une pagode chinoise. Un paravent chinois. Un chapeau chinois, rond et conique et, par anal., instrument de musique, voir Chapeau. Ombres chinoises, silhouettes découpées dont l'ombre est visible sur un écran. Un supplice chinois, cruel et raffiné. Casse-tête chinois, voir Casse-tête. Fig. et fam. Exagérément subtil. C'est un peu chinois, votre affaire !


★II. N.
☆1. Un Chinois, une Chinoise, personne qui est originaire de la Chine ou qui a la nationalité de ce pays. Le chinois, la langue parlée en Chine. Par anal. Fam. Ce qui est très difficile à comprendre. Pour moi, tout cela est du chinois.
☆2. N. m. confis. Petite orange verte confite. - cuis. Petite passoire très fine dont la forme conique rappelle celle des chapeaux chinois. Passez votre crème au chinois.