Dire, ne pas dire

Bonheurs & surprises

Bohême et bohème

Le 29 août 2013

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Qu’un accent change, qu’un nom prenne ou non la majuscule, et tout change. Nous le voyons avec les mots Bohême et bohème. Bohême est tiré du latin Boihemum, « le pays des Boïens », ces derniers étant une tribu celte évoquée par César dans La Guerre des Gaules. Le deuxième élément de ce nom, -hemum, est peut-être à rattacher à une racine scandinave ham, que l’on retrouve dans hameau, dans l’allemand Heimat, « foyer, patrie ». Cette région, la Bohême, qui a Prague pour capitale, a vu naître de très grands artistes, comme Smetana, Dvorak et Janacek, ou encore Jaroslav Hasek, le père du Brave Soldat Chveik. Ce pays est aussi terre d’origine des bohémiens et, de la comparaison avec la vie errante et insouciante qu’on leur prête, est né le mot bohème, pour désigner une personne qui mène une vie vagabonde sans se soucier du lendemain et le mode de vie de cette personne. Si ce mot existe depuis le milieu du xviie siècle, c’est surtout au xixe qu’il va être popularisé. La bohème va devenir, dans l’imaginaire courant, le mode de vie des artistes, avec des figures emblématiques comme Verlaine et Rimbaud, dont un des poèmes les plus fameux est d’ailleurs intitulé Ma Bohème, et qui écrit dans Sensation :

« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – Heureux comme avec une femme. »

Cette bohème est aussi celle des étudiants, perçus alors comme les lointains descendants des « goliards », ces étudiants frondeurs du Moyen Âge. C’est encore Rimbaud qui l’écrit, dans À la musique :

« Moi, je suis débraillé comme un étudiant. »

La bohème et les bohèmes vont ensuite devenir des objets de littérature. Nerval, dans La Bohème galante, évoque le temps où ses amis, parmi lesquels Houssaye, Gautier, Corot, et lui-même se réunissaient pour parler art et littérature. Mais c’est évidemment l’opéra de Puccini, La Bohème, d’après le roman d’Henri Murger, Scènes de la vie de bohème, qui va faire la fortune de ce terme en mettant en scène un peintre, un poète, un philosophe et un musicien, incarnations de cette manière d’être. C’est cette bohème, mélange de pauvreté insouciante et de jeunesse pleine d’espoir, qui sera chantée un siècle plus tard par Charles Aznavour.

Et aujourd’hui ? Montmartre semble triste / Et les lilas sont morts, répond le chanteur.

Le bohème s’est allié au bourgeois et l’on ne sait plus s’ils forment encore un oxymore. Cette alliance qu’on aurait pu croire contre nature a donné naissance à l’abréviation « bobos », surnom que l’historien Pierre Hassner, parlant des gauches françaises de la deuxième partie du xxe siècle, avait déjà utilisé mais avec un autre sens, les bobos étant pour lui les bolcheviks-bonapartistes, qu’il opposait aux lilis, les libéraux-libertaires.

Maroufle

Le 29 août 2013

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Maroufle est un nom masculin et un nom féminin. Le nom masculin appartient au vocabulaire de l’insulte. On s’est demandé si ce nom n’était pas lié au régionalisme grand marroufle, d’abord utilisé pour désigner un gros chat, puis, par allusion à la réputation de voleur et de paresseux de cet animal, un individu oisif et vivant d’expédients. Mais on s’accorde aujourd’hui à en faire un dérivé de maraud, autre mot dont l’origine est discutée, mais qui a à voir, lui aussi, avec les chats : on rattache le plus souvent ce nom à une racine onomatopéique mar-, qui imiterait le ronronnement ou le miaulement des chats – le maraud, comme le maroufle, étant d’abord décrié pour sa paresse. Maroufle est moins fréquent que maraud, mais on le rencontre chez Voltaire, dans Les Cabales :

