Jean-Baptiste-Antoine SUARD Élu en 1774 au fauteuil 26

N°248
Officier de la Légion d’honneur
Essayiste
Jean-Baptiste-Antoine Suard

Biographie

Né à Besançon, le 15 janvier 1732.

Dans sa jeunesse il fut arrêté, mis aux fers et transporté aux îles Sainte-Marguerite pour avoir été témoin dans un duel où fut tué un officier, neveu du ministre de la guerre, et n'avoir pas voulu dénoncer le meurtrier ; il ne recouvra sa liberté qu'au bout de dix-huit mois. Suard dirigea avec l'abbé Arnaud le Journal étranger, la Gazette de France et la Gazette littéraire d'Europe, traduisit des ouvrages anglais, fut l'ami de Marmontel, Buffon, Hume, Walpole, Robertson, fréquenta les salons de Mmes de Tencin, Geoffrin, Lespinasse et Necker, fut membre du Caveau. Comme censeur des théâtres, il opposa son veto aux représentations du Mariage de Figaro.

Élu une première fois à l'Académie en 1772, son élection fut annulée par le roi ; deux ans après, le 26 mai 1774, il remplaça l'abbé de La Ville et fut reçu par Jean-Baptiste-Louis Gresset le 4 août suivant. Dans son discours de réception, il fit l'éloge de la philosophie et reprit la critique du discours de Pompignan. L'un des chefs du parti glückiste, il fut battu, en cette qualité, par Marmontel, chef des piccinistes, aux fonctions de secrétaire perpétuel, lorsque mourut d'Alembert. Il répondit au discours de réception de Montesquiou-Fézensac, en 1784.

Lorsque la Révolution éclata et que l'existence de l'Académie fut menacée, Suard fut de ceux qui prirent sa défense ; il répondit courageusement aux attaques que Chamfort dirigea contre elle. Pendant la Terreur, il se cacha à Fontenay-aux-Roses ; persécuté au 13 vendémiaire, il fut proscrit au 18 fructidor.

Suard poursuivit la reconstitution de l'Académie dès que les circonstances le lui permirent : en 1800, il travailla, avec Morellet et Fontanes au projet inspiré par Lucien Bonaparte et assista aux deux réunions préparatoires ; plus tard, il fut chargé d'exposer à Louis XVIII le vœu que formaient les anciens académiciens et les membres de la deuxième classe de reprendre le nom d'Académie française. À l'organisation de 1803, Suard conserva son ancien fauteuil et fut nommé secrétaire perpétuel de la nouvelle Compagnie ; il prit une part regrettable à la réorganisation de 1816, en collaborant avec le comte de Vaublanc à l'établissement des listes d'académiciens et par conséquent de ceux qui en devaient être exclus.

Il écrivit dans le Journal de Paris, le Journal des Indépendants, le Publiciste, et il a laissé des discours académiques. Avant comme après la Révolution, il eut un salon littéraire que fréquenta Guizot. Il fit partie de la Commission du Dictionnaire.

Garat a publié des mémoires historiques sur Suard et le XVIIIe siècle.

Mort le 20 juillet 1817.


Signature de Jean-Baptiste-Antoine Suard

Œuvres

1754 Lettre écrite de l’autre monde par l’abbé A.D.P.

1758 Lettres critiques sur les ouvrages périodiques de France

1764 Gazette littéraire de l’Europe, 8 vol.

1768 Variétés littéraires ou recueil de pièces tant originales que traduites, 4 vol.

1778 Notice sur La Rochefoucauld

1781 Notice sur la vie et les ouvrages de La Bruyère

1803 Mélanges de littérature, 5 vol.

1806 Notice sur la vie et les écrits de Vauvenargues

1814 Notice sur le baron Malouet

1814 De la liberté de la presse