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Au soir de sa vie, soucieux de perpétuer la gloire de son nom, le cardinal-ministre répartit, par testament, son immense fortune. Au Roi conquérant - Louis XIV est alors âgé de vingt-quatre ans - il lègue un important capital pour lédification dun collège. Voué à léducation de soixante jeunes gens de la noblesse nés dans les quatre provinces - Artois, Alsace, Pignerol et Catalans du Roussillon et de Cerdagne - nouvellement conquises et rattachées à la France par les traités de Westphalie (1648) et des Pyrénées (1659), cet établissement devait porter le nom de Collège des Quatre-Nations. Par sûreté, le cardinal Mazarin institue une commission chargée dexécuter toutes ces clauses, Colbert y figure. Il choisit Louis Le Vau (1612-1670) pour architecte et décide du terrain où ériger le nouveau collège, « proche de la porte de Nesle, vis-à-vis du Louvre, auquel lieu on pourrait faire une place publique qui servirait dornement à laspect du Louvre ». La vieille tour de Nesle, qui sélevait à langle des remparts de Philippe-Auguste, est alors démolie. Les remparts sont rasés et leurs fossés comblés. De ce terrain fangeux et irrégulier, Le Vau tire un parti magistral.
Architecte du fastueux château de Vaux-le-Vicomte, devenu premier architecte du Roi, Le Vau décide de donner au bâtiment la forme dun arc de cercle, terminé aux deux extrémités par un gros pavillon carré et au milieu duquel sélève la chapelle destinée à abriter le tombeau de Mazarin. Surmontée dun dôme, la chapelle du collège en forme le motif central. En arrière, un long corps de bâtiment, dit « aile Le Vau », borde la rue Mazarine. La mort de Le Vau retarda les derniers travaux daménagement. Son talentueux collaborateur, François dOrbay, les achève (1677) et exécute une partie de la décoration. Si la Révolution confisque le collège pendant une courte période, transformant les bâtiments en prison et léglise en grenier à céréales, lEmpereur, en 1805, destine lancien collège à lInstitut de France. Larchitecte
Antoine Vaudoyer est alors chargé dadapter le palais à
sa nouvelle destination. Il transforme la chapelle en salle des séances.
Pour donner plus de place aux académiciens et aux auditeurs, il
crée des tribunes. À partir des années 1980, il était nécessaire, malgré lespace limité des lieux, daménager et de moderniser lensemble du bâtiment afin de créer de nouvelles salles de travail et de réunion, ainsi que plusieurs salons de réception. |