« (…) un maroufle à besace,

Dans sa crasse orgueilleuse, à charge au genre humain,

S’il eût bêché la terre, eût servi son prochain. »

Ou chez Hugo, dans Les Misérables, quand monsieur Gillenormand s’adresse à son petit-fils :

« Ici ! Monsieur ! Maroufle, polisson, approchez ! Répondez, drôle ! Que je vous voie, vaurien ! »

Ce nom est à l’origine du nom féminin maroufle, qui désigne une colle à très fort pouvoir d’adhérence, sans doute par référence à l’indéfectible inertie et à l’immobilisme farouche du maroufle. De ce nom féminin, a été tiré le verbe maroufler, « coller avec de la maroufle », une toile peinte sur une autre toile, sur un panneau de bois ou sur une muraille ». On parle ainsi de toile marouflée.

Ardre ou ardoir, arsis et arsin

Le 08 juillet 2013

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Les mots français Ardeur et Ardent sont empruntés du latin ardor et ardens, qui l’un et l’autre dérivent du verbe ardere, « brûler ». De ce verbe est issu l’ancien verbe français Ardoir ou Ardre. Mais sa conjugaison était si compliquée (il avait, en plus de ses deux infinitifs, deux subjonctifs présent, deux indicatifs imparfait, etc.) qu’il a été remplacé par Brûler. Ardoir et ardre avaient de nombreux dérivés en ancien français, parmi lesquelles on trouve ardeeur, arseur, « incendiaire », arsion, « embrasement », d’où est tiré l’anglais arson, « incendie volontaire ».

Ces dérivés ont presque tous disparu aujourd’hui. Il n’en reste que dans les domaines particulièrement conservateurs que sont la gastronomie, la toponymie et l’ancien droit.

De nombreux hameaux s’appellent Les Arsis ; il s’agit, à l’origine, de portions de forêt qui ont été brûlées pour devenir des terres cultivables. Le vin arsis désigne, lui, un vin qui a un fort goût de brûlé. Quant à l’arsin ou, mieux, le privilège des arsins, c’était le droit de mettre le feu à la maison d’une personne qui habitait hors de la ville, appelée alors forain ou horsain, et qui avait offensé un bourgeois, c’est-à-dire un habitant de la ville (si l’offenseur habitait la ville, il ne s’exposait pas à cette sanction, car on aurait craint d’embraser toute la cité…). Quand les différentes procédures de conciliation n’avaient pas abouti, une procession se rendait à la demeure de l’offenseur, en tête de laquelle se trouvaient les magistrats, précédés des bannières et drapeaux et suivis des bourgeois de la ville. Une fois sur place, après une dernière sommation, le prévôt mettait le feu à la maison et donnait un coup de hache aux arbres de la propriété. Ensuite les bourgeois étaient invités à tout détruire, à tout arracher. Quand l’incendie était terminé, quand la propriété était ravagée, on regagnait la ville, toujours en procession et dans le même ordre qu’à l’aller.

Bleu mourant et autres couleurs

Le 08 juillet 2013

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Le myosotis est parfois appelé le désespoir du peintre, en raison de la difficulté de reproduire la multitude des petites fleurs qu’il offre au regard ou au pinceau. Les noms de couleurs peuvent être le désespoir du traducteur. D’une langue à l’autre il est souvent difficile de trouver le mot ou l’expression qui rendra telle ou telle nuance.

Ainsi, les langues de l’Antiquité semblaient, beaucoup plus que les langues actuelles, porter une très grande attention à l’éclat des couleurs plus qu’aux couleurs elles-mêmes. Tant et si bien que l’on s’est demandé si des noms de couleurs, quoique très éloignées les unes des autres, telles que le bleu, le blanc, l’anglais black (noir), le latin flavus (blond), ne dérivaient pas d’une même racine indo-européenne *bhel-, signifiant « briller », que l’on retrouve, entre autres, dans l’allemand blinken, « briller », le latin flagrare, « être en feu », ou le grec phlox, « flamme ».

