François CHENG Élu en 2002 au fauteuil 34

N°705
Officier de la Légion d’honneur
Commandeur des Arts et des Lettres
Chevalier des Palmes académiques
Poète
Romancier
François Cheng en habit d'académicien

Biographie

Né le 30 août 1929, en Chine, François Cheng est issu d'une famille de lettrés et d'universitaires — ses parents comptaient parmi les premiers étudiants boursiers envoyés aux États-Unis. Études secondaires à Chongqing de 1937 à 1945. La guerre terminée, la Chine sombre peu après dans la guerre civile qui jeta la jeunesse dans le désarroi ou la révolte. Après un temps d'errements, il entre à l'Université de Nankin.

Début 1948, son père participe, en tant que spécialiste des sciences de l'éducation, à la fondation de l'UNESCO, grâce à laquelle il peut venir en France. Il se consacra à l'étude de la langue et de la littérature françaises. Il dut cependant traverser une assez longue période d'adaptation marquée par le dénuement et la solitude avant d'obtenir en 1960 un emploi stable au Centre de linguistique chinoise (devenu plus tard le Centre de recherches linguistiques sur l'Asie orientale à l'École des hautes études en sciences sociales). Parallèlement à son travail, il s'est employé à traduire les grands poètes français en chinois et à rédiger sa thèse de doctorat.

En 1969, il a été chargé d'un cours à l'Université de Paris VII. À partir de là, il mènera de front l'enseignement et une création personnelle. Il sera naturalisé français en 1971. En 1974, il devient maître de conférences, puis professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales, tandis que ses travaux se composent de traductions des poètes français en chinois et des poètes chinois en français, d'essais sur la pensée et l'esthétique chinoises, de monographies consacrées à l'art chinois, de recueils de poésies, de romans et d'un album de ses propres calligraphies.

Il se verra attribuer le prix André Malraux pour Shitao, la saveur du monde, le prix Roger Caillois pour ses essais et son recueil de poèmes Double chant, le prix Femina pour son roman Le Dit de Tianyi et le Grand prix de la Francophonie pour l'ensemble de son œuvre. Docteur honoris causa de l’université de Bergame (Italie) et de l’Institut catholique de Paris (2007).

Il a été élu à l'Académie française, le 13 juin 2002, au fauteuil de Jacques de Bourbon Busset (34e fauteuil).

Œuvres

1970 Analyse formelle de l’œuvre poétique d’un auteur des Tang : Zhang Ruoxu (Mouton)

1973 Le Pousse-pousse, de Lao She (Robert Laffont)

1977 L’Écriture poétique chinoise

1979 Vide et plein : le langage pictural chinois

1980 L’Espace du rêve : mille ans de peinture chinoise (Phébus)

1983 Sept poètes français (Huanan Renmin Chubanshe)

1984 Henri Michaux, sa vie, son œuvre (Ouyu)

1986 Chu Ta : le génie du trait (Phébus)

1989 De l’arbre et du rocher (Fata Morgana)

1990 Entre source et nuage, voix de poètes dans la Chine d’hier et d’aujourd’hui (Albin Michel)

1993 Saisons à vie (Encre marine)

1997 Trente-six poèmes d’amour (Unes)

1998 Le Dit de Tyanyi - Prix Femina (Albin Michel)

1998 Shitao : la saveur du monde - Prix André Malraux (Phébus)

1998 Double chant (Encre marine)

1999 Cantos toscans (Unes)

2000 Double chant - Prix Roger Caillois (Encre marine)

2000 D’où jaillit le chant (Phébus)

2001 Et le souffle devient signe (L'iconoclaste)

2001 Qui dira notre nuit (Arfuyen)

2002 Le Dialogue (Desclée de Brouwer)

2002 L’éternité n’est pas de trop (Albin Michel)

2003 Le long d’un amour (Arfuyen)

2004 Toute beauté est singulière (Phébus)

2004 Le livre du Vide médian (Albin Michel)

2005 À l’orient de tout (Gallimard)

2006 Cinq méditations sur la beauté (Albin Michel)

2008 L’un vers l’autre. En voyage avec Victor Segalen (Albin Michel)

2008 Pèlerinage au Louvre (Musée du Louvre-Flammarion)

2009 Un cheminement vers la vie ouverte (Hermann)

2009 Vraie lumière née de vraie nuit - 8 lithographies de Kim Em Joong (Éditions du Cerf)

2011 Œil ouvert et cœur battant : comment envisager et dévisager la beauté (Desclée de Brouwer)