Et comment rendre, par exemple, dans d’autres langues, les différentes nuances qu’énonce Colbert en 1669 dans l’Instruction pour les teintures, où les bleus sont ainsi classés : Bleu blanc, bleu naissant, bleu pâle, bleu mourant, bleu mignon, bleu céleste, bleu de reine, bleu turquin, bleu de roy, bleu fleur de guesde, bleu aldego, bleu d’enfer ?

Plus qu’un manuel à l’usage des teinturiers, nous avons un ordre poétique du monde, où ce qui naît n’est pas plus éloigné de ce qui meurt que le roy ne l’est de la reine. On trouve avec plaisir l’ancienne orthographe guesde, désignant une plante dont on extrait l’indigo et qui s’écrit aujourd’hui guède, pour évoquer un bleu proche de l’indigo. Les hasards de la langue et le changement d’une minuscule en majuscule font que, quelques siècles plus tard, quand Georges Duhamel, dans Vu de la terre promise, parlera de nuance Guesde, il ne s’agira plus de bleu, mais de rouge puisque ce qui est teinté de nuance Guesde, en référence ici à Jules Guesde, est un « socialisme d’extrême-gauche imprégné de syndicalisme ».

Nous avons commencé en plaignant les traducteurs ; plaignons une fois encore ceux qui sont confrontés à une trilogie anglaise annonçant cinquante nuances de gris.

Noms populaires des renonculacées : grenouillette, bassinet, pied d’alouette, barbe-de-chèvre, etc.

Le 06 juin 2013

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La botanique est un domaine où se côtoient deux langues, l’une, qui appartient aux taxinomistes, créée essentiellement à partir des travaux du botaniste suédois Carl Von  Linné, au xviiie siècle, propose des noms de plantes formés le plus souvent à partir de racines grecques ou latines ; l’autre, beaucoup plus ancienne et populaire, use de termes courants pour désigner ces mêmes plantes, le plus souvent en recourant à de savoureuses analogies. On en a un exemple avec la famille des Renonculacées. Ce nom est dérivé du latin ranuncula, « petite grenouille », parce que beaucoup de ces plantes vivent dans des lieux humides. Au nombre des Renonculacées figure le bassinet, encore appelé, en raison de sa couleur bassin d’or ou pour sa forme quand il n’est pas entièrement ouvert, bouton d’or. C’est aussi par analogie de forme que la clématite (du grec klema, « sarment ») est appelée barbe-de-chèvre ou berceau-de-la-vierge, et que la dauphinelle (du grec delphis, « dauphin ») est appelée pied d’alouette. La ficaire (du latin ficus, « figue », puis « verrue ») est une de celles qui a reçu le plus de noms populaires : pour ses fleurs d’un beau jaune d’or, on l’a appelée éclairette ; parce qu’elle pousse dans les lieux humides on l’appelle parfois grenouillette. Les racines de cette plante, dont la forme rappelle celle des tumeurs hémorroïdales, leur avaient fait attribuer autrefois la propriété de guérir cette affection ; on croyait même qu’il suffisait d’en porter dans sa poche pour s’en préserver. De là ses noms d’herbe aux hémorroïdes et herbe du siège.  Enfin, c’est parce que ses feuilles, cuites à l’eau, sont savoureuses qu’elle est aussi appelée pissenlit doux.

Remembrance

Le 06 juin 2013

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Le nom remembrance est aujourd’hui considéré comme littéraire ou vieilli. L’anglais nous a emprunté cette forme ; on la trouve d’ailleurs dans la première traduction d’À La recherche du temps perdu, Remembrance of things past, retraduit ensuite de façon plus littérale par In Search of lost time. Le français Remembrance est dérivé de l’ancien français remembrer, « se souvenir », qui a donné l’anglais to remember. Ce verbe ancien, issu du latin remomari, est un doublet populaire de remémorer qui l’a supplanté.

Remembrance est un nom très ancien, qui est  déjà présent dans la Chanson de Roland :

« Repairet lui vigur e remembrance » (La force et la mémoire lui reviennent).

On lit aussi dans une lettre du roi Édouard Ier d’Angleterre, en 1279, qui, comme tous les souverains anglais jusqu’à la fin du xive siècle, écrivait en français :

« Solum la furme de la pes ke jadis fu fete et acordé entre soen père et le nostre de noble remembrance » (Selon la forme de la paix qui fut établie jadis entre son père et le nôtre de noble mémoire).

Et souvenons-nous que Rimbaud a écrit Les Remembrances du vieillard idiot.

Par métonymie, remembrance a aussi désigné ce qui est destiné à conserver le souvenir : statue, image, portrait. On lit par exemple dans un texte du xve siècle : « Pour avoir fait et taillé en pierre de Saint Leu la remembrance du Roy… »

On notera que le suffixe -ance semble contribuer à repousser dans un temps plus lointain les souvenirs puisque, à côté de remembrance, le français dispose du synonyme lui aussi un peu archaïsant qu’est souvenance.

Ingambe

Le 02 mai 2013

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Cet adjectif, qui signifie « alerte dans ses mouvements, dont la démarche est souple et aisée », et non, comme on le croit parfois, en faisant de in- un préfixe négatif, « impotent, qui ne peut marcher ». Il est aujourd’hui rare et précieux.

Ingambe est emprunté de l’italien (essere) in gamba, « (être) frais, dispos », et, proprement, « être en jambes ». À la Renaissance, on écrivait d’ailleurs « en gambes ». On trouve dans les Mémoires de Du Bellay :

Français et Gascons estans mieux en gambes que les lansquenets

Cette expression se retrouve dans le français contemporain avec le même sens, sous la forme « être en jambes ». Elle s’est d’abord employée dans le vocabulaire sportif, puis s’est étendue à la langue courante. Notons que l’emploi d’adverbes peut en changer le sens : être très en jambes signifie en effet « être très en forme », alors qu’être tout en jambes signifie « avoir de très longues jambes ».

Le nom Gambe n’existe plus aujourd’hui que dans les locutions viole de gambe et jeu de gambe, qui désignent, l’une, un instrument à cordes, ancêtre du violoncelle et que l’on tient entre ses jambes, et l’autre, un jeu d’orgue imitant les instruments à cordes.

Son dérivé Gambette, popularisé par Mistinguett, est entré, dans la langue familière, pour désigner des jambes petites ou minces et, dans la langue savante, pour désigner un échassier encore appelé « chevalier à pieds rouges ».

Les doublets étymologiques

Le 02 mai 2013

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Notre langue est doublement redevable au latin.

De nombreux mots français sont le résultat d’une lente évolution du latin classique au français actuel, en passant par le latin tardif et l’ancien français et, comme les pièces de monnaie qui ont trop servi, ils sont parfois peu reconnaissables parce qu’ils ont été altérés et déformés par l’usage. Ces mots ont le plus souvent perdu une ou plusieurs syllabes et leur sens s’est modifié. Ainsi les mots glaïeul, liège et malotru, pour ne citer qu’eux, sont issus du latin gladiolum, « petite épée », levis, « léger », et male astrucus, « né sous une mauvaise étoile ».

Notre langue a également emprunté consciemment un grand nombre de mots au latin classique, généralement à partir des XIIIe et XIVe siècles. Ce sont le plus souvent des mots appartenant à un registre de langue plus élevé ; ils sont très proches du modèle latin et seule la terminaison est francisée. Parmi des milliers d’autres, on peut citer bénédiction, calamité, déambuler, empruntés de benedictio, calamitas, deambulare, ou encore nombre de mots appartenant à des domaines scientifiques comme fémur, fructifère, gallinacé ou manducation.