2012 Quand reviennent les âmes errantes (Albin Michel)

2013 Cinq méditations sur la mort (Albin Michel)

2014 Quand les âmes se font chant : cantos toscans (Bayard)

2014 Assise - Une rencontre inattendue (Albin Michel)

2015 Entretiens avec Françoise Siri : suivis de douze poèmes inédits (Albin Michel)

2015 La vraie gloire est ici (Gallimard)

2016 Ciel ouvert et cœur battant : comment envisager et dévisager la beauté (Desclée de Brouwer)

Discours et travaux académiques

Mot attribué lors de l’installation

Recueillir (se) :

v. tr. Rassembler les fruits d'une terre, en faire la récolte. On a recueilli beaucoup de blé, beaucoup de vin, beaucoup de fruits cette année. C'est un pays où l'on ne recueille ni blé ni vin. Il vieillit; on dit plutôt Récolter. Fig., Recueillir du fruit de quelque chose, En tirer de l'utilité, du profit. Il n'a recueilli aucun fruit de ses travaux. Le fruit qu'il a recueilli de ses lectures. Vous faites bien des sacrifices, mais un jour vous en recueillerez le fruit. Fig., Il a recueilli ce qu'il avait semé, Ses actes ont produit leurs justes conséquences, ont eu leurs effets naturels. On dit aussi : Il recueille les bénédictions, la reconnaissance, etc. 


Recueillir s'emploie figurément en parlant des Biens qu'on reçoit par vole d'hérédité. Recueillir une succession, un héritage. Recueillir les fruits d'une succession. Il signifie encore Rassembler, ramasser des choses dispersées.Recueillir les épaves d'un naufrage. Recueillir les débris d'une armée. Il a recueilli ses articles de revue en volume. Il s'emploie aussi figurément dans cette acception. C'est un homme qui s'amuse à recueillir tous les bruits, toutes sortes de nouvelles. Il a recueilli beaucoup de faits pour l'histoire dont il s'occupe. Je veux recueillir les sentiments de mes amis. Recueillir les voix, les suffrages, Prendre les voix, les suffrages, les avis de ceux qui se trouvent dans une assemblée où il s'agit de décider quelque chose. Il signifie aussi Avoir les suffrages dans un vote. Il a recueilli de nombreux suffrages. Recueillir ses esprits, ses idées, Rappeler ses esprits, ses idées, son attention, afin de s'appliquer à l'examen de quelque chose. Après qu'on lui eut donné le temps de recueillir ses esprits. Laissez-moi recueillir mes idées. Recueillir ses forces, Les rassembler pour les porter toutes sur quelque point, pour faire ou pour supporter quelque action qui exige toute la vigueur dont on est capable. 


Recueillir signifie aussi Compiler, réunir en un corps plusieurs choses de même nature éparses dans un auteur, dans plusieurs auteurs. Il a recueilli les plus beaux passages de cet écrivain. Recueillir des sentences, des bons mots, des exemples, etc. Il signifie encore Recevoir ce qui tombe, ce qui découle. Recueillir de la gomme, de la résine, de l'encens, de la manne. Recueillir le suc d'une plante. Recueillir l'eau de pluie dans une citerne. Il s'emploie aussi figurément dans une acception analogue. C'est moi qui ai recueilli son dernier soupir. Il signifie encore Recevoir humainement et charitablement chez soi ceux qui sont dans le besoin. Il a recueilli les naufragés. Il recueillait les pèlerins, les religieux. Il l'a recueilli dans son malheur. 


Se recueillir signifie Rassembler toute son attention pour ne s'occuper que d'une seule chose. J'ai besoin de me recueillir. Se recueillir en soi-même. Se recueillir au-dedans de soi. Après s'être recueilli quelques instants, il s'exprima en ces termes. Il signifie spécialement, en termes de Dévotion, Détacher son esprit des objets de la terre et le ramener en soi, pour se livrer à la méditation religieuse, à de pieuses contemplations. Chaque jour elle va dans son oratoire et y passe quelque temps à se recueillir.