Il est aussi souvent arrivé qu’un même mot latin ait donné deux ou plusieurs mots français, les uns au terme d’une longue évolution phonétique et sémantique qui en a modifié la forme et le sens, les autres par un emprunt plus tardif. On parle alors de doublets étymologiques. En voici quelques-uns : Poison/potion (de potio) ; poitrail/pectoral (de pectorale) ; fléau/flagelle (de flagellum) ; foison/fusion (de fusio) ; chétif/captif (de captivus) ; moule/module (de modulus) ; millième/millésime (de millesimus) ; hurler/ululer (de ululare) ; loyal/légal (de legalis) ; métier/ministère (de ministerium) ; nager/naviguer (de navigare) ; écouter/ausculter (de auscultare) ; épaule/spatule (de spatula) ; essaim/examen (de examen) ; étroit/strict (de strictus) ; fade/fétide (de fetidus) ; octroyer/autoriser (de autorisare) ; outil/ustensile (de ustensilia) ou encore évier et aquarium (de aquarium).

Faire la renchérie

Le 04 avril 2013

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Le participe passé substantivé renchéri désigne une personne dédaigneuse, qui fait la difficile. On le rencontre surtout dans l’expression faire le ou la renchéri(e) qui apparaît au xive siècle et signifie « se faire prier ». On trouve un grand nombre de tours de ce type condamnant l’attitude affectée de telle ou telle personne, dans lesquels le verbe faire souligne le caractère hypocrite de celui qui endosse un rôle. On utilisait d’ailleurs autrefois plutôt le verbe contrefaire, qui dénonçait plus fortement la tromperie. Dans Le Malade imaginaire, Argan, à qui Toinette propose de faire semblant d’être mort pour amener son entourage à se montrer sous son vrai visage, l’interroge en ces termes : « N’y a-t-il point quelque danger à contrefaire le mort ? »

Et, dans Les Amours de Cassandre, Ronsard écrit à celle qui refuse de céder à ses avances :

« Pourquoi donque, quand je veux

Ou mordre tes beaux cheveux,

Ou baiser ta bouche aimée,

Ou toucher ton beau sein,

Contrefais-tu la nonnain

Dans un cloître enfermée ? »

Mais le verbe faire a pour lui l’avantage de pouvoir être suivi d’un autre déterminant que l’article défini. En effet, quand cette attitude affectée devient habituelle, quand le masque est régulièrement porté, le ou la est remplacé par l’adjectif possessif son ou sa. On trouve ainsi, entre autres : faire son intéressant, faire sa sucrée, faire sa panthère, « flâner, ne pas travailler », faire sa Joconde ou faire sa poire, « adopter un air indifférent et hautain », faire son jars ou faire son Vésuve, « prendre un air important ».

Naquier et autres mots rattachés à nez

Le 04 avril 2013

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Le mot nez a de nombreux synonymes familiers comme blair, caillou, fanal, patate, pif, renifloir, tarin, etc. Et l’on sait, depuis la « Tirade du nez », du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, que ce nom peut être désigné par de nombreuses métaphores.

Le nom latin nasus ou nares, « narines, nez », est aussi à l’origine d’un certain nombre de mots français. Ainsi Renâcler est dérivé de l’ancien français naquier, « flairer », que l’on rattache parfois au latin vulgaire *nasicare, de même sens.

L’adjectif punais, « qui sent mauvais » et, plus particulièrement, « qui exhale par le nez une odeur fétide », est issu du latin putinasius, qui est composé de putere, « être pourri, puer », et de nasus. C’est de la substantivation au féminin de cet adjectif qu’est tiré le nom punaise, insecte qui dégage une odeur infecte quand il est écrasé.

Enfin nasitort, dans lequel on retrouve les racines latines de torquere, « tordre », et de nasus, désigne une plante comestible à la saveur si âcre qu’elle fait froncer le nez à qui la mange.

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